Le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, André Boulerice, démissionne

Le départ d’«un député de cœur

André-Constantin Passiour
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Le soir du 12 septembre dernier, prenant tout le monde par surprise, le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, André Boulerice, annonçait qu’il quittait la politique.

André Boulerice a été élu pour la première fois député péquiste du comté en 1985. Indiquant des raisons de fatigue, M. Boulerice a dit vouloir maintenant se reposer un peu tout en gardant un œil sur la politique active et sur le prochain député qui sera élu dans la circonscription.

Premier député ouvertement gai à l’Assemblée nationale du Québec, M. Boulerice se dit très fier d’avoir lutté pour les conjoints de même sexe : «Pour moi, un des moments les plus mémorables est celui de la victoire lorsque cette loi sur les conjoints de même sexe a été adoptée. […] Le gouvernement fédéral n’aurait pas bougé [sur le mariage] d’ailleurs si le Québec n’avait pas adopté cette loi». Pour M. Boulerice, qui a décidé de s'unir civilement avec son conjoint l'automne dernier, l’autre moment qui lui a apporté le plus de bonheur est «lors de l’obtention dans la circonscription de la Grande Bibliothèque qui est un grand plus pour Montréal».

Le député a fait cette annonce — «une décision déchirante» — devant un rassemblement de groupes communautaires. Il se dit attristé de laisser ses concitoyens du quartier qu’il aime encore beaucoup. Le député a préféré quitter tout de suite, sans attendre les prochaines élections provinciales. «Je voulais faire la coupure maintenant, avant les élections parce que c’est un métier très exigeant et vivre 20 ans à 100 milles à l’heure, c’est épuisant. Je suis extrêmement fatigué… je sens que je ne peux plus en donner plus […] et par respect pour mes concitoyens, je sentais qu’il fallait que j’arrête. […] Le temps était venu de laisser la place à une personne plus jeune qui pourra relever les défis.»

André Boulerice a occupé plusieurs postes parlementaires au sein du Parti québécois avant d’être nommé par le premier ministre Bernard Landry, en 2001, ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration. Il en était actuellement à son cinquième mandat. Oreille attentive des organismes gais depuis la fin des années 80, il était devenu au fil des ans l'interlocuteur privilégié du gouvernement de Lucien Bouchard sur les questions gaies et lesbiennes. M. Boulerice est le député qui a siégé le plus longtemps au Parlement provincial, 20 ans, en tant que représentant du comté depuis la création de Sainte-Marie-Saint-Jacques, en 1992.

S’il quitte son siège de député, André Boulerice demeurera en politique active. Il a d’ailleurs donné son appui à André Boisclair, qui est candidat à la chefferie du PQ. Il participera aux diverses activités pour mousser la campagne de M. Boisclair. Il prendra un certain temps de repos par la suite. Toutefois, ayant développé des liens d’amitié avec les populations de ce comté diversifié, il dit vouloir garder un œil ouvert sur les futurs candidats qui se présenteront à sa succession. «Après [cette période de repos] je verrai les candidatures qui se présenteront ici dans la circonscription et je ferai connaître sans doute ma préférence parce que, comme je l’ai toujours dit, pour être député de Sainte-Marie-Saint-Jacques il faut d’abord et avant tout aimer les gens du quartier, souligne-t-il. J’avais dit que je suis le député de cœur de ce comté et c’est très vrai et c’est pourquoi le prochain député devra aimer ce comté et ses gens qui m’ont tellement aimé et qui me l’ont encore démontré lors de cette soirée où j’ai annoncé ma démission.»

«J’apporte dans mon cœur des moments, des souvenirs inoubliables et surtout une grande fierté d’avoir été député de Sainte-Marie-Saint-Jacques», de conclure M. Boulerice.

 

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Publié le 19 septembre 2005

par André-Constantin Passiour