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Changer de carrière

Chantal Cyr
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Parmi vos résolutions du nouvel an, vous avez peut-être envisagé de changer d’emploi ou d’orientation professionnelle… Plusieurs personnes éprouvent le besoin de changer de travail aux alentours de la quarantaine. C’est en effet une période de la vie durant laquelle on fait souvent le point sur les choix professionnels effectués 20 ans plus tôt. Parfois on se dit que l’on ne se trouve pas là où l’on aurait voulu être…

Mais un simple élément déclencheur peut aussi entraîner une remise en question avant ou après la quarantaine. Ces événements sont de nature variée et provoquent un déclic chez la personne concernée : il peut s’agir, par exemple, d’une séparation, d’un licenciement, d’un accident de travail, etc.

Par la suite, on peut commencer à éprouver les symptômes d’une profonde démotivation professionnelle. La fatigue chronique est généralement au rendez-vous, ainsi que l’anxiété, l’augmentation de l’absentéisme et la baisse de productivité. On n’éprouve plus de plaisir au travail, on multiplie les critiques à l’égard de l’entreprise ou du patron, on se sent sur le pilote automatique. On rêve d’évasion et on imagine ce qu’on ferait si on gagnait à la loterie!

L’heure des bilans
À ce stade, il est primordial de prendre le temps de s’arrêter et d’entamer une sérieuse réflexion pour trouver l’origine du malaise. Attention, ce n’est peut-être pas notre travail en tant que tel qui est la source du problème, mais plutôt une cause externe (difficultés financières, familiales, etc.). Lorsqu’on parle de problèmes reliés au travail, il peut s’agir, entre autres, d’un manque de défis dans notre emploi ou au contraire d’une surcharge de travail. On peut aussi ne pas être à l’aise avec la culture de l’entreprise, avoir des conflits avec ses collègues ou son patron, ou encore œuvrer dans un service qui ne nous convient pas. Dans ce cas, certains changements peuvent rétablir l’équilibre sans nécessiter un changement radical de carrière.
Se prendre en main
Lorsqu’on a trouvé la source du malaise, il est temps d’agir. Il faut prendre ses responsabilités et il nous appartient de faire bouger les choses, car le problème pourrait s’aggraver si on reste inactif.

Parfois, de simples petits aménagements peuvent dénouer la problématique et nous redonner du cœur à l’ouvrage. Par exemple, négocier de nouveaux horaires de travail, offrir ses services à une autre entreprise, suivre des cours de perfectionnement pour pouvoir assumer de nouvelles tâches et responsabilités. Il peut arriver aussi que l’on aime son travail, mais pas le contexte dans lequel on l’exerce. Par exemple, une secrétaire déteste son emploi parce qu’elle œuvre au service des plaintes, mais elle retrouve sa joie de vivre en occupant un poste similaire dans un autre service.
En revanche, si on en est arrivé à la conclusion que rien ne va plus, on est sans doute mûr pour un gros changement. Cette situation se présente fréquemment lorsque le malaise remonte à loin, au moment du choix de carrière ou même du choix d’études. Si l’on s’est senti forcé de choisir tel ou tel métier ou si l’on a fini par adopter une carrière un peu par hasard, il y a fort à parier qu’il faudra faire le grand saut…

Dans ce cas, il faut se préparer à effectuer un bilan approfondi de la situation. Cette étape du processus est de loin la plus exigeante en temps et en énergie. On doit mettre tous les éléments dans la balance, sans rien occulter, et c’est souvent l’occasion de se rendre compte à quel point on se connaît mal soi-même! On doit pourtant profiter de ce moment pour faire le point sur nos valeurs et établir une liste des choses "non négociables". Par exemple, on souhaiterait peut-être bénéficier d’horaires de travail plus souples, ne plus avoir à effectuer certaines tâches, ne pas descendre sous un certain seuil de salaire, etc.

Partir pour aller où?
Changer de carrière, c’est bien beau, mais pour faire quoi? Afin de ne pas laisser le hasard décider pour nous, il est très important de clarifier sa cible. Pour cela, on peut commencer par choisir des secteurs, plutôt que des emplois précis, qui pourraient correspondre à nos aspirations. On en parle autour de soi, on questionne des personnes qui travaillent dans des domaines attirant et on laisse parler son instinct et son intuition. Nos passe-temps favoris peuvent aussi nous fournir de bonnes indications sur ce qui pourrait nous passionner.
Attention également à bien peser le pour et le contre d’un changement radical de carrière. Peut-être va-t-il falloir reprendre vos études, suivre une formation intensive de quelques mois, gagner moins d’argent, renoncer à un certain niveau de vie ou à un statut social, etc. Avez-vous le soutien nécessaire pour effectuer ce virage? Êtes-vous prêt à faire le deuil de certains éléments que vous aimiez dans votre emploi? Autant de questions auxquelles il vous faudra répondre pour y voir plus clair.

Soyez conscient que cette démarche exigera de la patience et qu’il vous faudra apprendre à vivre avec l’incertitude pour mieux la dissiper par la suite! Pour vous aider à planifier votre projet professionnel et vous fixer des étapes intermédiaires, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide auprès de conseillers d’orientation, de spécialistes en gestion de carrière, de psychologues, etc.