L’affaire de tous

3e édition de la journée internationale de lutte contre l’homophobie

Denis-Daniel Boullé
Commentaires

Le pari de la Fondation Émergence est gagné. La journée de lutte contre l’homophobie fait partie aujourd’hui du calendrier événementiel du Québec. Si le point culminant reste le 1er juin, différentes activités ont marqué les mois précédents. La lutte à l’homophobie doit devenir un réflexe quotidien et pas seulement pour les personnes qui en seraient les victimes. Elle est l’affaire de tous. Dès les deux premières éditions, la Fondation Émergence a choisi d’inclure des personnalités ou des groupes extérieurs à la communauté.

Et comme le thème choisi était la famille, la Fondation a décidé de s’associer à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour inviter tous les enseignants des écoles secondaires à participer à une activité À dix heures, dix minutes contre l’homophobie... Si ils le souhaitent, ils pourront s’inspirer d’un court texte rédigé spécialement pour l’occasion par Michel-Marc Bouchard. Dans cette Lettre à Papa et à Maman, l’auteur des Feluettes parlera de façon simple de son orientation sexuelle. Paul Trottier, commissaire à la CSDM espère que cette lettre sera l’amorce d’un échange entre les professeurs et les étudiants. «Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’école est le lieu où on doit parler de l’homophobie, cela fait partie de sa mission, celle d’instruire, d’éduquer et de socialiser. Et puis, plus nous sensibiliserons les jeunes à cette question, plus nous pouvons espérer qu’ils y soient attentifs quand ils seront devenus adultes», avance Paul Trottier. Pour cette année, seule la CSDM avec l’appui unanime de tous ses commissaires à décider de se joindre à la journée de lutte contre l’homophobie. Mais la Fédération des commissions scolaires du Québec, par le biais de la Commission permanente de la mission éducative, étudie une proposition pour que l’ensemble des commissions scolaires du Québec soient partie prenante de l’événement l’année prochaine. Un rêve que caresse Paul Trottier. «Diane de Courcy, la présidente de la CSDM, a elle-même apporté cette proposition. Nous avons fait des pas de géants en cinq, six ans, alors qu’il était presque impossible de prononcer le mot homosexualité dans une école à Montréal. Il est remarquable de voir que, de plus en plus, les commissaires, les enseignants, mais aussi les parents se sentent de plus en plus concernés par le phénomène.» Bien entendu, Paul Trottier espère qu’une grande majorité des professeurs profiteront de ces dix minutes pour briser le silence au sein des établissements. Trop d’élèves sont encore victimes d’injures ou de moqueries parce que leur comportement ne correspond pas au modèle traditionnel, et ce, indépendamment de leur orientation sexuelle. Pour marquer la journée sous la forme d’une célébration, la Fondation Émergence invite à un cocktail de solidarité au Cabaret à Mado, à partir de 17h, sous la présidence d’élus municipaux de l’arrondissement, Martin Lemay et Robert Laramée, et Louise O’Sullivan. C’est aussi au cours de cette journée que sera dévoilé le nom du gagnant du concours international de nouvelles sur le thème de l’homophobie organisé au Québec par l’Union des écrivains gais (UEG). Une soirée publique à laquelle seront conviés tous les auteurs participants. La Fondation Émergence, qui est à l’origine de cette journée, a gagné son pari, celui de voir d’autres organismes et regroupements s’associer à l’événement. En allant faire un tour sur le site www.emergence.qc.ca, on se rend compte que l’homophobie n’est plus un combat que seuls les organismes gais et lesbiens doivent livrer.

 

  Envoyer cet article

L’affaire de tous

3e édition de la journée internationale de lutte contre l’homophobie

Et comme le thème choisi était la famille, la Fondation a décidé de s’associer à la Commission scola (...)

Publié le 02 juin 2005

par Denis-Daniel Boullé