Confessions Tour 2006 - MONTRÉAL 21 juin

Madonna comble ses fans et fait vibrer le Centre Bell

Yves Lafontaine
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La Madone peut dire mission accomplie. Confessions on a Dance Floor est tout simplement spectaculaire, véritable feu roulant de chorégraphies, de succès musicaux, de montages vidéos élaborés projetés sur divers écrans — un large écran incurvé, deux écrans larges mobiles et un autre sur la piste de danse centrale — et une série de costumes signés JeanPaul Gaultier.

sa quatrième chanson, Madonna, qui donnait, mercredi, le premier de ses deux spectacles montréalais de la tournée Confessions Tour, s'est adressée à la foule en français. «Mesdames et messieurs, le spectacle commence.» Déjà réchauffée par trois autres pièces dont Like a Virgin qu'elle a chantée en défilant sur un caroussel, la foule était enthousiaste, déjà prête à danser avec son idole.

Le spectacle, sans première partie, a débuté vers 20h50 par la présentation d'une bande vidéo mettant en scène la chanteuse pop et recréant des scènes équestres — clin d’œil à un récent accident de cheval de la diva.

Comme l'attendaient les 15 000 admirateurs présents, Madonna est sortie de sa boule de crystal pour sa première chanson Future Lovers, vêtue d'un ensemble noir ajusté, inspiré des distingués costumes d'équitation portés en Angleterre.

Déjà debout et suspendue au moindre geste de la star, la foule ne s'est pas fait prier pour remuer les fesses et se dégourdir les jambes. Future Lovers, qui fut momentanément mixée au succès disco I Feel Love, a été suivie de Get Together puis de Like a Virgin où Madonna s'est adonnée à une forme de lap dancing... équestre! Assise sur une selle montée sur un poteau l'accessoire évoquait d'abord un chaste carrousel d'enfants elle s'est mise à remuer le bassin de manière suggestive. C’est à la suite de cette portion équestre du spectacle, terminée sur un numéro de danse audacieusement acrobatique, qu'a eu lieu la scène de la crucifixion.

Madonna ne fait pas les choses à moitié lorsqu'elle monte un spectacle.
Elle ne cherche pas seulement à faire bonne impression, elle veut épater toute la planète ou la provoquer. Mais même en sachant cela, lorsqu'une rumeur a courru qu'elle allait entrer sur scène crucifiée sur une énorme croix de cristaux et de diamants, on n'y a d’abord pas cru. Mais elle le fait... et elle porte même une couronne d'épines.

Saisissante, la crucifixion de la Madone ouvre le segment «engagé» de Confessions. Elle sert de décor à la chanson Live to Tell et est juxtaposée à des images disant la détresse de millions d'enfants qui deviendront orphelins en raisons des ravages du sida. Madonna, rassurez-vous, ne nous fait pas la morale. Elle a appris sa leçon avec American Life. Confessions est avant tout une convaincante machine à danser.


De ce segment engagé, on retient surtout Sorry. Au plan musical, ce fut l'un des moments les plus forts du spectacle avec Music, Ray Of Light et Hung Up. I Love New York, jouée après une version correcte de Like It or Not (l'un des moments les plus faibles avec Let It Will Be), a aussi pris au corps les milliers de fans de la star, transformant l'aréna en une disco géante.

Des images de George Bush, Richard Nixon, Tony Blair, Hitler, le pape Benoît XVI ont défilé entre deux chansons dont son dernier succès Sorry.

Madonna a remporté son pari. Son spectacle Confessions est franchement plus réussi que Re-Invention (2004) et irrésistiblement dansant. Elle y prend par ailleurs plaisir à multiplier les références festives à la pop des 25 dernières années qui réjouissent la foule. L'essentiel de la chorégraphie accompagnant Music n'est rien d'autre qu'un grand hommage à Saturday Night Fever, costumes blancs en prime. Vers la toute fin du spectacle, pendant Lucky Star, elle arbore une cape où il est inscrit Dancing Queen. Clin d'oeil à ABBA, bien sûr, à qui elle a emprunté des extraits de la mélodie qui a propulsé sa chanson Hung Up au sommet des palmarès et son spectacle dans la stratosphère.

Un univers dense où les chorégraphies dynamiques et parfois périlleuses parlent autant que les images et la musique. Un monde dominé par une figure, celle de Madonna, une diva athlète qui affiche une forme étourdissante et que, deux heures durant, on n'a jamais envie de lâcher des yeux.

Tournée Confessions, Montréal 21 mai 2006
Future Lovers
Get Together
Like a Virgin
Jump Live to Tell
Forbidden Love
Isaac
Sorry
Like It or Not
I Love New York
Ray Of Light
Let It Will Be
Drowned World/Substitute for Love
Music
Paradise (Not For Me)
Erotica
La Isla Bonita
Lucky Star
Hung Up