1947 - 2002

Jean-Pierre Perreault

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Le chorégraphe Jean-Pierre Perreault est décédé des suites d'un cancer au début décembre. Il a vingt ans quand il fait ses débuts comme danseur au Groupe de la Place-Royale, dont il deviendra un des professeurs.

De sa formation avec Jeanne Renaud ou de l'enseignement de Cunningham à New York, Jean-Pierre Perreault retiendra surtout les grands principes de liberté en s'appuyant sur la force intrinsèque de toute création chorégraphique plutôt que sur des références, des styles ou des écoles. Reconnu sur les scènes internationales, Jean-Pierre Perreault n'en continua pas moins son exploration formelle à la recherche d'un sens pluriel, éclaté, qu'il ne pouvait trouver que dans un espace géographique, pictural et sonore aussi fort que dans les déplacements des danseurs sur scène. En ce sens, l'originalité de Jean-Pierre Perreault tient dans cette conception globalisante de l'acte de création. Il y a du texte, des dessins, des aquarelles, une matière sonore, des éclairages, un cadre construit d'où vont surgir le geste et le mouvement, d'où va jaillir de l'humain. Cet ensemble n'est pas hiérarchisé, telle discipline prenant le pas sur une autre, la chorégraphie par exemple, mais participe intimement à l'acte de création. Il y a un peu plus d'un an, la Fondation Jean-Pierre Perreault s'installait dans l'ancienne église Saint-Robert-Bellarmin, à l’angle des rues Sherbrooke et De Lorimier. Une première mondiale, aimait-il rappeler avec humour. Il pouvait ainsi avoir un lieu de recherche et de répétition mais aussi une salle ouverte au public. En haut de l'ancien clocher, Jean-Pierre Perreault avait dessiné son refuge, baigné par la lumière et la vue imprenable. C'est là qu'il m'avait reçu en mars 2002 pour parler de la re-création de Nuit.

Nous y avions abordé la nécessité de créer un répertoire de la danse contemporaine montréalaise et de l'intérêt de pouvoir se représenter les classiques pour les jeunes générations. Mais surtout, Jean-Pierre Perreault reparlait de ses doutes, de ses longues périodes de dépression, de ce besoin de s'exiler par les voyages. Le tout traversé par les éclairs de création qui le poussaient encore et encore vers la scène. Si assuré dans ses choix artistiques et si démuni devant sa quête personnelle d'artiste, Jean-Pierre Perreault se projetait déjà dans la prochaine création que la maladie ne lui permettra pas de concrétiser.

 

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Jean-Pierre Perreault

De sa formation avec Jeanne Renaud ou de l'enseignement de Cunningham à New York, Jean-Pierre Perrea (...)

Publié le 19 décembre 2002

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