Festival des arts du Village 2003

La fête était au rendez-vous

André-Constantin Passiour
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Si, au début, les organisateurs du Festival des Arts du Village se disaient carrément déçus du peu de subventions reçues cette année, l'ambiance festive et la participation de la foule en ont cependant fait une réussite. Même sans le symposium Artishow ou le défilé à la brunante, cette quatrième édition du Festival des arts du Village s'en est très bien tirée en termes de diversité des artistes, artisans et performeurs.

Les journées s'allongeaient, chaudes, ensoleillées, parfois collantes, mais l'atmosphère était plutôt détendue et relaxe sur la rue Sainte-Catherine du 3 au 6 juillet. Les gens déambulaient, s'arrêtaient, discutaient avec les artistes, faisaient une halte pour regarder les performances et, fatigués, ils pouvaient se restaurer à l'une des nombreuses terrasses aménagées tout le long du parcours entre Saint-Hubert et Papineau.

Artistes peintres, photographes et artisans ont donc monté leurs kiosques. Certains, tels que les Jean Chaîné ou Gilbert Coutu, y étaient pour la quatrième année d'affilée. "Je participe au festival parce que j'aime beaucoup l'ambiance. Je me fais toujours quelques contacts. Côté vente, l'an dernier était meilleur, mais c'est un détail. Je serai certainement de retour l'an prochain", de dire M. Coutu, un artisan qui fabrique de merveilleux masques avec des matériaux diversifiés, dont le cuir. Artiste peintre hyperréaliste, Jean Chaîné a commencé à peindre il y a quatre ans après avoir dessiné au crayon pendant de nombreuses années. Il expose au festival pour rencontrer des gens et échanger. "Ici, je peux rencontrer des gens, discuter de mes œuvres. Cela me donne des forces pour continuer à travailler. Si je reste dans mon atelier, je ne vois personne, tandis qu'ici, c'est intéressant de voir la réaction du public. Ce contact avec les gens m'encourage à poursuivre", de commenter M. Chaîné. C'était aussi l'opinion d'Yvon Goulet, rencontré peu de temps avant le festival. Pour les artistes généralement habitués à oeuvrer en solitaire, un tel événement leur procure une occasion directe de parler avec le public, qui se montre souvent sympathique.

Les Montréalais étant friands de spectacles en plein air, ils n'ont pas manqué les performances offertes par les nombreux artistes costumés sur la scène dressée au parc de l'Espoir, où se tenait le spectacle Delirium Corpus. Musique, chants, danse, théâtre, body painting et autres formes d'expression y avaient leur place. La foule rassemblée dans ce petit espace en redemandait malgré la chaleur, que l'ombre des quelques arbres rendait heureusement plus supportable. Du galant Casanova (Daniel Duhamel) chantant O Sole Mio à un numéro de danse sensuel exécuté par un minotaure et une méduse tout droit sortis de la mythologie grecque en passant par le duo Joanie Leroux-Côté et Nicolas Besnar, des acrobates, le public répondait toujours chaleureusement aux performances. Une kyrielle d'artistes, souvent en sueur, ont fait leur apparition durant les quatre jours du festival. "J'adore ça, c'est extraordinaire. Les artistes sont épatants et les gens sont respectueux et attentifs. C'est vrai qu'il n'y a pas eu de défilé cette année, mais je crois que les gens préfèrent ce type de performances en continu", de noter Daniel Turcot, qui, avec son costume d'inspiration asiatique, s'est fait remarquer.
"Je crois qu'on s'en est bien sorti malgré le peu de subventions et d'appuis. Ce fut beaucoup de travail d'organiser de telles performances, mais cela en valait la peine. C'était merveilleux. Donc on s'en sort même si on aurait pu faire mieux avec plus d'argent", souligne le directeur artistique Jean-Denis Lapointe. À en juger par le sourire et les yeux émerveillés des tout-petits, surtout le dimanche après-midi (au parc de l'Espoir), ce festival fut un succès. Et n'est-ce pas là l'essentiel? Que le public soit heureux...

 

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Publié le 24 juillet 2003

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