La danse et le ballet

Plus que quelques pas de danse

Denis-Daniel Boullé
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Dire que Montréal est devenue la plaque tournante internationale de la danse contemporaine est un cliché. Il ne se passe pas une saison sans que des chorégraphes québécois ou invités contribuent à façonner l'art du geste et du mouvement pour mieux nous surprendre et nous ravir. Cette saison, comme les précédentes, verra son lot de créations mais aussi de reprises, de Jean-Pierre Perreault, à Édouard Lock, de Ginette Laurin à Hélène Blackburn. Mais ce sera aussi l'occasion d'accueillir des compagnies et des chorégraphes étrangers, du Japon, du Brésil, d'Argentine, ou simplement d'Ontario et de Colombie-Britannique. Danse Danse ! pour sa cinquième édition, accueillera au cours de la saison pas moins de neuf compagnies. Pour cet automne, le Toronto Dance Theatre ouvrira le bal, du 19 au 21 septembre, au Centre Pierre-Péladeau, avec la plus récente pièce de son directeur artistique, Christopher House, Persephone's Lunch, un spectacle inspiré par la célèbre épopée d'Homère. Suivra du 9 au 19 octobre, et en collaboration avec l'Agora de la Danse, Courage mon amour d'Hélène Blackburn, la chorégraphe montréalaise, qui a fait sa marque par une danse fougueuse et physique, où les interprètes sont autant comédiens que danseurs. Grupo Corpo, une compagnie brésilienne de 19 danseurs sous la direction de Rodrigo Pederneiras, se produira pour la première fois à Montréal, du 14 au 16 novembre, à la Place des Arts, dans deux œuvres où s'entremêlent le ballet, la danse afro-brésilienne et le jazz. L'année se terminera avec le Haman/Navas Project, du 28 au 30 novembre, au Centre Pierre-Péladeau. José Navas, qu'on ne présente plus, danse sur la musique de Benjamin Britten interprétée par Walger Haman. Une étrange communion s'installe entre le musicien et le danseur, pleine de poésie, de sensualité et de mystère.

Le Festival International de la Nouvelle Danse acceuillera, du 9 au 12 octobre prochain, le spectacle Luna de Ginette Laurin (O Vertigo) au Monument-National, qui a reçu un accueil triomphal à l'automne 2001. Dans sa recherche de la décomposition de la mécanique du corps du danseur, Ginette Laurin a fait appel aux nouvelles technologies, aux projections vidéo et à d’immenses loupes sur scène.

À l'Agora de la Danse se succéderont Lola MacLaughlin, Jean-Pierre Perreault et Jocelyne Montpetit. Du 26 au 28 septembre, l'Agora accueille la chorégraphe Lola Dance de Vancouver, avec Volio, une œuvre pour trois danseuses. En première mondiale, Jean-Pierre Perreault présentera, dès le 23 octobre et jusqu'au 2 novembre, Les Petites Sociétés, un choix de duos puisés à même ses créations des vingt dernières années. Du 6 au 9 novembre, Jocelyne Montpetit reprendra La Femme des sables, un solo donné quelques mois à peine après l'immense succès remporté lors de sa création.

À l'Usine C, Danièle Desnoyers et sa compagnie, Le Carré des Lombes, livrera sa toute dernière création, une œuvre pour six danseurs sur la musique baroque de Giuseppe Tartini et celle, contemporaine, de Nancy Tobin.

Mais la danse à Montréal ne serait pas complète sans un détour par les Grands Ballets canadiens qui, outre l'incontournable Casse-Noisette du temps des fêtes, présenteront en octobre, Le Songe d'une nuit d'été, sur une chorégraphie de John Alleyne et la musique baroque de Purcell, avant d'accueillir la Compania Nacional de Danza de Madrid, avec son incomparable chorégraphe et danseur, Nacho Duato, dans Multiplicité : Formes du silence et du vide, une évocation poétique de la vie et de l'œuvre de Jean-Sébastien Bach.