Un ourson engagé

André-Constantin Passiour
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En janvier dernier, nous rapportions que le Montréalais Steve Bélisle avait remporté le concours Mr. DC BearCub, de Washington, en novembre 2004. L’histoire ne s’est pas arrêtée là, bien au contraire. Le dynamique et sympathique jeune homme de 28 ans en a gagné d’autres, en plus d’animer une émission de radio pour la communauté bear. Stimulé par sa présence à des événements et des rencontres aux États-Unis surtout, Steve Bélisle rend compte d’une vie bear très active et riche, que bien des gens ne soupçonneraient même pas, le tout aidé par Internet, qui facilite les contacts. Après le concours de Washington, Bélisle est arrivé bon deuxième au International Bear Rendez-vous, en février, à San Francisco, l’équivalent bear du International Mr. Leather de Chicago. Il a ensuite été invité à se rendre au Texas Bear Round-Up (à Dallas) où il a reçu le prix du public. Au début juin, il terminait une série d’émissions intitulées La Caverne, sur les ondes de gayradiobec.com, émissions qui seront de retour à l’automne. Ouf! Steve Bélisle est, à n’en pas douter, un jeune homme fort occupé. Mais ce blond aux yeux bleu ciel ne s’en plaint pas du tout. Curieusement, Mr. DC BearCub demeure gêné, presque timide devant toute cette attention. «Arrivé deuxième à San Francisco, c’est très flatteur, mais gagner le prix à Dallas, cela a été extraordinaire. Ce concours-là, c’est quelque chose d’un peu plus émotif, parce que ce sont les gens que tu rencontres, à qui tu parles et qui te trouvent sympathique, qui votent pour toi. C’est plus humain, simple et touchant. J’ai beaucoup apprécié de gagner à Dallas», de dire M. Bélisle.

Tout comme le milieu cuir a établi ses traditions, ses rituels et ses grands-messes, plus on parle avec Steve Bélisle, plus on se rend compte du dynamisme de la communauté ours, et ce, à travers le monde. «Il y a plus d’une quarantaine d’événements d’envergure aux États-Unis, sans compter de nombreuses autres rencontres, poursuit-il. Mais il existe une vie bear très dynamique en Europe aussi, en Allemagne et en Espagne. En Allemagne, la vie bear est encore plus vibrante qu’aux États-Unis, parce que beaucoup de gens bear vivent cuir aussi et les lignes.»

Il y a donc les concours, mais aussi des rencontres amicales, des semaines, comme le fameux Bear Week de Provincetown en juillet, et une multitude d’autres activités. Le Canada n’est pas en reste puisque, après les concours d’Ottawa et Vancouver, il y a aussi des bear weekends à Toronto ainsi qu’à Fredericton, lors du Civic Holiday, et le MBR 2005 (Montreal Bear rendez-vous) qui s’en vient bientôt à Montréal (du 30 juin au 4 juillet). M. Bélisle explique qu’il y a beaucoup de fraternité, d’amitié et de solidarité qui se créent entre les gens un peu partout, et c’est ce qui constitue le dynamisme de cette communauté. Mais aux côtés des grands événements, il y en a aussi de très petits. «Il y a un groupe bear de cinéphiles, à San Francisco; donc, à chaque semaine, une quinzaine de personnes vont au cinéma. De même, à Montréal, on retrouve un groupe [UpBear Brunch] d’une cinquantaine de membres qui va au resto une fois par mois, pour manger et discuter dans une atmosphère détendue. Donc, cela représente aussi un besoin», ajoute M. Belisle.

À Montréal, on trouve des bears au Parking, au Stud et à l’Aigle Noir, mais ils ne se sentent pas tous à l’aise dans un bar, d’où l’existence d’autres activités organisées sans prétention, souvent par un groupe d’amis. L’hiver dernier, il y a eu un groupe de ski ours. C’est justement de ce type d’activités que M. Bélisle traitait dans son émission de radio. «Il y a de plus en plus de petites choses qui se font à Montréal et moi, avec l’émission, je veux faire le lien entre tout ça, en parler», dit-il. Il s’est surtout donné comme mission de démystifier le milieu, informer les gens sur ce qu’est cette communauté et ainsi faire tomber les préjugés.

Sans grande surprise, on apprendra que les bears, encore plus que les gais en général, sont très branchés sur Internet. D’un site de référence et d’informations (www.resourcesforbears.com) aux sites de rencontres, en passant par les sites d’événements, c’est une «communauté qui vit beaucoup avec Internet et c’est grâce à ce moyen de communication qu’elle s’est développée», ajoute-t-il. Les gens cherchent des infos sur les différents événements, y vont et s’y rencontrent, échangent leurs courriels, s’invitent les uns les autres, se visitent, etc. Internet est devenu une source inépuisable pour avoir des nouvelles, en donner et les partager. D’ici la fin de l’année, Steve Bélisle se donne pour défi de monter un groupe de musique rock bear et de monter un spectacle avec d’autres artistes bears, ici à Montréal. Même si son groupe ne sera pas prêt, il désire néanmoins travailler à l’élaboration de ce spectacle, une sorte de «LolaPalooza» bear! Pourquoi pas! Ce ne sont donc pas les idées qui manquent à ce jeune homme engagé.

Info: http://www.mtlscream2.net