Rencontre avec

kd lang, la chanteuse à la voix d’or

Yves Lafontaine
Commentaires

Vous allez être de la cérémonie d’ouverture des Outgames mondiaux dans quelques jours...

Ça va être un événement fantastique, j’en suis convaincue. Je suis très fière d’y participer. Auriez-vous pu croire, adolescente en Alberta, qu’un événement gai de cette dimension allait se tenir un jour ? Je n’ai pas eu une enfance difficile. Vous allez rire, mais adolescente, j’avais l’impression que tout le monde était gai (rires). Sans blague, c’est fantastique qu’un événement comme celui-là ait lieu. Ce sera à la fois l’occasion pour Montréal de montrer à la face du monde l’ouverture de la société québécoise et, aussi, l’occasion de célébrer ensemble la diversité de la communauté. Le Canada est, de loin, un des pays les plus progressistes. Je suis très fière d’être Canadienne, très fière que le mariage gai y soit une possibilité.

Le fait de vivre aux États-Unis m’a permis de prendre du recul et, probablement, d’apprécier plus le Canada que si j’y étais restée. L.A. est une ville où je peux vivre normalement bien que je sois une célébrité, ce qui serait plus difficile en Alberta. Cela dit, les États-Unis, ce n’est pas L.A.. À l’évidence, la «majorité morale» est puissante aux États-Unis. Je ne pense pas que cela veuille dire que les États-Unis sont encore aux Moyen-Âge... seulement que les gens ne sont pas prêts pour le mariage gai. Du moins pas pour le moment. Le conservatisme religieux y est encore très fort.

Vous êtes optimiste quant à l’évolution de cette question dans l’opinion publique?

Chaque couple devrait avoir les mêmes droits et avantages fiscaux, les mêmes protections devant la loi, dans la mesure où il se considère comme une famille, puisqu’il existe toutes sortes de familles : monoparentales, avec ou sans enfants, etc. Bien que je ne veuille pas me marier, je suis pour l’union civile, pour que chacun puisse épouser qui il veut. Mais pour cela, il faudra une séparation de l’Église et de l’État.

Vous avez été l’une des premières chanteuse à sortir du placard et à annoncer publiquement que vous êtes lesbienne, en 1992. Est-ce que ce fut une décision difficile à prendre?

Non, c’était la chose la plus naturelle pour moi. Ma famille le savait depuis longtemps et je sentais que j’en avais la responsabilité envers ma communauté et moi-même.

Croyez-vous que cela a été plus simple parce que votre nouvel album à ce moment-là — Ingenue — était fort différent du style auquel on vous avait associé auparavant?

Peut-être, je ne sais pas. Franchement, je ne me suis jamais posé la question. La maison de disque avait des réticences, de la difficulté à évaluer l’impact négatif que cela pourrait avoir sur les ventes de l’album, mais pour moi, c’était important, c’était devenu essentiel. Je l’ai fait et ne l’ai jamais regretté.

Si vous aviez un conseil à donner au premier ministre canadien, Stephen Harper, quel serait-il?

Je ne saurais pas par où commencer...

Selon vous, devrait-il être présent aux Cérémonies d’ouverture des Outgames en tant que premier ministre du pays?

Non je ne crois pas qu’il doive le faire, surtout pas si ce n’est que par stratégie politique. Si toutefois c’est pour montrer une plus grande ouverture et envoyer le signe qu’il sera dorénavant plus à l’écoute de la diversité de la population, alors oui il devrait être.

À quoi peut-on s’attendre de votre performance à la cérémonie d’ouverture?

Je crois bien que je vais y interpréter mes hymnes gais, tels que Constant Craving, Miss Chatelaine et Big Boned Gal qu j’ai toujours plaisir à interpréter.


Billets » de 55 à 150 $ (+ taxes + frais de services). Combo (cérémonies ouverture + Clôture) » de 81 à 225 $ (+ taxes + frais de services) en vente sur le réseau Admission. www.admission.com t. 514-790-1245.

Samedi 29 juillet, à partir de 19h30 au Stade Olympique