Stud : Soirée anniversaire le 6 décembre

Huit ans de cruise

Michel Joanny-Furtin
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Le Stud fêtera le 6 décembre ses huit ans d'existence avec une soirée spéciale et des prix de présence. Depuis 1995, le Village comme les gais ont évolué : espaces, lieux, habitudes, consommation. Son propriétaire, Michel Gadoury, raconte l’histoire de son établissement.

"Le Stud a toujours été un cruising bar. Je n'ai jamais changé d'objectif depuis huit ans", dit Michel Gadoury, le propriétaire du bar à l'angle de Sainte-Catherine Est et Papineau. Au début, il n'y avait pas de piste de danse et l’endroit se limitait à un petit local donnant sur la Catherine.

"Tous les deux ans, en suivant la demande, on s'est agrandi. La piste de danse et l'ouverture sur Papineau d'abord. La terrasse est venue après, puis, dernièrement, on a installé le backroom (qui, comme son nom l'indique, est une salle à l’arrière). Ici, les gens viennent se rencontrer et discuter. Une fois, on a dû dire à deux gars de se calmer ou d'aller ailleurs," raconte ce patron fier de n'avoir jamais eu de problèmes avec les mœurs.
Le proprio du resto Christopher, pour des questions de permis d'exploitation, a dû limiter son intégration au Stud. Mais Michel ne le regrette pas, car il propose ainsi d'autres plaisirs à sa clientèle (spectacles, bouffe, etc).
Naviguant dans le monde des bars depuis 1976, ce "loup de mer nocturne" a été le capitaine de bâtiments qui ont traversé en leur temps nos nuits blanches tels que les Beat, Reflexion, Bronx, Sécurité Maximum et Studio 1... dont le Stud a conservé un peu du nom et beaucoup de l'esprit.

"En 95 comme en 76, ce n'était pas plus ou moins difficile d'ouvrir un bar. Mais les mentalités ont changé et les habitudes aussi", explique Michel Gadoury. "Le sida, le cinéma-maison, les lois sur l'alcool au volant, les rencontres via Internet ont changé la fréquentation dans les bars. Je ne vendais jamais d'eau en 76, alors que maintenant... Et beaucoup de gais ne fréquentent pas les bars aussi", commente-t-il.

"Les gens veulent une atmosphère, une intimité, pas un endroit gigantesque. Pour ça, le Stud a plusieurs espaces avec des musiques différentes. Changer les meubles ou la déco pourrait briser le charme..." Avec un achalandage moyen par jour de 600 clients, la plupart dans la trentaine, l'homme semble heureux de son Stud: "Même le personnel s'y plait. Depuis huit ans, avec une trentaine d'employés fidèles, le turn-over n'a concerné qu'une vingtaine de personnes."

Bien qu'il avoue ne pas avoir personnellement de goût particulier pour le cuir, Michel Gadoury y croyait assez pour ouvrir un bar cuir et jeans très ouvert, en horaire (dès 10 h du matin) comme en clientèle, sur un terrain déjà occupé: "Le Village s'arrêtait sur Champlain, et il y avait la Station C. Quand j'ai ouvert, on me donnait six mois. Ça a pris 14 mois avant de décoller. Mais ça fait huit ans que le Stud est là..." Et c'est pas fini...

Stud, 1812, rue Sainte-Catherine est. T. : (514) 598-8243.

 

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Publié le 20 novembre 2003

par Michel Joanny-Furtin