Table de concertation

Des orientations pour l'avenir

André-Constantin Passiour
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Lors de l'assemblée générale annuelle tenue le 17 juin 2003, les membres de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec (TCLGQ) ont élu un nouveau conseil d'administration. Par la même occasion, ils ont établi les sujets d’interventions futures de ce regroupement. Ce qui a toutefois retenu l'attention de l'assemblée, c'est la présence de représentants du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) en rapport avec la récente descente au Taboo.

Mais tout d’abord, ont été élus au conseil d'administration: Claude Côté, représentant d'Égale au Québec; François Daoust, de l'Association des lesbiennes et gais sur Internet (ALGI); Gaétan Gauthier, du Réseau des lesbiennes et gais de l'Est du Québec; André Gagnon, membre de Fierté Québec et éditeur du mensuel Être/To Be; Diane Labelle, enseignante au primaire; Francis Lagacé, du Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN; et Jean-Pierre Leclerc, du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ). Si, pour l'instant, les personnes élues n'ont pas encore décidé de la distribution des postes, Mme Labelle est fortement pressentie pour le fauteuil de coprésidente.

Après avoir lutté plusieurs années pour l'obtention de l'égalité des lois pour les conjoints de même sexe, notamment la Loi 32, la Table veut maintenant tout mettre en œuvre pour appuyer les efforts des organisations et des individus dans le but de convaincre les députés de la Chambre des communes de voter une loi qui donnerait aux gais et lesbiennes, à travers le Canada, le droit de se marier civilement.

La Table veut aussi "s'intéresser aux questions de la santé, du vieillissement, du financement des groupes communautaires gais et lesbiens et de la lutte contre l'homophobie", de dire le président sortant de la Table, Francis Lagacé. Les membres de ce rassemblement travailleront aussi à l'organisation d'un colloque, en 2004, "sur l'état de nos droits dix ans après le rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec", souligne-t-il.

Présents à cette assemblée, le commandant Beaudoin et l'agent André Proulx, du poste 22 (du Village), et le commandant Larivière, du poste 35, se sont faits bombarder de questions et de réactions quant à la descente de l'escouade de la moralité, le 9 mai dernier, au club Taboo. Les participants insistaient sur la notion de "crime sans victime", alors que les représentants du corps policier soulignaient l'aspect criminel de l'affaire, soit les actes indécents commis dans le bar de danseurs nus. "Après bien des questions, on a réussi à faire admettre aux policiers qu'une descente dans des saunas serait encore possible si jamais des mineurs pouvaient s'y trouver, de dire le cofondateur de l'Union des écrivains gais du Québec, Robert Gray. On s'est dit que tout recommence comme c'était auparavant. C'est incroyable que l'on revienne en arrière. Je crois que la Table de concertation doit prendre de nouveau un rôle de leader dans le dossier et se battre sur ces questions."

De son côté, M. Lagacé a avoué l'incapacité de la Table d'obtenir des garanties du SPVM : "Il y a eu de nombreuses rencontres informelles avec le SPVM, mais il semble que sur la question des affaires criminelles, la police n'ait pas jugé bon de nous informer. La table multipartite fonctionne donc avec une partie voilée, si je puis dire."
Ce sera donc un dossier chaud qui est loin d'être clos à la veille des festivités de Divers/Cité, surtout que, visiblement agacés par l'inaction de la Table, plusieurs militants dont Robert Gray et Louis Godbout (des Archives gaies du Québec) veulent forcer la Table à prendre position et à agir...

 

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Publié le 24 juillet 2003

par André-Constantin Passiour