Une initiative de la Fondation émergence

Le 4 juin : journée de lutte contre l'homophobie

Denis-Daniel Boullé
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Le premier mercredi de juin est désormais à inscrire dans les agendas comme journée nationale de lutte contre l'homophobie. Organisée par la Fondation Émergence avec le soutien du Ministère des Relations avec les Citoyens et de l'Immigration (MRCI), cette journée vise à rassembler tous les partenaires sociaux, politiques, syndicaux et privés, tous ceux et toutes celles intéressés à promouvoir le respect et l'acceptation des gais et des lesbiennes.

Sur le calque des journées ou des semaines dédiées à un thème donné, la lutte contre l'homophobie s'avère la dernière campagne que l'ensemble de la société doit mener — toutes orientations sexuelles confondues — pour, comme le souligne le thème de la campagne, passer "De la tolérance à l'acceptation". Selon le président de la Fondation Émergence et fondateur de Gai Écoute, Laurent McCutcheon, "au Québec, nous avons obtenu une reconnaissance légale, nous devons œuvrer maintenant pour une reconnaissance sociale". Rien de mieux alors que de s'attaquer à un fléau à peine perceptible par l'ensemble de la société : l'homophobie. "Il fallait donc se doter d'un instrument pour illustrer la problématique et pour en influencer la représentation", poursuit Laurent McCutcheon.

Si le mot homophobie est connu des gais et des lesbiennes, il n'en va pas de même pour l'ensemble de la société. Il apparaît la première fois, selon le juriste et auteur français Daniel Borrillo, en 1971, sous la plume d'un théoricien américain, K.T. Smith, pour décrire une personnalité anti-homosexuelle. Il ne fera son apparition dans les dictionnaires de langue française qu'en 1998, même s’il est utilisé depuis plus de vingt ans dans le mouvement gai. L'homophobie recouvre aussi bien les propos et les comportements que des structures hostiles à l'égard des homosexuels. Elle peut être consciente ou inconsciente, et même être le fait d'homosexuels. Ces différentes formes peuvent avoir des conséquences dramatiques sur les gais et les lesbiennes par leur fulgurance (agression physique) ou leur récurrence (l'adolescent qui subit pendant tout son secondaire les plaisanteries de ses pairs). Elle peut être le fait de l'ignorance ou encore la résultante d'une tradition, comme dans le monde du sport.
Une campagne médiatique entourera cette journée contre l'homophobie; elle inclura une campagne d'affichage et une conférence de presse où des chercheurs et des universitaires spécialistes des questions gaies et lesbiennes expliqueront combien l'homophobie représente un fléau pour les lesbiennes et les gais et combien il est nécessaire de se doter une politique plus large. Des programmes de sensibilisation et d'éducation existent déjà, mais ne touchent pas l'ensemble de la population. À quoi bon informer les étudiants du secondaire sur les dommages de l'homophobie si, dans leur famille ou leur équipe de sport, les propos anti-gais sont encore la norme.

Laurent McCutcheon souhaite que l'événement suscite des discussions dans les familles, dans les écoles mais aussi dans les milieux du travail. D'autant plus que le projet a été très bien accueilli par le gouvernement précédent comme par l'équipe actuellement au pouvoir. Durant la récente campagne électorale, Jean Charest, alors candidat, avait fait parvenir à la Fondation Émergence une lettre de soutien à cette journée. De nombreux acteurs politiques de la majorité actuelle aussi bien que de l'opposition, du monde municipal, mais aussi des grandes corporations professionnelles et syndicales, dont la Fédération des Policiers, se sont associés à cette journée.

Bien entendu, l'arrondissement de Ville-Marie est en première ligne. Le lancement de la première édition commencera par une levée du drapeau arc-en-ciel en présence de nombreux dignitaires, et la rue Sainte-Catherine dans le Village s'ornera d'oriflammes.

L’éducation du public sur les réalités gaies et lesbiennes et sur les problèmes qu’engendre l’homophobie constitue la pierre angulaire de la lutte contre cette forme de discrimination. Dans cette perspective, une grande partie de la programmation de la Journée nationale de lutte contre l’homophobie sera axée sur des activités de communication qui porteront sur des études menées par les membres d’un comité scientifique mis sur pied par la Fondation Émergence. La Fondation dévoilera également les résultats d’un sondage sur la perception québécoise sur l’homophobie, réalisé par Léger Marketing. De même, un Prix sera remis à une personnalité publique s’étant illustrée dans la lutte contre l’homophobie.

Et pour ceux et celles qui veulent suivre l'événement et préparer les futures éditions, ils peuvent s'informer via le net. Car, après tout, l'homophobie n'est pas seulement l'affaire des gais et des lesbiennes mais bien de tous.

Infos : www.homophobie.org ou (514) 866-6788. Pour en parler ou échanger sur des questions relatives à l’orientation homosexuelle, on appelle Gai Écoute au (514) 866-0103 ou 1 888 505-1010 (sans frais, partout au Québec).


Invitation à tous
Les communautés gaie et lesbienne sont invitées à la cérémonie d’ouverture de la Journée nationale de lutte contre l’homophobie le 4 juin prochain, à 9 h, à la place Émilie-Gamelin (angle Sainte-Catherine et Saint-Hubert). Des personnalités publiques seront présentes et l’on procédera à la levée du drapeau arc-en-ciel. La cérémonie d’ouverture et la levée du drapeau arc-en-ciel devraient durer une demi-heure tout au plus. Soyons nombreux et nombreuses à montrer votre opposition à l’homophobie.

 

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Publié le 29 mai 2003

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