Bilans et questionnements en vue

États généraux de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec

Yves Lafontaine
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La fin de semaine de la fête du Travail risque d'être bien occupée pour tous ceux et toutes celles qui ont le communautaire à coeur. Pour célébrer les 10 ans des premiers États généraux de la Table de concertation qui avaient conduit au rapport De l'illégalité à l'égalité, l'Assemblée générale de la TCLGQ a souhaité, en janvier dernier, que l'ensemble des gais et des lesbiennes concernées et les groupes communautaires fassent le bilan des dix dernières années et, surtout, proposent un nouveau plan d'action.

Lors du colloque intitulé De l'égalité juridique à l'égalité sociale, les organisateurs souhaitent trouver les outils et les moyens de mieux lutter contre l'hétérosexisme, l'homophobie et toutes formes de discrimination dont les gais et les lesbiennes sont victimes.

En préparation de l'événement, les organisateurs ont choisi la consultation et parcourent le Québec, durant l'été, à la rencontre des différents organismes soucieux de prendre en compte les réalités des gais et des lesbiennes en région, souvent oubliées au profit des grandes zones urbaines. Ce souci de décentralisation se manifeste jusque dans le choix de la ville qui accueillera les États généraux : Québec.

Le rapport De l'illégalité à l'égalité a été la bible sur laquelle se sont fondées les principales revendications des gais et des lesbiennes depuis une décennie. Un grand nombre de recommandations restent encore d'actualité et concernent aussi bien le milieu de la santé, la prévention du suicide chez les jeunes et aux relations avec la police qu’à la reconnaissance et l'aide aux manifestations culturelles spécifiquement destinées à nos communautés.

La participation à ces États généraux servira aussi de baromètre quant au véritable engagement militant des gais et des lesbiennes. Après plusieurs années consacrées à la reconnaissance des conjugalités de même sexe, un essoufflement se fait aujourd'hui sentir. L'égalité juridique quasiment acquise renvoie l'image qu'aujourd'hui, tout est gagné et qu'il ne sert plus à rien de se mobiliser. Malgré l'existence d'un grand nombre d'organismes gais et lesbiens au Québec, et mises à part quelques occasions, la nécessité de se regrouper et de se donner une structure n'a jamais semblé ni une priorité, ni une nécessité.

Aujourd'hui, la Table de concertation se retrouve à la croisée des chemins et cherche un second souffle. Peut-être compte-t-elle sur cette rencontre pour se redonner une raison d'exister. Pourtant, il ne suffit pas de refaire une énième liste d'épicerie, liste qui existe déjà depuis le rapport de 1996 et qui a été réactualisée lors du colloque Nos communautés en marche, tenu en septembre 2000 à Montréal. Il ne suffit pas, non plus, d'obtenir des subventions pour couvrir les frais de déplacement lors des consultations en région ou pour l'organisation de la rencontre si il n’y a pas une véritable promotion des réalisations de la Table de concertation. Au cours des deux dernières années, celle-ci s’est montrée tellement discrète que d’aucuns pensaient qu’elle était morte avec l’union civile. Espérons que cette fin de semaine de réflexion lui permettra de prendre le virage nécessaire pour aborder et assurer son avenir.

 

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Publié le 22 juillet 2004

par Yves Lafontaine