L’heure des choix

Municipales 2005

Michel Joanny-Furtin
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Les prochaines élections municipales auront lieu le 6 novembre et, suite à la défusion, les 54 427 électeurs de Ville-Marie devront voter quatre fois sur leur buletin : pour élire le maire de la ville, le maire de leur arrondissement, un conseiller de ville et un conseiller d’arrondissement. Présentations des candidats.

1er choix : Maire de la ville
La campagne pour les élections municipales ne soulève que peu de passion, et pour cause. Il suffit de comparer les programmes des candidats en 2005 pour s’étonner de leurs très grandes similitudes. Les citoyens, au cœur de leurs préoccupations, veulent, selon eux, une ville plus propre, moins polluée, plus sécuritaire, avec des services plus accessibles. Une ville qui n’oublie pas son développement économique et culturel, et qui doit jouer un grand rôle sur le plan international. On peut regretter seulement que ni Vision Montréal, ni l’Union des citoyens et des citoyennes de l’Ile de Montréal n’ait cherché à réunir les Montréalais autour de grands projets mobilisateurs.

Pierre Bourque (Vision Montréal)
Le chef de Vision Montréal se targue de connaître Montréal «par cœur» et s’il fut assez discret dans l’opposition, il compte sur une de ses grandes qualités, sa force de conviction auprès des Montréalais, qu’il va rencontrer directement pour connaître leur préoccupations. Reste que certains lui tiendront rigueur de sa tentative avortée de sauter dans la politique provinciale. Revenu à ses premières amours : sa ville plus aussi unifiée qu’il l’aurait souhaité, Pierre Bourque bénéficie encore d’un très grand capital de sympathie auprès des électeurs.

Gérald Tremblay (Union des citoyens de l’île de Mtl)
Le maire sortant et chef de l’Union des citoyen(ne)s, de l’Île de Montréal peut s’enorgueillir d’avoir sauver avec son équipe les Championnats du monde de la FINA, le Grand prix de Formule 1 et l’Hôpital des Shriners. Ces trois faits d’armes lui ont permis de montrer une image de lui-même plus humaine, plus passionnée, bien loin de la froideur de technocrate qu’il affiche encore parfois. Gérald Tremblay a choisi Catherine Sévigny comme colistière, une candidate comme conseillère de ville dans Peter-McGill, le quartier des affaires.

Les alternatives
Projet Montréal dirigé par Richard Bergeron et le Parti éléphant blanc de Montréal (PÉBM) avec, à sa tête, Michel Bédard, qui se distinguent des deux précédents par des plates-formes beaucoup plus radicales. Le premier joue la carte écologique et veut un projet de développement urbain équitable et durable en réduisant sensiblement la circulation automobile et en accroissant le transport en commun; le second, avec ironie et satire, souhaite que les Montréalais se réapproprient le pouvoir comme citoyens, un pouvoir actuellement entre les mains – selon lui – de bouffons.


2e choix : Maire d'arrondissement

Jean-Pierre Denis (Projet Montréal)
«Il faut être des acteurs du monde dans lequel nous souhaitons vivre plutôt que des spectateurs de l’ordre établi que l’on nous impose», soutient Jean-Pierre Denis. Né à Montréal, Jean-Pierre Denis habite le quartier depuis 30 ans. En 2005, il reçoit, pour son travail et son dynamisme exceptionnels, le Prix Claire-Bonenfant dans le cadre des Prix québécois de la citoyenneté. Informé et intègre, Jean-Pierre Denis est sensible aux réalités des gens : «Pour notre équipe, tout renouveau dans le district doit d’abord servir les résidants et les familles de Sainte-Marie/Saint-Jacques, et non les intérêts immobiliers ou automobile. Projet Montréal envisage une surveillance publique des contrats de voirie; le contrôle de la hausse des loyers; des logements sociaux dans tout projet domiciliaire; des investissements dans les stations de métro du quartier; la réduction de la CAM à 40$ et 20$; le réaménagement des rues Ontario, Sainte-Catherine et Notre-Dame; la piétonnisation des rues très fréquentées; des pistes cyclables (10 km/an), un tramway sur René-Lévesque; le nouveau CHUM, etc.»

Benoît Labonté (Union des citoyens de l’île de Mtl)
«Un des enjeux importants du Village est de rétablir des dialogues féconds entre les divers groupes sociaux, professionnels et communautaires», affirme Benoît Labonté. Ardent promoteur du développement économique, social et culturel de Montréal, Benoit Labonté a été président et chef de direction du World Trade Centre Montréal, puis président et chef de direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. De 1993 à 1996, il fut chef de cabinet du ministre fédéral du développement régional, puis conseiller spécial du ministre des Finances Paul Martin. Il a également été membre des cabinets de campagne de Centraide et du Festival de musique de chambre. Avec son équipe, Benoît Labonté veut renforcer la sécurité en améliorant l'éclairage et les patrouilles policières, réduire la circulation et veiller à la mixité des logements. Leur grand chantier sera de revitaliser les rues Ontario et Sainte-Catherine en développant les secteurs Frontenac et Amherst. La vocation publique du Marché Saint-Jacques, le projet de Piscine au Centre Malépart en seront les fers de lance. «La collaboration entre les deux Chambres de commerce (Montréal et Gaie) sera le garant de la vitalité commerciale du Village. Nous renforcerons, par ailleurs, l'identité du Village par des gestes symboliques : un nouveau nom pour le métro Beaudry, voire un mobilier urbain spécifique», précise le candidat de l'UCIM.

Robert Laramée (Vision Montréal)
«Il faut reconnaître le statut particulier de Ville-Marie avec des budgets décents, pas des institutions supplémentaires», affirme Robert Laramée. Seul candidat ouvertement gai à une mairie d'arrondissement, Robert Laramée fut conseiller de Père-Marquette lors d'un premier mandat, de 1994 à 1997, responsable de l'environnement au Comité exécutif, et à l'origine des éco-quartiers, éco-centres et du Complexe environnemental Saint-Michel. Conseiller municipal de Saint-Jacques depuis 2001, il est le responsable politique de l'urbanisme dans Ville-Marie. Avec son équipe, Robert Laramée compte revoir les feux, les axes et la vitesse de circulation; finaliser l'aménagement des parcs Viger, Faubourgs et Vétérans, et développer le Marché St-Jacques et le site Fontenac, dont la piscine Malépart. L'équipe Laramée soutiendra le développement d'une coopérative d’ateliers d’artistes dans l’Usine Grover. «La sécurité passera par l'augmentation des effectifs mais aussi par des initiatives citoyennes et une approche en réinsertion sociale», explique Robert Laramée. «Nous promettons de poursuivre l'aide aux organismes et les revalorisations commencées. Nous n'avons pas attendu que la Ville centrale s'engage pour financer les projets issus du milieu et de la communauté gaie. C'était une décision stratégique d'avenir que nous soutiendrons encore», insiste le candidat de Vision Montréal.

Louise O’Sullivan (Équipe Ville-Marie)
Femme d’affaires, Louise O’Sullivan dirige depuis 1978 sa propre entreprise de ressources humaines et de dotation de personnel. Elle a mis sur pied en 1996 la Fondation Héritage Cartier pour aider les familles dans le besoin. Élue en novembre 2001, Louise O’Sullivan fut membre du comité exécutif de Montréal, responsable du Centre des Affaires, du développement social et communautaire, du comité sur la qualité de vie et la sécurité publique, responsable de la condition féminine pour laquelle elle a mis sur pied le Conseil des Montréalaises. Ayant démissionné de son propre gré du parti du maire Tremblay en 2004, Louise O’Sullivan siège présentement comme Conseillère de ville indépendante du district Peter-McGill. Louise O'Sullivan veut alléger la bureaucratie, installer un guichet rapide et unique avec un comptoir spécial pour le développement économique, et veiller à ce que Montréal se démarque parmi les grandes villes du Canada. Louise O'Sullivan se définit comme une alliée des gai(e)s. Afin de démontrer l'ouverture des Montréalais(es), elle participe fréquemment aux activités de la communauté et soutient des organismes comme le Club Bolo et les Pères Gais.


3e choix : Conseiller de ville du district Sainte-Marie/Saint-Jacques

Jean-Pierre Bonhomme (Projet Montréal)
Licencié en Droit de l’Université de Montréal, Jean-Pierre Bonhomme est né à Montréal. Journaliste, il devient rédacteur en chef du journal régional L’Aquilon à Baie-Comeau-Hauterive. En 1960, il entre au service de La Presse où il devient rédacteur en chef de la section Magazine. Il travaille ensuite pour le journal Le Droit et Le Devoir, avant de revenir, en 1974 à La Presse où il tiendra une chronique sur l’environnement, puis une autre sur l’architecture. Journaliste indépendant depuis 1994, Jean-Pierre Bonhomme publie maints articles dans divers journaux et revues. Ses propos ont toujours souligné l’importance de bien aménager un centre-ville.

Lynda Brault (Vision Montréal)
Spécialiste en gestion de projets, communication et relations publiques, Lynda Brault a collaboré avec des organismes importants tels que le Festival de Jazz, Sprint Canada, Liaison Mode Montréal, Tourisme Montréal, etc. Ces 4 dernières années, Lynda Brault fut très active à la Chambre de commerce gaie du Québec. Responsable du développement et des communications de l'organisme, elle en fut trésorière puis secrétaire avant de devenir vice-présidente.

Sammy Forcillo (Union des citoyens de l’île de Mtl)
Sammy Forcillo possède une vaste expérience de la politique municipale : plusieurs fois conseiller du district Saint-Jacques, vice-président et membre du comité exécutif, responsable des finances et de la fiscalité à la Ville, vice-président de la Commission finances et administration de la Communauté urbaine de Montréal, puis responsable du bureau du président du comité exécutif. Cofondateur de la firme comptable Forcillo et Lembo, il est titulaire d’un diplôme d’études spécialisées, d’une maîtrise en administration publique (ÉNAP) et d’un baccalauréat en administration des affaires (HEC). Habitant depuis toujours dans le Centre-Sud, Sammy Forcillo a œuvré dans plusieurs organismes et soutenu différentes causes d'aide aux démunis, aux personnes âgées et à la communauté gaie.


4e choix : Conseiller d’arrondissement du district Sainte-Marie/Saint-Jacques


Brian M. Doody (Projet Montréal)
Agé de 39 ans, avec des racines acadiennes, Brian Doody est né à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Il choisit le Québec en 1989. Détenteur de deux baccalauréats en Droit de McGill et une maîtrise en Études politiques de Queen’s, il est candidat au doctorat en Science politique à l’UdM, où il rédige sa thèse sur la réforme électorale. Brian a acquis une solide expérience gouvernementale en travaillant dans sept ministères et organismes fédéraux à Ottawa de 1988 à 1994. Membre du Club des maîtres (natation) au Centre Marcel-De la Sablonnière, ce sportif aime faire de la course à pied sur le Mont-Royal.

Jean-Yves Duthel (Union des citoyens de l’île de Montréal)
Résidant de Ville-Marie depuis 30 ans, Jean-Yves Duthel commença comme journaliste avant d'occuper divers postes au Parti Québécois. Attaché de presse des ministres du Commerce extérieur puis de la Science et de la Technologie, il fut directeur des communications de divers organismes (Tour de l’île de Montréal, Union des producteurs agricoles, STCUM) et vice-président relations publiques et internationales de Biochem Pharma. Directeur des Communications du ministère des Relations internationales, vice-président Relations publiques du Fonds de solidarité FTQ, puis vice-président Communications de la SGF, Jean-Yves Duthel fut adjoint au Secrétaire général du gouvernement, responsable des communications gouvernementales. Militant du Bloc et du PQ, il a œuvré auprès du CPAVIH et des Grands Ballets Canadiens.

Pierre Mainville (Vision Montréal)
Retraité de la Société Radio-Canada où il fut durant 31 ans technicien-coordonnateur à la mise en ondes, Pierre Mainville détient une formation en électronique de l'Institut Teccart, et une autre en électricité de l'École des métiers. Résidant dans Ville-Marie depuis six ans, il s'est installé avec sa famille sur Ontario en tombant amoureux d'une ancienne bâtisse du quartier. Pierre Mainville a toujours su allier son expérience à sa personnalité pour mener à bien ses projets. À l’origine d'une pétition pour la revitalisation de la rue Ontario, Pierre Mainville se définit comme un homme de terrain. Trésorier du Regroupement des commerçants et des propriétaires de la rue Ontario, Pierre Mainville en connaît les enjeux et participe avec énergie à sa revitalisation, dont il souhaite transposer les améliorations à d'autres artères de Ville-Marie.

Bureau des élections de Montréal
au (514) 872-8850 ou au

 

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Publié le 27 octobre 2005

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