Politique provinciale

André Boisclair consacrera les deux prochaines années à des études universitaires supérieures

Nicolas Lavallée
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Après tout près de 15 ans à l'Assemblée nationale et même s'il était perçu comme un candidat potentiel prometteur au leadership du Parti québécois, André Boisclair, l'un des trois députés québécois ayant fait sa sortie du placard (avec André Boulerice et Agnès Maltais) a décidé de consacrer les deux prochaines années à des études universitaires.

Le député de Gouin, élu une première fois en 1989 alors qu'il n'avait que 23 ans, ce qui en faisait le plus jeune député jamais élu à l'Assemblée nationale, a annoncé mardi (17 août) son retrait de la politique. A 38 ans, il tentera d'obtenir une maîtrise en administration publique à l'Université Harvard, à Cambridge, tout près de Boston, puis ira en Europe, vraisemblablement en France, pour y acquérir un complément de formation sur l'énergie et l'environnement. Il connaît bien cette dernière question puisqu'il a été ministre de l'Environnement.

En conférence de presse, M. Boisclair a soutenu qu'il ignorait à l'heure actuelle s'il reviendra en politique une fois ses études complétées. Ce qui est certain, a-t-il dit, est qu'il entend consacrer sa vie "au service public, en politique ou ailleurs". M. Boisclair a pris le soin de signaler que la décision de faire une pause était loin d'avoir été prise à la sauvette et qu'il caressait l'idée depuis deux ans. A un autre moment de sa conférence il a plutôt parlé d'un an à un an et demi.

Quoi qu'il en soit, il a cherché et obtenu l'appui du chef du parti Bernard Landry et de la députée Louise Harel, son modèle. "J'ai appris à être un député en regardant aller Louise Harel" a-t-il confié. Au sujet de la réflexion menée par M. Landry sur la pertinence ou non de tirer sa révérence, M. Boisclair se montre solidaire. "Je suis convaincu que la meilleure décision pour le Québec est que M. Landry puisse continuer de diriger le Parti québécois", a-t-il déclaré.

"Il n'y a pas de raccourci en démocratie et le test qu'il faut s'imposer est un référendum sur la question de la souveraineté. C'est le standard que les nations qui sont entrées dans le concert des nations se sont imposées", a-t-il fait valoir. "Il me semble qu'il faut se tenir loin des astuces, des stratégies, des subtilités et faire un débat avec les Québécoises et les Québécois sur le fond", a-t-il renchéri.

Les députés Louise Harel, Diane Lemieux, Rita Dionne-Marsolais et Daniel Turp assistaient aux adieux de leur collègue Boisclair.

Mme Harel a confié qu'elle était tout à fait d'accord avec le geste de M. Boisclair. "J'ai connu deux députés (Gilles Baril et Claude Charron) qui sont arrivés très jeunes au parlement et qui, pour toutes sortes de raisons, voulaient s'en aller mais ne l'ont pas fait. Dans leur cas, ça s'est passé moins positivement", a commenté Mme Harel. "M. Boisclair aime la politique et il sait qu'il est nécessaire après 15 ans de prendre un pause surtout qu'il a été élu la première fois à 23 ans", a ajouté Mme Harel.

Ministre d'État à la Métropole et ministre de l’Environnement dans le gouvernement du parti Québécois, André Boisclair a fait sa sortie publique du placard dans l'hebdomadaire Voir lors de la semaine de Divers Cité, en 2000, alors qu'il était ministre de la Solidarité sociale. Cette première sortie qui a réjouit plusieurs gais et lesbiennes. Il faut rendre hommage à ce jeune et dynamique politicien, qui de façon discrète a apporté sa pierre à l'essor d'organismes, a contribué à mettre sur pied des plans d'action pour les gais et les lesbiennes, entre autres concernant l'union civile.

 

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Publié le 18 août 2004

par Nicolas Lavallée