Grand Circuit des Laurentides

De partage et de nature

André-Constantin Passiour
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Pour cette deuxième édition du Grand Circuit des Laurentides, tenue du 13 au 15 août dernier, 24 randonneurs, dont le compositeur Christian Thomas et la dragqueen Sheena Hershey, ont parcouru à pied les 65 km d’un superbe circuit de nature, au Mont-Tremblant. S’il le pouvait, chaque participant était invité à recueillir 2 000 $ avant d’entreprendre cette marche au milieu de ce paysage de carte postale, une activité de collecte de fonds originale pour le CPAVIH (Comité des personnes atteintes du VIH) et pour le Centre sida McGill.

Plus de 65 000 $ ont été recueillis, soit près du double de l’an passé, alors que le CPAVIH avait réalisé tout seul cette activité et avait amassé 38 000 $. «J'avais espéré que l'on puisse en recueillir plus, mais ce qui est quand même très bien, c'est l'ambiance qui y régnait, la participation des gens. Et ils ont tous aimé leur expérience, c'était vraiment fantastique, les gens ont eu beaucoup de plaisir et plusieurs disent vouloir revenir l'an prochain. Cela prouve que l'on peut encore motiver les gens aujourd'hui pour une campagne de financement pour le sida. Il faut dire que cet événement est différent des autres. Il est original parce qu'il rassemble des gens dans un lieu de nature magnifique, c'est l'environnement de la forêt, de la montagne. J'ai eu l'idée de cette randonnée pédestre lorsque j'ai fait un cyclothon pour le sida aux États-Unis. On traversait les montagnes du Vermont et je me suis dit que ce serait très agréable de faire une randonnée à pied dans des montagnes, prendre des sentiers en pleine nature», de dire Gregory Byng, principal organisateur du circuit et qui a également déjà participé au fameux Rallye vélo Toronto-Montréal de la People With AIDS Foundation de Toronto.

En s’associant avec le Centre sida McGill, le Grand Circuit a accru sa visibilité et permis la participation d’un plus grand nombre de randonneurs, se donnant ainsi de meilleures chances d’engranger des fonds. «Ce que j'ai voulu faire ici, c'est de réunir, pour une même activité, des gens qui vivent quotidiennement avec le VIH/sida et ceux qui travaillent dans la recherche, indique M. Byng. Il y a rarement un contact aussi direct entre ceux qui œuvrent pour trouver des solutions à cette maladie et ceux qui la vivent, et c'est ce qu'on réussit à faire ici, parce que la recherche aide les gens partout dans le monde.» «C’est intéressant de s’unir au Centre sida McGill, avec le Dr. Mark Wainberg, parce que cela permet de partager les frais et de ramasser plus d’argent à cause, notamment, du réseau de contacts qu’a développé McGill», de commenter Michael Hendricks du CPAVIH.
Mais, au-delà de la simple collecte de fonds, il y a ces personnes qui prennent le temps, l'espace d'une fin de semaine, de vivre côte à côte ces moments où l'on respire l'air pur, où l'on apprécie le paysage, où l'on observe un oiseau sur une branche, une fleur, où l'on communie avec la nature. «On essaie d'établir un contact le plus étroit possible entre séropositifs et séronégatifs, car il y a des randonneurs séropositifs. Cela porte aussi les gens à l'ouverture, à l'échange, au partage et à la sensibilisation lorsqu'ils discutent entre eux pendant les heures de marche ou lorsqu'ils se rencontrent le soir pour des activités de détente comme la réception au Westin Tremblant», de rajouter Gregory Byng.
Une chose est certaine, M. Byng prépare déjà la randonnée de 2005. «Je demeure confiant que, l'an prochain, nous aurons de 50 à 60 marcheurs et que nous ramasserons plus de 100 000$. C'est ce que je souhaite», dit-il. Mais, avant ce Grand Circuit des Laurentides III, il y aura en début d'année 2005 un autre circuit, en Afrique du Sud, «un geste hautement symbolique certes, mais qui a sa raison d'être pour prouver que la communauté gaie peut apporter son soutien au monde, qu'elle lutte aux côtés de ceux qui n'ont pas de médicaments pour se soigner comme les cinq ou six millions de Sud-Africains séropositifs», explique M. Byng. Pour ce circuit en Afrique, 14 ou 15 participants de Montréal, de Toronto et d'ailleurs sont attendus. Un symbole de solidarité internationale à un moment où, comme les chiffres tendent à le prouver de plus en plus, on observe une recrudescence de l'infection dans la communauté gaie, surtout chez les jeunes.

 

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Publié le 15 septembre 2004

par André-Constantin Passiour