Gai Écoute

De plus en plus à l’écoute des lesbiennes

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Trente-et-un pour cent des appels reçus par Gai Écoute proviennent de femmes. Depuis la création de ce service en 1996, la progression est constante.

Pour la vice-présidente de Gai Écoute, Magali Deleuze, la situation est à l’image de la place des lesbiennes dans la société. «Cela reste difficile, pour les femmes, de parler de leur orientation sexuelle et de la difficulté à la vivre, même de façon anonyme, comme le propose Gai Écoute. Vingt-et-un pour cent des appels que nous recevons proviennent de femmes qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle. Quand l’acceptation semble poser problème, on peut imaginer qu’on est encore très loin de l’affirmation.» Il ne fait aucun doute, pour Mme Deleuze, que les lesbiennes n’ont pas autant conquis l’espace social que les gais. «Nous avons toutes les difficultés à trouver une porte-parole lesbienne parce qu’aucune artiste ou femme politique n’ose faire le pas. Et quand elles le font, c’est pour ensuite retourner dans la clandestinité.»

De par son expérience à Gai Écoute, et forte de tous les témoignages reçus, la vice-présidente se désole de ce manque de visibilité qui nuit, selon elle, à l’épanouissement de toutes les lesbiennes, tout comme à la possibilité de faire connaître les services qui leur sont destinés. Sous l’égide de Gai Écoute, Magali Deleuze organise, pour le 8 mars prochain, un colloque sur la visibilité lesbienne dans la société québécoise, et ce, avec la collaboration d’Égale Canada, le Réseau des lesbiennes du Québec, la Revue Treize et l’Association des mères lesbiennes du Québec. Suivra le lancement d’une campagne encourageant les lesbiennes à prendre leur place dans la société québécoise. Mais quelles sont les raisons expliquant cette invisibilité? Elles seraient liées à la place réservées aux femmes dans la société, laquelle pousserait les lesbiennes à moins s’affirmer, de peur d’être davantage sujettes aux récriminations, discriminations et rejets de la part de leur entourage, tant familial que professionnel. Il apparaît urgent qu’un certain nombre de lesbiennes brisent ce cercle vicieux, du moins si l’on reconnaît que la grande visibilité des gais et des lesbiennes a contribué, d’une part, à banaliser le fait homosexuel et, d’autre part, à accroître son acceptation par l’ensemble de la société. Est-ce que la tenue d’un colloque s’inscrit dans la mission de Gai Écoute? Cela ne fait aucun doute pour Magali Deleuze. «Gai Écoute a toujours développé des actions ayant pour but de lutter contre les préjugés et l’homophobie, par des campagnes publicitaires d’éducation et de sensibilisation aussi bien auprès des premières personnes concernées qu’auprès du grand public. La campagne que nous voulons lancer s’adressera en premier lieu aux lesbiennes, mais aussi au reste de la population. C’est une question de logique puisque plus les lesbiennes seront plus visibles et acceptées, et plus l’ouverture sera grande, plus il leur sera facile de sortir du placard.»

Les lesbiennes sortent ! Colloque sur la visibilité lesbienne dans la société québécoise. Le 8 mars 2005, à 17h 30, au Centre Saint-Pierre, 1212, rue Panet, salle 203. On peut joindre Gai Écoute au 514-866-6788 (dans la région montréalaise) et au 1-888-505-1010 (ailleurs au Québec).

 

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Pour la vice-présidente de Gai Écoute, Magali Deleuze, la situation est à l’image de la place des le (...)

Publié le 02 mars 2005

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