Canada

Le débat sur le mariage gai marquera la rentrée aux Communes

Caroline Lavigne
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Alors que s’ouvre la nouvelle session parlementaire, la bataille entre les partisans du mariage gai et ses opposants prend de l’ampleur.

La Conférence des évêques catholiques canadiens a rappelé son opposition au projet de légalisation du mariage gai dans ce pays. "Le mariage comme institution unissant deux personnes de sexes opposés doit être protégé pour assurer le bien commun de la société," ont réaffirmé les évêques lors d’une conférence de presse ajoutant -sans craindre de rougir de leur astuce langagière- : "La non-discrimination exige le respect de la diversité". Prêts à toutes les contorsions idéologiques, les évêques conseillent aux politiques de préserver une distinction entre hétérosexuels et homosexuels en prônant l’égalité plutôt que l’uniformité. Bref, tout plutôt que ce mariage gay tant honni.

En réponse à cette campagne anti-mariage gai, une nouvelle coalition a lancé une pétition qui a recueilli près de 20 000 signatures. Elle rassemble les principaux mouvements gais canadiens, mais aussi d’importants acteurs sociaux comme le Syndicat canadien des employés de la fonction publique. De nombreuses personnalités publiques du Québec ont apporté leur appui au mariage civil homosexuel dans le cadre d’une Coalition québécoise pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe.

Les députés fédéraux, quant à eux sont de retour à la Chambre des communes, pour entamer la dernière session de Jean Chrétien à titre de premier ministre du Canada et chef des libéraux, une session qui sera largement dominée par le débat sur le mariage gai.

L'affrontement entre les tenants des deux camps débutera sur les chapeaux de roue, avec la tenue d'une journée de l'opposition, mardi. L'Alliance canadienne entend forcer, dès aujourd’hui, un vote des députés pour définir le mariage comme une union entre un homme et une femme.

Ce vote ne mettra cependant pas un terme au débat puisque la question se trouve devant la Cour suprême du Canada, qui pourrait au mieux rendre sa décision dans un an. Plusieurs députés libéraux font aussi pression pour que le gouvernement tienne dès maintenant un vote sur le renvoi devant le plus haut tribunal du pays et ainsi vider la question.

Les travaux législatifs risquent également d'être perturbés par la campagne au leadership et le changement de garde qui s'annonce à la tête du gouvernement. Plusieurs estiment que les libéraux ne voudront pas revenir au Parlement après le congrès au leadership de la mi-novembre, afin d'éviter les difficultés qu'une cohabitation pourrait créer.

 

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Publié le 18 septembre 2003

par Caroline Lavigne