L’Homoparentalité et l’école primaire

L’homosexualité oubliée ?

L'équipe de rédaction
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Bientôt l’automne, les vacances sont maintenant terminées et les enfants commencent l’école ou y retournent. Pour plusieurs, l’adaptation est plutôt facile, mais pour des parents du même sexe s’installe souvent cette crainte que leur enfant pourrait subir les effets de l’homophobie ou encore être victime de discrimination. En tant qu’adulte, nous pouvons nous réfugier dans nos restos, dans nos bars et nos organismes ou associations. Les enfants, eux, entrent dans des écoles où trop souvent aucune information sur l’homosexualité n’existe.

Est-ce alors plus difficile pour eux de s’intégrer, de s’accepter et de se sentir normaux dans tout ça?! Les écoles secondaires offrent de plus en plus de cours ou d’ateliers (ou invitent des intervenants du GRIS pour le faire) où l’on essaie de démystifier l’homosexualité tandis qu’au primaire, le développement est plus lent. «Pourtant, c’est lorsqu’on est plus jeune qu’on a le moins de préjugés», rappelle Mona Greenbaum, fondatrice et coordonnatrice de l’Association des mères lesbiennes du Québec.
Elle trouve dommage que le ministère de l’Éducation n’exige toujours pas qu’on parle d’homosexualité au primaire. «On parle pourtant de racisme, de sexisme et des minorités, mais les professeurs du primaire ne savent souvent pas comment aborder le sujet de l’homosexualité.» Cette dernière s’interroge aussi sur le fait qu’il existe aux États-Unis des outils pédagogiques au niveau du primaire tandis qu’ici, la documentation se fait plutôt rare.

On le sait tous, les enfants ont toujours des questions: «pourquoi ci, pourquoi ça?» On pourrait donc commencer à les sensibiliser dès leur plus jeune âge, au moment où rien n’est vraiment un problème pour eux et où ils sont ouverts et attentifs aux explications des adultes. La diversité familiale sera au cœur d’une histoire que les éditions Remue-Ménage publieront à l’automne 2005. L’idée de Mona Greenbaum provient principalement du fait qu’elle trouve important que les enfants de parents de même sexe aient des modèles et qu’ils n’en viennent pas à vouloir cacher l’orientation de leurs parents parce qu’ils craignent les réactions de ceux qui les entourent. Ce livre s’adressera aux enfants de 5 à 8 ans et ce sera le premier livre du genre en français. Il deviendra sans aucun doute un outil pédagogique intéressant pour les professeurs du primaire.

Si on n’avait pas caché depuis si longtemps l’homosexualité à l’école, plusieurs auraient certainement eu beaucoup moins de difficultés à s’accepter comme gai ou lesbienne et d’autres n’auraient peut-être pas développé une image négative de l’homosexualité, n’est-ce pas?

 

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Est-ce alors plus difficile pour eux de s’intégrer, de s’accepter et de se sentir normaux dans tout (...)

Publié le 18 août 2004

par L'équipe de rédaction