Sexe oral

La fellation n’est pas sans risques !

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Face à la remontée d’infections transmissibles sexuellement (ITS), les intervenants du Centre d’intervention sida au CLSC Métro veulent rappeler aux hommes gais les divers risques qu’ils encourent lorsqu’ils pratiquent le sexe oral. Si la fellation semble moins à risque que la pénétration anale, cette pratique comporte quand même des risques pour les ITS, incluant le VIH.

Trop souvent les porteurs d’ITS ne sont même pas au courant qu’ils sont porteurs et susceptibles de les transmettre. «Plus de 50% des hommes et 60% à 70% des femmes n’ont aucun symptôme de maladies comme la gonorrhée ou la syphilis1 par exemple, donc ils peuvent les transmettre facilement. Il faut donc être au courant et passer des tests de dépistage régulièrement, surtout lorsqu’on a plusieurs partenaires sexuels», de dire Robert Veillette, infirmier à l’équipe sida du CLSC Métro. Cette dynamique équipe d’intervenants veut rappeler que, lorsqu’on devient porteur d’une ITS, on est également plus à risque de contracter le VIH. Les coinfections sont de plus en plus courantes. Le mythe qu’on n’attrape pas le VIH en donnant une fellation (sucer le pénis) est très répandu dans la communauté gaie. Même si ce risque est très faible, il n’est pas à zéro. «Quand on annonce un résultat positif pour le VIH à un homme gai qui n’a eu que les relations orales, l’intervenante et le client sont toujours bouleversés. Ces clients croyaient qu’ils étaient à l’abri du VIH, car il n’ont pas pris de risques de relations anales», affirme Marlene Daley, agente de relations humaines au sein de l’équipe depuis 12 ans. Glenda Schoel, psychologue avec l’équipe depuis 1988, a suivi plusieurs clients séropositifs qui affirment avoir été infectés par voie orale. Afin d’éviter tous ces risques et de garder l’esprit tranquille, on doit demander, surtout aux partenaires occasionnels, de porter un condom (mince, non lubrifié, avec saveur) quand on lui donne une fellation. Même si le condom est recommandé afin d’éviter tous les risques oraux, si le client décide de ne pas l’utiliser, les trucs suivants sont fortement encouragés :

-> S’assurer que sa bouche est saine et sans blessures ou gencives saignantes;
-> Attendre une à deux heures après s’être brossé les dents ou avoir utilisé de la soie dentaire;
-> Éviter l’éjaculation dans la bouche. Le pre-cum contient aussi du VIH.
-> Éviter de recevoir une fellation par un partenaire qui a un feu sauvage sur ses lèvres, car ça peut se transformer en herpès génital.

«Il y a beaucoup de patients gais qui viennent régulièrement pour un dépistage du VIH qui ne pratiquent pas le sexe anal, qui n’utilisent pas le condom lors de fellations et qui n’acceptent pas qu’on éjacule dans leur bouche. Le risque de contracter le VIH est donc extrêmement faible. Néanmoins, de temps en temps, ils ont besoin de se rassurer. Un esprit tranquille vaut beaucoup, donc ces patients sont toujours bienvenus chez nous», assure Mme Daley. Trouver les moyens d’avoir du plaisir sexuel sans craindre d’attraper une ITS fait partie de la sensibilisation, de l’information et du soutien que cette équipe apporte aux clients gais de même qu’à tous les clients de ce CLSC montréalais.

1. Lignes directrices canadiennes pour les MTS, Édition de 1998, Santé Canada, Ottawa.

 

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Publié le 08 décembre 2005

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