La défense s'organise

Club Taboo

André-Constantin Passiour
Commentaires

Après des débuts plutôt lents, un comité d'appui aux personnes arrêtées lors de la descente au Club Taboo, le 9 mai dernier, a finalement vu le jour.

On veut créer une concertation afin de défendre efficacement aussi bien les danseurs, les employés que les clients inculpés pour s'être trouvés dans une maison de débauche ou avoir commis des "actes indécents". Si la stratégie de la défense n'est pas encore établie, il est clair que le nouveau propriétaire du club de danseurs nus va demander que les charges soient abandonnées.

Même si le procès n'est pas commencé, le club s'est vu imposer une suspension de permis d'alcool pour une période de 75 jours, ce qui signifie ainsi une fermeture temporaire. Désirant ne pas se battre sur tous les fronts à la fois, le propriétaire du Taboo, Claude Auger, a préféré se plier aux exigences de la Régie des alcools, des courses et des jeux. "C'est incroyable, le procès n'est pas commencé qu'on se fait imposer une suspension. C'est comme si on était jugé coupable par la Régie. Mais il vaut mieux une suspension que la révocation [...] On va donc prendre ce temps pour effectuer des rénovations que je désirais entreprendre de toute façon. De cette manière, lorsque le club rouvrira, il y aura du nouveau pour la clientèle", indique M. Auger.

Au lendemain de la descente au Taboo, presque personne n'y avait prêté attention. Voyant l'inaction de la Table de concertation des lesbiennes et gais du Québec dans ce dossier, les Archives gaies du Québec (AGQ) décidaient d'inviter les danseurs et le propriétaire du Taboo à parader lors de Divers/Cité, afin de susciter l'intérêt du public gai. "Le fait de les avoir invités et encouragés à participer au défilé leur a redonné confiance. Les gens du Taboo se sont aperçus qu'ils étaient appuyés", de souligner Louis Godbout des AGQ, l'instigateur principal du comité de soutien.

Rappelons ici que 34 personnes avaient été arrêtées: quatre clients, 23 danseurs, dont un mineur, et sept employés. L'escouade de la moralité a prétexté, après une enquête de quatre mois, que des mineurs y dansaient et que des clients et des danseurs s'adonnaient à des actes indécents.
La première action du comité de soutien a été de "recruter des avocats pour les danseurs qui n'en avaient pas. Ils sont une quinzaine qui seront représentés par St-Pierre Grenier Avocats, dit M. Godbout. On veut surtout faire front commun, que la communauté gaie soit solidaire avec ces personnes afin qu'elles ne se sentent pas isolées dans leur combat."

Cette cause requiert au moins neuf avocats de cabinets différents représentant les danseurs, les propriétaires du Taboo et le personnel. "C'est une défense d'envergure. Nous sommes à l'étape d'organiser la défense et d'établir la stratégie commune", note Me Sébastien Dubois, de chez St-Pierre Grenier.

 

  Envoyer cet article

La défense s'organise

Club Taboo

On veut créer une concertation afin de défendre efficacement aussi bien les danseurs, les employés q (...)

Publié le 18 septembre 2003

par André-Constantin Passiour