Course à la direction du Parti Québécois.

André Boisclair entre dans la course et les Québécois sont convaincus que son orientation sexuelle ne lui nuira pas

Yves Lafontaine
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André Boisclair a annoncé sa candidature à la direction du Parti québécois le 17 juin dernier. «J'entreprends cette course avec la conviction que la génération montante a le talent et la compétence pour rassembler les Québécois et faire un pays du Québec», déclarait-il. Le nouveau candidat s'est décrit comme «un rassembleur», convaincu qu’il peut réaliser la souveraineté «sans revanche et amertume».

Âgé de 39 ans, M. Boisclair a été élu pour la première fois à l'Assemblée nationale en 1989, alors qu'il n'avait que 23 ans. Constamment réélu depuis cette date comme député péquiste de Gouin, André Boisclair devenait ministre des relations avec les citoyens dans le gouvernement de Lucien Bouchard, puis leader parlementaire adjoint du gouvernement en 1998 et ministre de l'Environnement dès 2001. À ce titre, il mettait en place une politique de l'eau qui interdit l'exportation de cette denrée de plus en plus rare. Il a fait sa sortie publique du placard dans l'hebdomadaire Voir lors de la semaine de Divers Cité, il y a cinq ans, alors qu'il était ministre de la Solidarité sociale. Il a apporté sa contribution à l'essor d'organismes gais, a contribué à mettre sur pied des plans d'action pour les gais et les lesbiennes, entre autres dans l’adoption du projet de l'union civile. L’an dernier, il quittait la vie publique pour poursuivre des études universitaires à Boston, qu’il a terminé sa maîtrise avec honneurs un peu avant l’été.
En annonçant qu’il entrait dans la course au leadership du parti québécois, il savait très bien qu’on allait lui demander si son homosexualité pouvait devenir un handicap dans la course à la direction du PQ. Sa réponse était toute prête: il faisait pleinement confiance au Québec d'ouverture et de tolérance dans lequel il a grandi. Le récent débat sur le mariage gai a démontré que le Québec est plus ouvert à la réalité homosexuelle que le Canada anglais, au grand dam de Stephen Harper.
Un premier sondage CROP-La Presse lui donnait raison quelques jours plus tard, en dévoilant que 76 % des Québécois ne voyaient aucun problème à élire un premier ministre gai. Seulement 11 % disent s'y opposer et 13 % se rangent parmi les indécis ou les discrets. Toutefois, un bon nombre d'entre eux n'ont sans doute pas osé reconnaître ouvertement une opposition qu'ils savaient être perçue comme rétrograde. Quoiqu’il en soit, l'orientation sexuelle sera sans doute un facteur relativement négligeable dans le cadre de la course au leadership et même lors de la prochaine élection générale. Les électeurs péquistes sont plus ouverts (81 %) à cette idée que la population en général, et le mécontentement envers le gouvernement libéral laisse croire que les enjeux seront surtout relatifs à l’économie. Et la question de la souveraineté devrait occuper une place assez importante dans les prochaine élection, si l’on se fie aux débats ayant eu cours lors du dernier congrès du Parti québécois.
Jusqu’à présent, l'ancien ministre péquiste part grand favori, selon les différents sondages, devant Pauline Marois. Fait à noter : selon un autre sondage Crop-LaPresse, il récolterait également plus de vote que Bernard Landry si ce dernier décidait de revenir et de se représenter à la course à la chefferie.

 

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Publié le 18 juillet 2005

par Yves Lafontaine