La CTS de Cadillac

La métamorphose de Cadillac

Denis-Daniel Boullé
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Que peut-on faire avec une Cadillac pendant toute une fin de semaine ? Se promener tranquillement à la manière d'un préretraité dans les Cantons-de-l'Est et flâner chez les antiquaires? Voilà l'image traditionnelle que renvoyaient ces immenses paquebots luxueux mais un peu patauds de General Motors. En 1996, la moyenne d'âge des acheteurs d'un véhicule Cadillac était de 55 ans, et ils affichaient un revenu annuel de 100 000 $. Si depuis deux ans, les Cadillac Seville et DeVille ont amorcé un virage technologique salué par la critique spécialisée, les performances en nette amélioration et la tenue de route impeccable sont passées inaperçues aux yeux des profanes. Le look des deux fleurons de la marque trahissait trop l'image pépère du fabricant par leur imposante banalité. Avec la toute nouvelle CTS, General Motors tourne la page de façon radicale. On peut comprendre les relationnistes de cette marque de vouloir approcher la clientèle gaie et lesbienne, et plus précisément ceux et celles qui lorgnent du côté des modèles d'attaque de Mercedes classe E, Audi A6, BMW Série 5, Jaguar Type S, Acura RL, Lexus GS 300 et Volvo S80. La CTS attire le regard par ses lignes acérées et anguleuses. La calandre - typique de la marque - encadrée par des phares verticaux et soutenue par d'épais boucliers donne le ton : agressivité et sécurité. Les lignes tendues aux arêtes vives fuient vers une poupe ramassée et confèrent à la CTS un équilibre remarquable avec quelques faux airs de coupé. On peut féliciter les designers de chez Cadillac de ne pas avoir copié le style des constructeurs allemands pour donner au nouveau bébé de la marque une personnalité forte et audacieuse. Mais encore faut-il que le ramage soit à la hauteur du plumage. Et deuxième bonne surprise, une fois derrière le volant, les sièges sont enveloppants, les commandes tombent naturellement sous les mains, les instruments de contrôle sont lisibles au premier coup d'œil, le petit volant à trois branches gainé de cuir et de bois vous invite au décollage. Et le mot n'est pas trop fort. Nul besoin d'appuyer sur la commande sport accouplée à la transmission automatique pour ressentir, dès le démarrage, le potentiel du moteur V6 de 3,2 litres. La CTS colle littéralement à la route, répond avec agilité et sécurité à toutes les sollicitations du conducteur, le tout dans un remarquable silence de roulement qui traduit la qualité de fabrication et d'assemblage.

Une fin de semaine avec la CTS donne au journaliste la possibilité de tester la polyvalence d'une auto. De nuit, sur l'autoroute, sur les petites routes bordant le lac des Deux-Montagnes, en ville, dans les embouteillages d'un vendredi après-midi sur Décarie, sur les routes défoncées des parcs industriels de Pointe-Claire, l'essayeur peut pousser les limites du véhicule tout en respectant les limites de vitesse imposées. La CTS devient alors une indispensable compagne tant elle offre confort et plaisir de conduite, quelles que soient les conditions de circulation, l'état du revêtement des routes ou les conditions climatiques. Équipée de l'antipatinage, d'un circuit de freinage antiblocage, d'une nouvelle version du dispositif de stabilité Stabilitrak, pour la CTS groupe sport, ainsi que d’une direction à assistance variable, la CTS réussit le tour de force de ne pas gommer les sensations de conduite, bien au contraire. Un ordinateur de bord, sur la console centrale, livre un certain nombre de données sur la consommation et l'état des systèmes de la voiture ainsi que d'autres paramètres. Il demande quelques heures de lecture du manuel pour en optimiser l'utilisation. L'ordinateur peut en option être remplacé par un système de navigation à commande vocale.

La liste des équipements est impressionnante pour faciliter la vie à bord. La sécurité passive a particulièrement été soignée, avec six sacs gonflables, dont quatre latéraux, et une cage de sécurité en acier enveloppant l'habitacle. La fiche de notation de la CTS est presque parfaite. On regrette seulement que l'imposante console centrale légèrement orientée vers le conducteur soit recouverte d'un plastique indigne du reste des matériaux utilisés. Enfin, et bien que la CTS ne déroge pas à la tendance généralisée, la visibilité arrière est limitée par une lunette arrière trop petite, par la présence des appuis-tête et par des montants de custode trop larges.

Proposée à partir de 39 000 $, la CTS de Cadillac risque fort de devenir La référence dans son segment. Les européennes et les japonaises risquent de l'apprendre…à leurs dépens.
La Cadillac CTS essayée était une gracieuseté de General Motors du Canada Limitée.