Une légende en devenir

Dred Scott

Yves Lafontaine
Commentaires
À 27 ans, le corps tatoué, découpé et musclé, le crâne rasé, une gueule de dur et un cigare à la bouche, Dred Scott incarne la virilité à l’état brut. En l’espace de cinq films, cet homme est passé de l’anonymat au statut de super star du porno. Titan, l’une des plus importantes boîtes à faire du porno gai — pour laquelle il est sous contrat exclusif —, l’a mis au centre d’histoires qui participent déjà à construire sa légende, celle d’un prédateur, dominateur et actif. Ce surhomme, dont les superbes tatouages donnent un look primitif des plus bandants, possède ce que très peu d’acteurs porno ont maintenant : une présence qui donne à voir de véritables moments de grâce. Vous savez, ces moments, dans certains films de cul, qui apparaissent comme ça et qui nous scotchent à l’écran du téléviseur. Ce sont des instants de vérité, le genre de moment où tous, malgré des libidos et préférences différentes, nous sommes obligés d’admettre avec un regard de connivence "Ok, oui, c’est excitant. Très bandant, même…" On trouve de ces moments dans tous les films de Dred Scott, malgré l’aspect très hardcore que certains ont (fist fucking, watersports, domination, etc.) et qui pourraient très certainement en rebuter plusieurs. On aperçoit un de ces moments au début de Detour, quand Dred et Eddie Moreno, un brun très excitant, s’envoient en l’air. Après lui avoir craché au visage, lui avoir pissé dessus, Dred l’encule en lui donnant de petites baffes sur la gueule. Dans Tresspass, Scott, qui incarne un prisonnier en fuite, réussit à éviter tout ceux qui le recherchent avant de se faire Patrick Knight qu’il drille sans merci pendant d’intenses minutes avant de passer à un second mec, à la scène suivante, qu’il fiste au coin du feu, à la belle étoile (non, j’exagère même pas). Dans Slammer, qui se déroule dans une prison dirigée par Dred, le moment de grâce apparaît quand celui-ci encule Jon Galt (un versatile plus fréquemment top), sur la chaise, par terre et coincé entre deux murs. Ce duo, et l’intensité de la baise, est fait sur mesure pour un moment d’anthologie porno. Quand Adriano Marquez se fait enculer par Dred — dans Falling Angel IV, l’incroyable film de Bruce Cam —, on sent une véritable complicité sexuelle. On dirait que le cul de Marquez dit oui à la vie tellement il semble aimer ça. La queue de Dred est si pleine, si efficace qu’on se demande pourquoi la baise n’est pas toujours comme ça, parfaite. Bien que Dred Scott ne soit pas membré autant que Kris Lord ou Jeff Stryker, la baise chez lui est plus naturelle, moins mécanique. Il a une fougue et un naturel que ses prédécesseurs n’ont jamaie eu. Dred Scott appartient à cette catégorie d’hommes qui ressemblent à leur queue, et inversement, complètement spontané, ce qui, dans le monde de la porno, est des plus rafraîchissants. Au physique, l’homme n’est pas un géant, mais sa musculature et les nombreux tatouage qui ornent son corps lui donnent un aspect massif. Et surtout, Dred est comme son sexe, il ne connaît pas l’orgueil. Pas de pâmoisons narcissiques chez lui, pas de torrent d’amour dans ses yeux quand il regarde sa queue. On est loin de l’enthousiasme adolescent d’un Jeff Stryker pour lui-même. Vive le naturel et les amours viriles !

Detour, Gorge, Tresspass, Sea Men : Fallen Angel IV, Slammer sont offerts en exclusivité dans les magasins Priape de Montréal et de Toronto, ainsi que sur le site www.priape.com.

Dred Scott orne également la couverture et plusieurs pages de l’album Fallen Angel que vient de publier les Éditions Bruno Gmünder sur les acteurs de la série du même nom produite par le studio Titan. Le livre reprend des photos érotiques des mecs jouant dans cette série, la plupart prises par le photographe Brian Mills.


Légende photo: TITANMen.com.
Cette photo de Dred Scott est tirée de Fallen Angel (Bruno Gmünder, 2002)