Isabelle Boulay

Sous le signe de l'émotion

Éric Paquette
Commentaires

La voix unique d’Isabelle Boulay séduit et émeut depuis maintenant plus d’une dizaine d’année. Celle qui présente son tout dernier spectacle à Montréal les 10 et 11 septembre prochain à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts nous invite dans son intimité pour nous parler de son dernier album Tout Un Jour, un album qui, selon la vedette québécoise, n’est pas un album parfait, mais un album vrai. "

On dit une retour sur la scène culturel après une pause d’un an, on ne peut vraiment dire que tu as chômer durant la dernière année avec la parution de ton tout récent album Tout Un Jour et un retour sur scène prévu pour septembre à Montréal et à travers le Québec : c’est ce que tu appel une année sabbatique?

Et bien, j’avais surtout besoin de reprendre contact avec la vrai existence, la vrai vie, puisqu’en tournée, nous sommes dans une vie parallèle, où je suis constamment sous les projecteurs, ou je n’ai pas nécessairement la même perspective que dans la vie qu’on appelle ordinaire. J’avais besoin de m’encrer puisque j’ai été nomade pendant plusieurs années avec les nombreux arrêts de mes tournées. Je ne me suis jamais senti chez moi, et pour moi, c’était important d’arriver à trouver le cœur de ma vie. Je les donc trouver ici à Montréal, dans une petite maison sur le bord de l’eau, un des élément qui me rappelle le plus ma Gaspésie natale. C’est à cet endroit et dans ces circonstances que j’ai trouvé l’inspiration et le temps de m’entourer de gens qui ont créé cet album avec moi.

As-tu eu envi de t’arrêter complètement et penser de fonder une famille, de mener une vie plus stable?

Pas vraiment. C’est une chose que j’ai accepté de mettre en veilleuse pour un petit moment puisque j’étais seule à cette époque là. J’ai bien sur l’espérance de fonder une famille avec la personne que j’aime aujourd’hui, mais je crois que je dois finir ce que j’ai commencé.

Comment arrives-tu a interpréter aussi justement des chansons très triste et qui parle souvent d’amour trop compliqué ou de rupture alors que tu est follement amoureuse?

C’est seulement de se raccrocher à un souvenir. À partir du moment ou on a vécu une déchirure, je crois qu’on est capable de s’en imprégner et de chanter les airs les plus triste du monde. Par exemple, le chanteur sans mélodie pour moi, parle de se vide ou l’on se sent aspirer la l’intérieur de soi, ou on a faim de quelqu’un qui nous manque. J’ai aussi vu souffrir des gens, donc je ne m’inspire non seulement de ma sensibilité, mais aussi celle des gens que j’aime et qui m’entoure.

Es-tu une amoureuse passionnée ou une passionné de l’amour?

Je suis une amoureuse passionnée. J’honore trop l’amour pour le vivre de façon jetable, de le brûler rapidement. Je crois que l’amour profond s’inscrit dans la durée dans le temps. Approfondir un amour prend un plein consentement et ça demande un respect de l’amour même. Je suis aussi convaincu qu’on ne peut rencontrer l’amour dans un état de manque, il faut se suffire a soit même pour être en mesure de donner et de nourrir un autre amour.

J’ai lu dans un communiqué que ton dernier album Tout Un Jour t’as amener dans un autre cycle de ta vie d’interprète, comment cet album t’as transformé?

J’ai eu le temps de m’apercevoir que cet album a changé des choses dans ma vie. Je me suis, pour la première fois, imprégner totalement des chansons puisque les première maquette ont été enregistré il y a plus de 2 ans, j’ai donc eu le temps de vivre avec les chansons et de voir quelle direction j’avais envi de prendre. Je crois aussi que c’est le reflet très fidèle d’une transformation intérieure.

Comment arrives-tu pour trouver des compositeurs qui saisissent si bien ton état d’âme pour arriver à des interprétations aussi réussies?

Mes auteurs et mes compositeurs sont les gens qui réussissent à percer mes plus grands mystères et qui même vont me révéler à moi-même des chose que j’ignorais. C’est comme un meilleur ami qui a plus de recul sur nous et qui pourra parler de notre personne souvent beaucoup mieux que nous-même. Donc mes auteurs et mes compositeurs sont les personnes qui savent le mieux parler de moi et qui m’amène à exprimer cette transparence très pure et limpide de chose qui pour moi me semble souvent très nébuleux. Je suis une interprète et les gens qui m’apportent de la musique et des textes permettent d’assouvir mon besoin d’être validé. J’ai besoin de se partage pour faire le métier que je fais. Pour moi, c’est essentiel. Didier Golemanas et Daniel Seff sont sans doute les personnes qui me connaissent le mieux.

Pourquoi avoir choisi d’interpréter une chanson de Dédé Fortin intitulé À Vous?

C’était l’homme que j’admirais le plus, le plus grand manifestant des grands enjeux de notre génération. Cet homme, il avait une dimension, du relief et des idées très révolutionnaires, dans le bon sens du terme. À Vous, c’est une chanson qu’il a interprétée à ses grands-parents à l’occasion de leur cinquantième anniversaire de mariage et je me sens très privilégié de pouvoir la chanter. C’est une chanson de fête, de célébrations qui prépare tout le monde au voyage que l’album Tout Un Jour va nous permettre d’entreprendre.

Quel voyage nous prépares-tu pour ta prochaine tournée qui s’entame au Québec au mois de septembre prochain?

J’ai vraiment respecté l’esprit des chansons et j’ai voulu créer des atmosphères propres à l’histoire de chacune des pièces que je vais interpréter. Dans une grande simplicité, je veux donner le meilleur éclairage que mérite chaque mélodie et chaque parole. Six musiciens, les même avec qui j’ai toujours travaillé seront sur scène avec moi pour me permettre de créer ce climat qui se voudra unique et magique. Peut-être que Johnny Hallyday viendra me faire la surprise d’interpréter avec moi Tout au bout de nos peines, une pièce qui est aussi sur Tout Un Jour.