Gus Mattox De la scène au porno

André-Constantin Passiour
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Avec sa voix chaude et ses rires enjoués, Gus Mattox sait charmer et conquérir. Avec du talent à revendre, Mattox n’est certainement pas votre vedette porno habituelle. Souvent sur les planches de spectacles ou de musicals new-yorkais, Mattox étonne par ses qualités d’auteur, compositeur, metteur en scène et performeur. Au moment de l’entrevue, il répétait pour monter sur la scène du Westchester Broadway Theater pour la pièce Cabaret. La première apparition de Mattox dans un porno, remonte à 1998, dans Brooklyn Meat Company, aux côtés de Donnie Russo. Il faut par la suite attendre à 2003 avant de le revoir au petit écran. Chi Chi LaRue va voir un spectacle et tombe sous le charme de ce bel homme qui brûle les planches par son charisme. Le réalisateur de renom invite Mattox à faire du porno. Mattox est donc recruté pour jouer dans la torride scène d’ouverture de What Men Do, en compagnie de Johnny Hazzard (eh oui, notre beau coverboy du dernier numéro) et de Gage Matthews. Cette prestation ne laisse personne de glace et il est mis sous contrat par Falcon pour une série de films, en exclusivité pour ces studios.

Depuis 2003, il a participé à une douzaine de films dont plusieurs dorment encore sur les tablettes. Mais il a été de la distribution de productions connues comme The Recruits (son premier film pour Falcon), Kept (réalisé par Chi Chi), Taking Flight 1 et 2 (réalisés par l'ex-pornstar Chris Steele) et Bolt, bien entendu. Il fera aussi partie de Raw Footage (Rascal Video, encore avec Chi Chi) et de Five Star (Titan Men). Dernièrement, il s'engageait à tourner plusieurs épisodes d'un «soap opera» (téléroman) gai érotique, sur Internet, intitulé Wet Palms (www.wetpalms.com), d'abord à Los Angeles et ensuite cet hiver à Palm Springs, ce qu'il a très hâte de faire pour retrouver la chaleur et s'évader de la grisaille hivernale de New York. Polyvalent, Gus Mattox, gaillard aux yeux bleu-vert profonds et hallucinants (!), a vraiment les deux pieds bien ancrés dans ce que l'on appelle la Entertainment Industry, autant celle du spectacle que celle de la porno qui, eh oui, est une forme de «divertissement». Rencontre donc avec quelqu'un d'authentique, de sympathique et surtout de
modeste... (en plus d'être bien membré).

Zip: Jusqu'à présent, que peux-tu nous raconter de ton expérience dans l'industrie porno?

Gus Mattox: Jusqu’à maintenant, en général, c'est beaucoup de plaisir. Bien entendu, faire un film porno représente énormément de travail acharné, mais il en est de même pour n'importe quel film d'ailleurs. Cependant, on y retrouve une certaine camaraderie qui, je crois, n'existe pas sur d'autres plateaux de tournage. De travailler tout nu encourage, je suppose une certaine amitié et proximité [entre les acteurs]. J'ai appris beaucoup de choses, comme par exemple comment agir devant une caméra et aussi, entre autres, comment se maintenir énergique lors de ces longues journées de tournage.

Même si tu n'as pas encore joué dans beaucoup de films, est-ce que cela a changé quelque chose dans ta vie? Et cela a-t-il été bon ou mauvais?

Je crois, en fin de compte, que j'ai fait environ une douzaine de films. Mais ils ne sont pas tous sortis encore. Je crois que la façon que cela a changé ma vie, c'est que les gens savent maintenant qui est Gus Mattox en tant que personne [publique]. Les gens ne me reconnaissent pas sur la rue encore, mais j'ai beaucoup de trafic sur mon site Internet. Il y a une certaine reconnaissance de qui je suis et de ce que
je fais.

Qu'est-ce qui t'a amené à faire de la porno (comment cela a débuté) et comment est-ce qu'on réconcilie
sa vie artistique professionnelle avec sa vie d'acteur porno?


Oh, cette question requiert beaucoup plus d'espace que nous en avons, je crois. Pour faire une histoire courte, disons que j'ai rencontré Chi Chi LaRue alors que j'étais en tournée pour le spectacle 42nd Street. Il a alors insisté pour que je prenne contact avec lui lorsque nous allions arrêter à Los Angeles. Et c'est ce que j'ai fait. Elle m'a alors tout de suite fait jouer une scène pour What Men Do, avec Johnny Hazzard. J'ai trouvé que c'était assez amusant et que cela valait la peine de poursuivre un peu plus cette expérience. Pour ce qui est de ma carrière professionnelle, ellexiste très bien avec ma carrière porno. D’ailleurs je suis en ce moment en répétition pour Cabaret.

Est-ce qu'il y a pour toi une carrière qui est plus importante que l'autre puisque tu es souvent dans des spectacles?

Honnêtement, non. Je retire différents plaisirs autant de l'une que de l'autre. Donc, il n'y a pas de problème.

Mais est-ce que ta carrière porno pourrait nuire à ta carrière professionnelle. Est-ce que tu as déjà subi une forme ou une autre de discrimination parce que tu fais de la porno?

Non, je ne crois pas. Cela n'a jamais eu d'effet négatif sur ma carrière. Je dis à tous que je fais de la porno, même mon entourage le plus proche le sait. De cette manière, ils sont au courant de mon autre carrière.
Si cela a déjà influencé quelqu'un ou que l'on m'a refusé un rôle, je n'en ai pas eu connaissance.

Mais comment cela a-t-il commencé réellement, comment as-tu été recruté pour faire de la porno?

Eh bien, le petit ami de Donnie [Russo] est un de mes amis, c'est le merveilleux photographe Aaron Cobbett. Il m'a demandé si je serai intéressé à jouer dans une scène avec Donnie, et je l'ai fait. Mais c'était seulement pour s'amuser. Puis, il y a deux ans, j'ai vu un film avec Colton Ford. Quel beau mec, sexy, j'avais envie de me retrouver avec lui. Alors je me suis dit que je devrais peut-être faire un film avec lui. Je voulais jouer dans un film avec Colton. Puis, j'ai appris qu'il avait abandonné sa carrière porno pour se concentrer sur sa carrière de chanteur. D'ailleurs, il a lancé tout dernièrement son album, il était dans un club ici à New York pour en faire la promo et il y avait beaucoup de monde. Et dire que c'était ma raison pour faire de la porno ! Donc, c'est un peu grâce à Colton Ford si je suis passé à l'acte, c'est vraiment mon idole. Je crois que c'est l'un des acteurs les
plus sexy que j'ai vus dans des films. Mais je peux
toujours rêver...

Tu pourrais toujours faire un spectacle avec lui?

Ah, c'est une bonne idée, je pourrais écrire un show dans lequel il serait la vedette. Comme ça, on serait ensemble!

Comment a été là première scène?

Après celle que j'avais fait avec Donnie, cette scène là [What Men Do] a vraiment été
merveilleuse. Je n'ai jamais eu peur d'une scène ou des planches, donc ma première journée sur le plateau n’a pas été différente de mes journées de spectacles. Je m'y suis présenté dans le but d'y apprendre quelque chose de nouveau et j'étais très heureux. Johnny Hazzard est incroyable, c'est un garçon tellement gentil, mignon.

Jusqu'à présent, es-tu satisfait des films dans lesquels tu as joué? Qu'est-ce qui t'as le
plus surpris?


Je pense que tous les films que j'ai fait ont tous leurs qualités. Bien sûr, j'aime certains plus que d'autres, mais ça c'est normal. J'avoue que ce qui m'a le plus surpris, c'est à quel point je suis si peu excité de me voir moi-même en train d'avoir du sexe. Ça ne me fait pas bander du tout.

Comment te prépares-tu pour une scène, est-ce que tu rencontres les autres acteurs pour savoir quelles sont leurs préférences, ce qui les fait bander, est-ce que tu en parles avec le réalisateur?

La plupart du temps, le réalisateur nous parle du plateau (le contexte) et les transitions entre les scènes. Il n'y a pas vraiment de discours pour nous donner une motivation. De temps en temps, surtout pour des dialogues, le réalisateur va nous donner des pistes et des directions («soyez plus cochon» ou «parlez plus lentement»). Le reste du temps, il s'agit plutôt de choses techniques. Mais de mon côté, j'aime savoir ce qui fait bander mes partenaires de scène au cas où l'un de nous aurait besoin d'aide pour maintenir son érection.


Pourquoi avais-tu décidé de signer un contrat d'exclusivité avec Falcon et signerais-tu, encore aujourd'hui, un contrat avec un autre studio?

Pour ce qui est de Falcon, il s'agissait de tout un processus décisionnel de ma part. Il s'agissait d'aspects autant pragmatiques que pratiques. Je suis désolé d'être si vague mais ce sont des choses que j'aime garder pour moi-même. Pour ce qui est d'un autre studio, pour l'instant, cela ne concorde pas avec mes activités actuelles. Peut-être que je considérerais une offre d'un studio si celui-ci voudrait se montrer suffisamment généreux. Mais j'ai tout de même été exclusif pour Falcon pour un an et il y a encore des films qui s'en viennent. J'ai aimé cette expérience avec Falcon, c'est une entreprise merveilleuse et l'équipe est géniale.

Tu as tourné avec plusieurs réalisateurs (Doug Jeffries, Chris Steele, Kristofer Weston, etc.), quelle est la différence entre ces réalisateurs?

Il n'y a pas un seul réaisateur avec lequel je n'ai pas adoré travailler. C'est toujours intéressant et amusant de voir le style de chacun sur un plateau. Mais à vrai dire, 95% du temps, j'ai joué pour Chi Chi et c'est définitivement mon préféré.

Comment as-tu aimé la scène de Bolt dans laquelle tu joues?

Cette scène était fantastique! Je crois que, de tous mes films, c'est une de mes meilleures. La chose la plus difficile était, pour la première partie de la scène, d'être là et de ne pas pouvoir me joindre aux autres. C'était très sexy à regarder.

Tu jouais avec Eddie Stone, je crois?

Oui, Eddie est tellement merveilleux, quel beau mec, c'était plaisant de tourner avec lui. Et j'ai eu un grand plaisir à le regarder tout au long de la scène, c'était très excitant...

Est-ce que tu ferais encore d'autres scènes «raunchy», avec des dildos, du cuirs, etc.

J'en ai déjà fait et ces films devraient sortir bientôt.

Quels sont tes projets futurs, y a-t-il d'autres tournages en vue?

À part Wet Palms, il n'y a rien de vraiment prévu de ce côté-là. J'ai déjà fait un épisode avec Zak Spears et Michael Soldier. Donc, dans les prochaines semaines, on tournera le sixième épisode de cette série et, plus tard en janvier, on tournera trois autres épisodes. Mais Wet Palms est différent d'un film porno, c'est véritablement comme un téléroman dans lequel il y a des scènes de baise. Il y a beaucoup de dialogues et ceux-ci sont vraiment savoureux, intelligents, ils ont de la gueule. C'est très amusant. Et l'endroit est absolument magnifique, c'est dans un luxueux resort à Los Angeles. Mais si on ne le voit pas sur Internet, les gens pourront bientôt se procurer des DVD. Pour chaque trois épisodes, on en fera un DVD qui sera disponible et ça devrait l'être très bientôt, avant Noël je crois. Sinon, je suis occupé par de la rédaction. Je prépare des textes pour Men Magazine et pour Blue, cette incroyable revue australienne. J'ai donc plusieurs projets de rédaction et c'est ce que je fais en ce moment.


Infos: www.gusmattox.com.