Le groupe Chrysalide

De l’aide directe pour les transsexuels

Claudine Metcalfe
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Depuis quatre ans, les transsexuels et travestis ont un groupe de soutien. Le groupe Chrysalide est là pour les aider à surmonter les difficultés qu’entraînent toutes les transformations subies. L’aide pour les transsexuels n’est pas facile à maintenir, les groupes se succèdent sans qu’il y ait continuité. "C’est difficile, parce que les gens ont peur de s’impliquer, de consulter, de sortir de leur coquille. Et ceux qui viennent partent rapidement. Après quelques rencontres, ils évoluent et changent, ils veulent oublier le passé et la dure étape du coming out… et fréquenter ceux qui commencent leur transformation ne les enchante pas", explique la fondatrice du groupe, Cassandra Poisson.

Le principal but du groupe est d’aider les transsexuels à faire leur coming out et de les libérer d’un lourd poids sur leurs épaules, souvent associé à un sentiment de culpabilité et de honte. C’est par le biais de groupes de discussions avec d’autres travestis et transsexuels qui vivent le même genre de situations, que prend forme l’aide.

Les rencontres du jeudi soir permettent de discuter, d’échanger et de trouver de la compassion et de la solidarité auprès de pairs. "Nous invitons des médecins à venir nous voir pour donner les meilleures informations possibles. Les sujets légaux sont abordés concernant le changement de sexe et tous les papiers à modifier. On discute aussi de la réinsertion sociale, au travail et dans sa famille. Des spécialistes les conseillent sur le maquillage, la coiffure, le côté esthétique, l’épilation, les vêtements, les souliers, etc.", explique Cassandra. Des choses qui peuvent sembler anodines à première vue, mais qui sont essentielles pour celles qui doivent faire ce genre de choix pour la première fois de leur vie.

"J’ai tellement rêvé du jour où je pourrais aller me faire bichonner chez l’esthéticienne, en tant que femme… C’était un rêve, un besoin, une raison de vivre. Mais quand j’ai dû y m’y retrouver pour la première fois, j’ai capoté!", nous confie Claudia.

Quand il était un homme, Claudia (Claude à sa naissance) ne se sentait pas bien. Jamais à l’aise dans son corps, malheureux dans son rôle d’homme, triste dans son âme. "Je ne suis pas un gai. Tout le monde m’a fait croire que, parce que j’étais féminin, j’étais un homosexuel. J’ai fini par le croire, parce que baiser avec les hommes m’attirait. À 18 ans, quand je suis arrivé à Montréal, j’ai commencé à être travesti, pour gagner ma vie. J’ai vraiment réalisé que, oui, j’aimais les hommes, mais comme une femme aime les hommes. Quand je baise, je veux me faire prendre comme une femme. Je ne suis pas un homme, donc je ne suis pas gai." À cette époque, il était difficile de trouver des semblables, de partager, de communiquer ses angoisses. "On se sent tellement seul, fragile, isolé dans nos questionnements, nos peurs. Il est important de se confier à quelqu’un", dit Claudia.
Cassandra (anciennement Jean-Guy) a fait son coming out le 31 octobre 1998. Oui, un soir d’Halloween. "Je me suis habillée en femme. Tout le monde me complimentait. J’étais si heureuse. Je ne disais pas aux gens que c’était le rêve de ma vie, d’être vraiment une femme, pas seulement d’être déguisée", dit-elle. Un bref moment de plaisir dans une vie marquée par le rejet, l’abandon, la peur et la constante angoisse.

Il en faut du courage pour vaincre les tabous, pour essayer de vivre dans notre société encore bien fermée face au transgendrisme et à la transsexualité. "Je n’ai pas de travail : les employeurs disent que je fais peur aux clients. Je n’ai pas de logement, les propriétaires me voient comme une faiseuse de troubles." Comment alors avoir l’argent pour assumer les coûts de l’opération? Comment faire face à la réalité? "C’est très difficile. Je me consacre aux autres, je veux leur dire : Affirmez-vous! Je veux faire de l’éducation, aller dans les écoles, fonder une maison pour héberger les gens en difficultés!" lance Cassandra. La tête pleine de projets, elle se consacrera à définir la présence des transsexuels au défilé de la Fierté. Plusieurs défis à relever pour Cassandra, qui a besoin d’aide pour faire tout ce travail.

Pour informations : (514) 251-8872

 

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Publié le 24 avril 2003

par Claudine Metcalfe