Les 7es Jeux Gais Montréal 2006

Les négociations entre le Comité organisateur Montréal 2006 et la Fédération des Jeux Gais perdurent

Caroline Lavigne
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Après deux ans de négociations avec la Fédération des Jeux Gais, le comité organisateur des Jeux gais de Montréal 2006 en est arrivé à une situation d’urgence. Fondamentalement, Montréal 2006 et la FGG (Federation of Gay Games) ne s’entendent pas sur la vision même des Jeux, leur ampleur et le contrôle financier qui en découle. " C’est dans cette optique, ont déclaré les co-présidents de Montréal 2006, Mme Lucie Duguay et M. Mark Tewkesbury, que nous avons demandé un arbitrage à la Fédération la semaine dernière. " Suite à cette demande, le Comité de négociation de la Fédération et Montréal 2006 ont tenus, hier, une conférence téléphonique. Il appert que la Fédération rejette toute idée d’arbitrage et maintient ses exigences, mais les deux parties ont convenu de poursuivre les négociations sur les points en litige malgré le refus de la FGG de nous rencontrer en face à face. Il reste que Montréal 2006 demande que ce soient les membres de la Fédération, qui se réuniront en assemblée annuelle à Chicago du 9 au 15 novembre prochain, qui se prononcent.

C’est le 25 octobre 2001, à Johannesburg, que Montréal a été choisie par la FGG pour la tenue des Jeux Gais en 2006. Ce choix s’était effectué à partir d’un cahier de candidature fort détaillé tant au niveau des activités sportives que culturelles ainsi qu’au nombre de participants et du financement. " C’est toujours sur cette base,
a déclaré la directrice des Jeux de Montréal, Mme Louise Roy, que nous avons négocié avec la FGG. Aujourd’hui, nous sommes dans une impasse essentiellement due à une différence fondamentale quant à la vision même de ces Jeux. Document après document, nous nous sommes pliés aux diverses exigences de la Fédération, ramenant notamment nos prévisions de participation des athlètes de 24 000 à 16 000 et notre budget de 20 millions $ CA à 16 millions. Il y a des principes au-delà desquels il nous est impossible d’aller sans mettre en danger les Jeux eux-mêmes ainsi que leur viabilité financière.’’

Les deux raisons essentielles qui séparent le Comité montréalais de la FGG sont les suivantes :

Les principes fondateurs de la FGG sont axés sur la notion de développement des activités sportives et culturelles pour le mouvement gai et lesbien mondial. Dans cet esprit, Montréal 2006 propose des Jeux d’une ampleur supérieure aux Jeux précédents. Depuis deux ans nous avons noué des contacts avec les quelques 500 équipes sportives gais et lesbiennes à travers le monde ce qui nous permet, d’une façon réaliste, d’anticiper un nombre de participants supérieur aux dernier Jeux de Sydney. En outre ce sera la première fois depuis douze ans que les Jeux reviennent en Amérique du Nord : là aussi nos contacts avec les équipes nord-américaines sont éloquents quant au nombre de participants. Qui plus est, pour financer les Jeux, une certaine ampleur est nécessaire afin d’y intéresser des commanditaires majeurs. Notre vision de cette problématique n’est pas partagée par la FGG : le contrat de négociation exige que la planification des Jeux de Montréal parte d’une base de 12 000 participants. Nous savons déjà que ce serait un fiasco financier et que des Jeux sans déficit doivent atteindre un minimum de 16 000 participants. En effet, le niveau des commandites est proportionnel à l’ampleur de l’événement et nos bases financières actuelles sont déjà assurées pour cela.

Montréal 2006 bénéficie depuis sa mise en place en 2001 d’un soutien sans faille des gouvernements du Québec, du Canada, de la Ville de Montréal et de Tourisme Montréal. Cela se traduit par des engagements financiers de plus de 5 millions de dollars, du jamais vu dans les annales des Jeux Gais depuis leur création. Montréal 2006 a également, et ceci est une autre première dans l’histoire des Jeux, signé un accord avec un télédiffuseur officiel, soit Radio-Canada, tout comme avec des commanditaires privés. Or la FGG exige d’avoir le contrôle total sur les dépenses de ces sommes. Pour Montréal 2006 il est impensable que les décisions financières sur les Jeux se prennent ailleurs qu’à son Conseil d’administration, seul responsable légal de la suite des choses. Les citoyens montréalais, québécois et canadiens n’accepteraient pas non plus que l’usage de l’argent de leurs taxes soit déterminé par quelques personnes qui dirigent la FGG.

Lors de la conférence téléphonique, il a été convenu que la FGG fournirait, rapidement, à Montréal 2006 un projet financier sur la base de 12 000 participants. Ce projet devra, en tout état de cause, privilégier les activités sportives et culturelles (cérémonies d’ouverture et de fermeture, galas, couverture télévisuelle etc…) et non les amputer ainsi que prévoir un montage financier solide et bénéficiaire afin de ne pas détourner les commanditaires prêts à suivre sur l’actuelle programmation préparée par Montréal 2006.
Il reste aussi évident, suite à notre conversation téléphonique, qu’aucun des bailleurs de fonds, publics et privés, engagés derrière Montréal 2006, n’acceptera que le contrôle financier s’exerce ailleurs qu’au Conseil d’administration de Montréal 2006. Par ailleurs Montréal 2006 a déjà proposé à la FGG de l’impliquer dans un certain nombre des décisions à prendre.

" Nous espérons toujours, a conclu Mme Roy, que la FGG et Montréal 2006 parviendront à s’entendre et qu’à Chicago nous puissions l’annoncer. Notre travail est en court depuis deux ans maintenant et nos liens avec les quelques 500 équipes sportives gais et lesbiennes à travers le monde nous permettent d’entrevoir des Jeux d’une ampleur sans pareille quelques soient les résultats des négociations avec la FGG ".