La quatrième édition de la journée nationale de lutte contre l’homophobie

L’homophobie en milieu de travail sur la sellette

Denis-Daniel Boullé
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«Plusieurs fois, mon nom a été suggéré comme gouverneur général, mais on me disait que je ne pourrais avoir ce poste parce que j’étais gai. J’ose penser que c’était plutôt à cause de mon caractère que l’on ne m’a pas choisi», a souligné l’honorable Laurier L. Lapierre, ex-sénateur recevant, de la part de la Fondation Émergence, le prix de la Journée de lutte contre l’homophobie remis à l’ensemble des députés et des sénateurs qui avaient voté en faveur du mariage gais. «Nombreux ont été les députés et les sénateurs qui nous ont remerciés d’avoir pensé à eux. C’était aussi une façon pour nous de les remercier», ajoutait Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence, en marge de la conférence et des ateliers sur l’homophobie en milieu de travail qui se déroulaient cette journée-là du 17 mai dernier.

Un prix qui peut se comprendre comme un rappel de leur engagement en faveur de l’égalité si, toutefois, le gouvernement conservateur ouvrait de nouveau le dossier à l’automne. Et si les parlementaires se sont majoritairement prononcés pour le mariage gai, le sondage d’opinion• sur Homosexualité et milieu de travail, effectué à la demande de la Fondation Émergence par Léger Marketing, témoigne qu’il y a encore du chemin à faire. Pour plus de 60 % des personnes interrogées, pour une personne homosexuelle, le dévoilement de son homosexualité au travail peut être nuisible pour sa carrière professionnelle, même si ils sont 75 % à penser qu’un patron homosexuel est aussi crédible qu’un patron hétérosexuel. La difficulté de cerner l’homophobie en milieu de travail, c’est qu’elle peut-être diffuse ou cachée et prendre d’autres formes d’exclusion et de discrimination. Me Guy Gamache, de la Commission des normes du travail, lors d’une présentation, a montré à partir de quelques exemples les difficultés que pouvaient rencontrer des gais ou des lesbiennes qui étaient victimes de discrimination ou de harcèlement à démontrer le bien fondé de leur cause. De son côté, Line Chamberland, professeure à l’UQAM, a dévoilé les premiers résultats d’une recherche sur l’homophobie en milieu de travail. Une enquête menée à partir de questionnaires auprès de 786 participant(e)s. Un constat s’impose selon elle. Il faut que les employeurs ainsi que les pouvoirs publics fassent de la sensibilisation au sein des entreprises pour que le milieu du travail soit plus ouvert et plus respectueux. À peine le quart des répondants abordait la question de leur homosexualité en milieu de travail et souvent sur un mode défensif. Même si Laurent McCutcheon a reçu le soutien des partis représentés à l’Assemblée nationale, à Québec, il faudra attendre cet automne le rapport de la Commission des Droits de la personne, rédigé avec la collaboration de plusieurs acteurs du milieu, pour qu’une politique nationale visant à contrer l’homophobie dans toutes les sphères de la société soit mise en place. Mais déjà, pour la Fondation Émergence, on pense à la prochaine édition qui aura pour thème l’éducation.

 

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La quatrième édition de la journée nationale de lutte contre l’homophobie

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Un prix qui peut se comprendre comme un rappel de leur engagement en faveur de l’égalité si, toutefo (...)

Publié le 26 mai 2006

par Denis-Daniel Boullé