Montréal et le tourisme gai dans l’après-Outgames

Consolider la position de Montréal

André-Constantin Passiour
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Dans le cadre du festival Black & Blue, une quarantaine de personnes prenaient place dans une salle de l’hôtel Delta du centre-ville pour entendre quelques panélistes parler de tourisme gai et des différentes stratégies employées pour attirer et satisfaire cette clientèle. Bien entendu, la coupure de la subvention fédérale de près de 50 000 $ au BBCM était sur toutes les lèvres, puisqu’il s’agit d’une aide au développement des nouveaux marchés. Car, après les Outgames, il faut capitaliser sur cette renommée qu’a acquise Montréal auprès des voyageurs comme destination touristique gaie de premier choix. On veut attirer la clientèle par des congrès, des événements, le Village gai et peut-être même par des cérémonies nuptiales pour conjoints de même sexe!

Le 6 octobre dernier, Robert Vézina, président fondateur du BBCM (Bad Boy Club Montréal, organisateur du Black & Blue), Nicolas Pomerleau, directeur général de la SDC du Village, Pierre Paquette, directeur général de la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ), Hélène Fortier de Tourisme Québec et Yves Pelletier de Tourisme Montréal s’adressaient aux convives.
Pour diverses raisons, le tourisme en provenance des États-Unis est en décroissance, qu’il soit gai ou autre. À preuve, l’événement principal du Black & Blue n’a réussi à attirer que 7000 personnes alors qu’on en attendait 15 000 (après les 13 000 de l’an dernier). Or, la subvention de l’Agence de développement économique du Canada était une aide qui servait à défrayer les frais d’annonces et d’événements promotionnels dans de nouveaux marchés. « Il nous faut développer les marchés de grandes villes d’Amérique du Sud, d’Europe de l’Est et d’Asie où vivent des communautés gaies, qui s’affirment de plus en plus. Il faut être plus présent dans des salons et des médias, par exemple. Rio, Buenos Aires, Moscou, Bangkok ou Kuala Lumpur ne sont que quelques exemples de marchés où l’on peut rejoindre les gais, surtout qu’à présent, la distance n’est plus un problème », d’affirmer M. Vézina.
On avait attiré à Montréal des rassemblements comme ceux de Gala Choruses, en 2004, et de la danse country, en 2003, sorte de prélude aux Outgames, et les intervenants s’entendent sur le fait qu’il faut peut-être orienter notre offre touristique vers ce type d’événements qui fait connaître notre ville aux participants de ces congrès. Autant Tourisme Montréal que Tourisme Québec s’orientent vers de telles niches et espèrent qu’un congrès comme celui de l’IGLTA (International Gay & Lesbian Travel Association), à Montréal, en mai 2007, générera des retombées chez ces décideurs en voyage. On veut ainsi attirer ici l’importante rencontre des Meeting Planners International (les planificateurs de congrès) et « organiser pour eux au moins un événement gai puisqu’on sait qu’au moins 10 % de ces importants planificateurs et décideurs sont gais et peuvent ainsi faire la promotion de Montréal », de dire Mme Fortier, qui a rappelé qu’en 2008, la ville de Québec recevra le congrès de l’International Gay & Lesbian Association qui devrait attirer près de 3000 personnes. Tourisme Montréal sollicite également la venue à Montréal du congrès des associations de pompiers gais et de la compétition Mr. Gay International.
Pour la CCGQ, on peut développer le tourisme post-Outgames par la tenue d’événements « plus intimes et plus conviviaux » que le Black & Blue ou Divers/Cité, par exemple, des activités arrivées à maturité et dont le potentiel de croissance est assez faible, ici et ailleurs dans le monde. Ainsi, on pense épauler des festivals comme Image + Nation, la Récolte (théâtre LGBT) ou encore des manifestations d’arts visuels comme le Festival international Montréal en arts (FIMA) et en faire la promotion à l’étranger, ce qui attirerait une clientèle plus portée vers les arts, la culture et les grandes expositions. Cela se ferait avec collaboration de la SDC du Village pour la fermeture de rues, lorsque cela est possible ou que la température est clémente, afin d’accueillir les visiteurs de manière chaleureuse, « propre et sécuritaire, parce qu’on peut aussi positionner le Village comme produit touristique», de souligner M. Pomerleau.
Comme on le voit, il n’y a pas de solution miracle, mais Montréal jouit d’une réputation certaine auprès du marché gai pouvant rivaliser avec New York ou Amsterdam. Il s’agit, comme l’ont souligné les participants à cette rencontre, d’œuvrer de concert, comme on l’a fait pour les Outgames.

 

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Publié le 24 octobre 2006

par André-Constantin Passiour