La Nouvelle Orléans - Louisiane

Nouvelle-Orléans : Douce et séduisante décadence

Yves Lafontaine
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La Nouvelle Orléans est l’une des villes américaines les plus chaudes. Et chaude, elle l’est à tous les points de vue. C’est l’une des villes où faire la fête constitue réellement un mode de vie. Parmi les nombreuses fêtes et partys qu’on y organise, le Southern Decadence, qui se déroule durant le long week-end de la fête du travail, est une fête somptueuse et décadente comme seule la Nouvelle-Orléans sait en concevoir.

Il y a deux ans, la 30e édition du Southern Decadence de la Nouvelle Orléans (qui portait le thème de Ménage à trois, en l’honneur sans doute de ses trois marshalls, deux drag queen flamboyantes et un homme très bien pourvu par la nature) a battu tous les records d’assistance et a attiré près de 100 000 gais et lesbiennes de l’extérieur de l’état louisianais. Les autorités de la ville de la Nouvelle Orléans, ayant pris conscience depuis quelques années de l’importance touristique de l’événement — on parle de retombées économiques de plus de 88 millions de dollars américains —, ont pris la décision de fermer toutes les rues du quartier français et d’assurer elles-mêmes la sécurité, laissant les festivaliers s’en donner à cœur joie dans un délire sans limite ni retenue, ce qui en surprendra plusieurs.

Depuis le début des années 70, le Southern Decadence se tient durant le long week-end de la Fête du travail. Ce fut d’abord un petit défilé suivi d’une fête locale, mais maintenant, avec le Festival Black & Blue et le Hotlanta à Atlanta, c’est l’un des plus importants événements du circuit gai à travers le monde, attirant plus de gais et de lesbiennes que la portion gaie du Mardi Gras, qui se déroule en février ou en mars, le dimanche précédant le Mercredi des Cendres.

Tous les clubs gais de la ville sont de la partie, organisant tour à tour ou en même temps divers partys et événements (dont un gigantesque concours de wet bobettes). Le tout culmine le dimanche précédant la Fête du travail, avec le Southern Decandence Parade. Ce défilé se met habituellement en branle devant le célèbre Golden Lantern Saloon, sur Royal Street dans le Vieux Carré français (French Quarter), et se termine wherever (n’importe où), comme on dit là-bas. C’est que le trajet est déterminé selon les humeurs, les rencontres fortuites et la quantité d’alcool ingurgité par le Grand Marshall qui mène le bal. Généralement, le défilé se défait après moins de deux kilomètres, et les participants et la foule fraternisent, dansent dans les rues et boivent un coup… ou plusieurs.

Comme durant le Mardi Gras, la Nouvelle Orléans accueille pendant ce long week-end toute l’Amérique qui se prétend puritaine, qui vient faire ici ce qu’elle ne peut pas faire chez elle. Le quartier général de ce carnaval-ci, dont le point culminant est évidemment le défilé, c’est le Vieux Carré français et ses balcons pour voyeurs. L’un des jeux qui s’y déroulent consiste à dégoter une terrasse surplombant un coin de rue bien passant, à se munir d’une bonne réserve de colliers, de bière et de copains et à regarder la foule passer en bas. Durant la journée du dimanche, pendant et après le défilé, en parcourant la foule des yeux, il vous faudra moins de vingt-cinq secondes pour que la première queue à l’air apparaisse, et si elle est à la hauteur de vos espérances… jetez le collier bien mérité! Bon, vous pouvez aussi faire monter les enchères, exiger de voir plus, de comparer, de toucher… il n’y a pas de limite (je ne blague pas). Munissez-vous d’une quantité suffisante de colliers… et d’un bon appareil photo!

L’épicentre de la vie gaie à la Nouvelle-Orléans se situe au coin des rues Bourbon et St. Ann. Sur cette intersection se trouve le plus important club gai de la ville, le Bourbon Pub video bar. On retouve tout autour, dans un quadrilatère de trois coins de rues, les principaux établissements gais de la ville.

C’est dans cet environnement que s’est développé le Southern Decadence. Outre l’important défilé du dimanche, ce quartier reçoit la cinquantaire d’activités qui font de ce festival un événement réellement décadent : concours de drags, de bobettes mouillées, de danseurs nus. Pour éviter les longues files d’attentes aux différents événements, il est fortement suggéré de se procurer l’un des différents laisser-passer de week-end que l’organisation du Southern Decadence met en vente longtemps d’avance (info@southerndeca dence.net).
Comme les bars ne ferment jamais à la Nouvelle-Orléans, il y a toujours quelque chose à faire à toute heure du jour et de la nuit. Le soir venu, les meilleurs DJ de l’heure prennent la direction des pistes de danse des principaux clubs, qui se remplissent tous à pleine capacité, et où l’énergie grimpe à des niveaux frénétiques.
Si certains festivaliers arrivent le mercredi, à temps pour participer aux trois ou quatre événements d’ouverture : le traditionnel Pool party de bienvenue, qui débute dès 10h le matin (et qui a déjà duré plus de 24 h!), et quelques partys dans les gros clubs de la ville, dont les célèbres Ambush et Oz, la plupart arrivent plutôt le jeudi soir. Le Southern Decadence Recovery Party du lundi matin sonne le départ de la plupart des visiteurs américains, alors que plusieurs touristes étrangers prolongent souvent leur séjour de quelques jours pour visiter la ville, qui a beaucoup d’autres choses à offrir, dont plusieurs musées, des jardins incroyables et un aquarium qui mérite le détour.

L’agence de voyage Thomas Cook offre un forfait de trois nuits pour ceux qui aimeraient fêter ce grand week-end gai de la Nouvelle Orléans. «Notre forfait comprend le billet d’avion aller-retour et trois nuits au Holliday Inn French Quarter, qui est situé à trois coins de rues du centre de l’action», explique Mario Paquet, directeur de l’agence Thomas Cook, située au Centre Eaton. «Je serai du voyage et j’offrirai un tour d’orientation à pied à ceux qui le désirent. Ils ne seront pas trop dépaysés par cette ville culturelle, qui se laisse découvrir facilement.»
Pour l’horaire complet des activités et plusieurs photos des éditions passées, consultez le site internet : www.southerndecadence.com

Pour plus d’information concernant le forfait, contactez Mario Paquet de l’agence de Voyages Thomas Cook au (514) 284-7388 ou par courriel à mpaquet@thomascook.ca


Manger

Manger à La Nouvelle-Orléans est une activité touristique en soi. Il faut impérativement faire un tour au French Market et revenir le ventre rempli de saucisses d’alligator. Quelques spécialités à déguster au restaurant : les jambalayas (sortes de paellas) et les soupes de gombo, parfois relevées… à vous faire cracher du feu.


Jazz

Le jazz traditionnel est partout. Mais dégoter un bon club n’est pas évident. Il sera donc pratique de consulter le mensuel gratuit Offbeat et l’hebdomadaire Gambit. Une adresse mérite toutefois le détour : le Preservation Hall (726 St. Peter St.), qui propose des concerts de jazz traditionnel dans un cadre pittoresque.


Se promener

C'est à pied surtout, ou en tramway (street-car), que l'on découvre vite la grâce de la Nouvelle-Orléans. C'est ainsi que la ville dévoile ses charmes. Jour et nuit. Car elle reste ouverte toute la nuit. Une longue promenade dans le Vieux Carré permet de s’imprégner de l’histoire de la ville et de sa richesse architecturale. Se balader au Congo Square, dans le parc Louis Armstrong et en bordure du Vieux Carré. C'est là que les esclaves noirs ont inventé le jazz! Et pour contempler la ville de haut, allez prendre un verre dans le plus grand bar panoramique tournant du monde, en haut du World Trade Center (2 Canal St.), au bord du Mississippi. Il vous dévoile la ville sous tous les angles en une heure et demie, sans bouger de votre fauteuil. Passé Canal St., vous tomberez dans la ville américaine, avec ses buildings. Prenez la très longue rue Saint-Charles et vous arriverez dans le charmant Garden District avec ses somptueuses maisons entourées de jardins.


Mardi Gras

Cet événement exceptionnel, autant pour les habitants de l’endroit que pour les touristes, rapporte chaque année un demi-milliard de dollars de recettes à la ville. Alors, si vous souhaitez visiter la région fin février-début mars, réservez longtemps à l’avance : tous les hôtels affichent complet! Le jour J, vous pourrez admirer d’immenses parades. Pour vos déplacements, préférez la bicyclette pendant cette semaine agitée. Elle vous évitera d’attendre un autobus ou un taxi très longtemps.

 

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Publié le 19 août 2003

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