Outgames Mondiaux - Montréal 2006

OUT FOR BUSINESS : Rencontre des cultures d'affaires

André-Constantin Passiour
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Alors qu'en Amérique du Nord et dans certains pays européens les droits des LGBT avancent, il n'en est tout autrement pour l'ensemble des autres pays de la planète. Lors de la première Conférence internationale sur les droits des gais et lesbiennes, la réunion de plusieurs gens d'affaires de différents pays, appelée Out for Business, confirme ce désir de travailler ensemble pour faire avancer les droits, pour créer un réseautage international d'appuis et d'échanges permettant ainsi à la communauté d'affaires LGBT de se développer. Lors d'une première séance qui a fait salle comble, plusieurs conférenciers ont pris la parole en faveur de la création d'une chambre de commerce gaie et lesbienne internationale (CCGLI). Mais ils étaient aussi venu écouter un homme de courage qui a, il y a quelques années, révélé à toute la communauté de Wall Street et de la Bourse de New York qu'il est gai et fier de l'être, soit Walter Schubert, membre du New York Stock Exchange et fondateur du Gay Financial Network. Il a indiqué combien ³il est important de faire sa sortie du placard, au travail, au bureau, n'importe où qu'on soit pour que les gens le sachent, qu'ils connaissent nos vies, nos histoires pour que ceux qui ont peur de nous, qui nous craignent, puissent nous entendre, nous comprendre [...] et comprendre ce que nous désirons, l'égalité des droits et qu'ils nous appuient [...] et nous sommes à un moment où nous avons tout à gagner². Schubert a rappelé que les gais et lesbiennes constituent une population mondiale de près de 400 millions de personnes et que, aux USA, ils sont plus de 30 millions d'individus, ils constituent donc une force économique qui peut avoir du poids pour changer les choses.

Cependant, Eva Kreienkamp, présidente de la European Gay & Lesbian Managers Association (EGAM), a rappelé qu'en Europe, de grandes disparités séparent les gais résidant à l'ouest et ceux des pays de l'ancien bloc soviétique où les gais, en majorité, n'ont pas de droits et où les pays ³n'ont pas vécu tous les changements sociaux qui ont pris place dans l'Ouest, la libération des femmes, les revendications sociales, etc. donc, l'Europe est encore divisée et il faut en tenir compte surtout que l'Europe encaisse un retard sur l'Amérique du Nord sur toute la question de la communauté gaie en tant que marché², dit-elle. Mario Velasquez, de la Chambre de commerce mexicaine, quant à lui, est venu rappeler le combat que mènent les LGBT mexicains qui, malgré des lois moins répressives, sont encore discriminés et marginalisés par la majorité de la population et par les entreprises.

De leur côté, autant Chance Mitchell et Justin Nelson, cofondateurs de la Chambre de commerce nationale gaie et lesbiennes des États-Unis (NGLCC), que Pascal Lépine, président de la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ), ont insisté sur le fait que, même si les expériences et les cultures sont variées, il y a un désir commun de fonder une chambre de commerce internationale, dont le siège social serait probablement à Montréal, ³qui sera une voix mondiale pour les gais et lesbiennes², a dit M. Mitchell. ³Il faut faire front commun pour aider à la transformation du monde [en faveur des droits] tout en parlant le langage des affaires, un langage compris de tous², a renchéri M. Lépine très enthousiaste face à la création de cette chambre.