Pensez chien !

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Comprendre son chien, c’est connaître son langage et comment il perçoit le nôtre. Les règles éducatives sont simples. Le chiot n’est pas un enfant, il ne comprend pas le langage verbal, seulement le ton, les gestes, les postures, les mimiques. La position de votre corps, de vos mains, de vos yeux, votre voix, vos gestes, c’est cela qu’il voit, y compris ce que vous croyez cacher. On ne ment pas à son chien. Lui réagit avec la queue, les oreilles, le poil, le rictus, les positions du corps, les gestes. C’est cela que vous devez connaître, surtout devant un chien inconnu. Si vous avez peur : il le sait, alors n’insistez pas. Si vous n’avez vraiment pas peur : allez-y, il cédera. Si vous le regardez en face, si vous vous penchez, si vous faites un geste brusque, une amorce de caresse, si vous criez, si vous trébuchez : c’est une menace qui peut entraîner une fuite ou une attaque.

La formation du chiot
Deux facteurs sont essentiels : la socialisation et l’expérience précoce. La socialisation est l’apprentissage du langage et du code de relation avec les autres chiens et avec l’homme. Elle se fait entre 4 et 16 semaines, et le troisième mois est essentiel. Les semaines 8-9, et peut-être la dixième sont celles où la crainte peut définitivement s’établir. Il faut et il suffit qu’au cours de cette période, le chiot ait des contacts réguliers avec d’autres chiens, dont il prendra les traits comportementaux, et avec l’homme. Il doit apprendre à connaître homme, femme, enfants, grâce à des contacts (caresses), des jeux, et pas seulement le repas.
L’expérience précoce couvre la même période, mais avec une importance spéciale pour les mois 2 et 3. Chaque chiot doit bénéficier, dès la quatrième semaine, d’environ 100 m2 de terrain librement accessible.
Au delà, il peut rester trop réservé. En-dessous, et notamment s’il est élevé en cage, petit local ou chenil, il ne pourra plus jamais faire son apprentissage d’une vie normale. Il sera doux, affectueux, ou non, selon sa socialisation, mais il sera sujet à des paniques soudaines, à des crises de refus déconcertantes, et il aura des difficultés d’apprentissage. Nous aurons un adulte intelligent et pourtant peu capable de comprendre les ordres. Dans les cas limites, on a une maladie mentale franche : le «syndrôme d’isolement de chenil», qui rend le sujet impropre à la compagnie et constitue un motif d’annulation de la vente.
Il ne faut toutefois pas confondre le caractère fier et réservé, voire farouche de certaines races, avec des troubles d’inadaptation mentale reliés à de mauvaises conditions d’élevage.

Les crises
Vous avez vos problèmes, il a les siens : pensez-y. Trop jeune, il ne sait pas ce qu’il a le droit de faire et ce qui est interdit. Apprenez-lui avant de protester : il ne souhaite qu’obéir (c’est une de ses grandes joies, car pour lui, c’est vraiment aimer).
Au printemps, à l’automne, il peut être énervé par la saison sexuelle et vous prendre pour un rival ou un partenaire si votre comportement par rapport à lui a manqué d’autorité. C’est un signe de votre incapacité, pas de la sienne. Tout changement l’inquiète. Tant pis pour vous si vous ne l’avez pas assez rassuré chaque jour lorsque vous receviez quelqu’un chez vous. Si vous êtes inquiet, tracassé, même sans le dire, il le sait et va vous protéger des autres, parfois méchamment. Faites-y attention.
S’il fugue, s’il s’en va, c’est qu’il n’est pas en sécurité chez vous. Si votre chien aboie tout le temps, fugue ou démolit tout, c’est qu’il est malheureux. Apprenez à penser chien ou prenez une autre espèce pour vous tenir compagnie.