Les effets secondaires de rire de l’homosexualité

La prévention du suicide, il faut y mettre le paquet!

Nicolas Lavallée
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Comme ce fut le cas par le passé, le service d’aide, d’écoute téléphonique et de renseignements Gai Écoute lançait au début de février une nouvelle campagne de sensibilisation qui vise à contrer le suicide chez les personnes homosexuelles.

L’affiche, dévoilée dans le cadre de la Semaine nationale de prévention du suicide, est intitulée EFFETS SECONDAIRES – RIRE DE L’HOMOSEXUALITÉ. Elle reprend une image familière : on y voit un paquet de cigarettes, de marque MORT DE RIRE, avec les avertissements : "Rire des personnes homosexuelles peut causer des dommages irréparables". On peut y lire aussi l’avis suivant : "Des études démontrent que les jeunes homosexuels présentent un risque de suicide de 6 à 14 fois plus élevé que les jeunes hétérosexuels".
L’objectif visé par cette campagne est de sensibiliser le public aux "effets secondaires" qu’engendrent les moqueries faites au détriment des personnes homosexuelles.

En soi, l’homosexualité n’est pas une raison pour s’enlever la vie. La plupart des personnes homosexuelles sont heureuses dans la vie, suffisamment bien dans leur peau pour être capables de rire d’elles-mêmes lorsque l’occasion se présente. Hélas, tous et toutes ne sont pas rendus à ce stade dans l’adaptation à leur propre réalité. Ce sera le cas pour les lesbiennes et les gais qui acceptent difficilement ou qui nient leur orientation homosexuelle, indépendamment de leur âge.

Dans ce contexte, les jokes, les farces et l’humour déguisé sur les fifs, les tapettes, les gouines ou les butchs n’ont rien de comique. Lorsque le jeu devient un moyen de faire rire les autres, d’exprimer indirectement son rejet de l’homosexualité, qu’il prend une tournure répétitive, que le soutien familial ou scolaire est absent, que l’étau se resserre, on retrouvera les conditions susceptibles de conduire à la dépression pouvant se terminer par un geste désespéré.
Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on comprendra que le but du parallèle entre l’affiche et les publicités anti-tabac est d’informer le public des conséquences réelles d’un geste considéré anodin et socialement accepté. "La prévention du suicide ne se limite pas à intervenir au moment d’une crise suicidaire, mais à poser des actions concrètes pour éviter qu’elle ne se présente, considère Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute. Le moyen le plus efficace est de lutter contre l’homophobie. Au quotidien, un moyen à la portée de tous est de cesser et de faire cesser les plaisanteries sur les personnes homosexuelles. On aura beau dire que l’intention n’est pas mauvaise; peu importe, ce qui compte, ce sont les effets secondaires."

On peut joindre Gai Écoute, sans frais, de partout au Québec,
sept jours sur sept. Les services sont confidentiels et anonymes.
Grand Montréal : (514) 866-0103, ailleurs au Québec : 1 888 505-1010,

 

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Publié le 26 février 2004

par Nicolas Lavallée