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15e anniversaire de AIDS Community Care Montréal

André-Constantin Passiour
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Bien malgré eux, les responsables de cette seule organisation sida montréalaise anglophone ont fêté leur 15e anniversaire. Bien malgré eux parce que, disent-ils, le VIH/sida continue à faire des ravages dans la communauté gaie mais aussi parmi la population hétérosexuelle féminine surtout. Donc, une célébration de la réussite du rassemblement et du dévouement envers les personnes atteintes mais, en même temps, une inquiétude face à la jeunesse gaie et aux effets secondaires entraînés par les médicaments.

Le 26 février dernier, il y avait des bénévoles, des employés et des clients, mais aussi des représentants d'autres organismes sida, tous venus pour célébrer cette exceptionnelle organisation qu'est devenue, au fil des ans, ACCM. Il y a eu quelques discours, des applaudissements, des sourires et bien sûr, le gâteau de fête!
Aujourd'hui, ACCM offre une bonne dizaine de services non seulement pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) mais aussi pour des étudiants, des employeurs, etc. Cependant, au moment de sa création, en pleine crise du sida à Montréal, il fallait simplement venir en aide aux PVVIH, les accompagner dans leur quotidien, les épauler dans leurs souffrances et, ultimement, les voir mourir. "Sur les 756 clients de l'organisme, malheureusement, plus de 200 sont décédés", de constater la directrice à la gestion de cas, Ginette Tremblay.
Ce qui inquiète le plus les dirigeants du groupe, c'est la banalisation du sida par les médias et la population en général qui ont vu dans les médicaments la fin du sida. Pourtant, "si les personnes atteintes vivent plus longtemps, les médicaments entraînent de sérieux effets secondaires et ces personnes continuent à faire face à la discrimination", de noter le président du conseil, Terry Pigeon.

Pour contrer la hausse du taux d'infection chez les jeunes, ACCM, qui collabore avec Séro Zéro et Projet 10, a entrepris un programme de prévention par la visite d'écoles secondaires, mais "il y a encore beaucoup de résistance de la part des commissions scolaires parce qu'on parle de sexualité et de condoms, ce qui peut être perçu par les parents comme un encouragement à avoir des relations sexuelles", croit la responsable de ce volet, Anissa Baker.

Signe des temps, un des services qui remporte le plus de succès depuis sa création, il y a trois ans, c'est la coopérative alimentaire qui permet aux cotisants "d'avoir des aliments sains, comme du poisson, des légumes frais, des fromages, etc., qu'ils n'auraient pas les moyens de payer individuellement, surtout avec les prix des médicaments qui augmentent", de dire un bénévole, Denis Brodeur.

Pour l'avenir, "le défi pour nous est de continuer à faire ce que nous faisons bien en ce moment, mais avec moins de ressources et avec des difficultés à recruter de nouveaux bénévoles en raison de la banalisation du sida et de l'apathie", de dire le directeur d'ACCM, Ken Monteith.

Sans savoir exactement vers quelle stratégie se tournera ACCM, M. Pigeon a souligné : "nous avons toujours dévéloppé les services en réponse aux différents besoins des gens et nous continuerons à le faire".

AIDS Community Care Montréal (ACCM) / Sida Bénévoles Montréal
2075, rue Plessis, Montréal. Tél. : (514) 527-0928
http://www.accmontreal.org

Réservez vite en envoyant un chèque de 6$, avant le 1er avril, libellé au nom de Lou Lamontagne, 4436, rue Fullum, Montréal, QC H2H 2J7. Pour plus de renseignements : (514) 525-3663.

 

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Le 26 février dernier, il y avait des bénévoles, des employés et des clients, mais aussi des représe (...)

Publié le 20 mars 2003

par André-Constantin Passiour