Un nouveau chapitre s’ouvre

La librairie Raffin crée une section gaie

Commentaires

Carole Laurin en rêvait depuis la mort de la librairie l’Androgyne. Quant à Alain Ayotte, il a quitté le Renaud-Bray du Village lorsque cette chaîne a décidé d’uniformiser ses succursales et d’abolir sa section «littérature gaie», en novembre dernier. Les deux ont uni leurs forces pour accueillir dans les murs de la librairie Raffin une section gaie et lesbienne. La seule en ville.

«Quand l’Androgyne a fermé, j’avais déjà en tête de créer une section gaie et lesbienne chez Raffin, affirme Carole Laurin, directrice adjointe d’une des quatre succursales de cette librairie. Mais toute seule, je trouvais ça gros.»

Aujourd’hui, Carole n’est plus seule et le rêve s’est réalisé. Depuis quelques semaines, cette librairie Raffin offre à sa clientèle du nouveau : un coin de la boutique est réservé à la littérature gaie et lesbienne.
Le coup de main est venu d’Alain Ayotte, un ex-employé de chez Renaud-Bray (qui s’occupait de la section gaie de la succursale de cette librairie située dans le Village jusqu’à il y a quelques mois) et aussi chroniqueur musical à Fugues. «Moi, je m’y connais en littérature gaie, alors que Carole est une passionnée de littérature lesbienne», dit-il. Il n’en fallait pas plus pour que le projet se concrétise.

Ne cherchez pas Raffin dans le Village gai, c’est sur la Plaza Saint-Hubert que cette librairie a pignon sur rue. «C’est certain que c’est un gros contrat que d’ouvrir une section gaie ici», note Carole Laurin. Même réflexion pour Alain Ayotte. Mais ça n’empêche pas le duo de croire en son projet. «On a déjà plus de 400 titres, surtout des romans, des essais et de la poésie», soutient Alain. «Et je travaille fort pour avoir un contact direct avec des maisons d’édition lesbiennes en Europe comme KTM et Dans L’Engrenage», ajoute Carole. Visiblement, les deux complices cherchent à combler un vide créé par la disparition de l’Androgyne.

Se sont-ils donné comme mission de sauver la littérature gaie à Montréal? «Faut pas perdre de vue qu’avec une librairie, on a un pied dans le commerce et l’autre dans la culture, relève Carole. Il faut garder en tête qu’on vend des livres et qu’on a un loyer et des employés à payer. Mais, en même temps, on a un mandat culturel. C’est pas des souliers qu’on vend!»

Il existe quatre librairies Raffin au Québec. Pour le moment, seule la succursale de la rue Saint-Hubert a sa section gaie et lesbienne. «Chaque librairie roule de façon indépendante», fait remarquer Carole, dont la conjointe, Suzanne Fauvel, est directrice de la même librairie. «Notre mandat est vraiment de s’ancrer dans notre quartier, ce qui fait que chaque Raffin a sa propre identité. Ce qu’on a ici n’est pas la même chose que ce qu’on peut retrouver chez Raffin de la Place Versailles», précise-t-elle. Voilà ce qu’on peut appeler une heureuse initiative. Raffin vient ainsi d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la littérature gaie et lesbienne à Montréal.

Librairie Raffin, 6330, rue Saint-Hubert (entre Beaubien et Bellechasse), Montréal. Tél. : (514) 274-2870

 

  Envoyer cet article

Un nouveau chapitre s’ouvre

La librairie Raffin crée une section gaie

«Quand l’Androgyne a fermé, j’avais déjà en tête de créer une section gaie et lesbienne chez Raffin, (...)

Publié le 22 juin 2005

par