Luxe, calme et volupté

Volvo S80

Denis-Daniel Boullé
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À force de privilégier la sécurité, Volvo en avait presque oublié le plaisir de conduire. En 1999, le constructeur suédois passé sous la coupe de General Motors remplaçait son vaisseau amiral par la S80. Fini la silhouette carrée sans finesse, la propulsion chère à la marque, la présentation fonctionnelle mais austère, fini aussi cette sensation de rouler en utilitaire de luxe. La S80 a conservé toutes les qualités qui ont fait le renom de Volvo et a gagné en agrément de conduite. Une américanisation réussie en somme. Esthétiquement, on reconnaît la S80 au premier coup d'œil. La découpe profilée de la carrosserie, qui se termine comme la poupe d'un bateau, signe la nouvelle ligne de Volvo que l'on retrouve aujourd'hui aussi sur les S60 et les V70. Les trois vitres latérales allongent la ligne et lui donnent de vrais airs de limousine. D'emblée, on sait qu'avec la S80, on joue dans la cour des grands, celle des propriétaires de BMW, d'Audi, de Mercedes et de Jaguar. À peine la portière ouverte, cette impression se confirme. Tout est calculé pour que conducteur et passagers se retrouvent dans un salon roulant avec toutes les commandes les plus essentielles à portée de la main. La large console inclinée et légèrement orientée vers le conducteur est facilement accessible aussi bien pour régler la climatisation que la radio. La S80 dispose de tous les équipements dignes d'une berline de luxe. Tout est fait pour que le pilote et le passager trouvent la meilleure position pour un long voyage. L'assise et le dossier des sièges se règlent dans tous les sens et procurent un confort dont beaucoup d'autres constructeurs pourraient s'inspirer. Enfin une auto qui se conforme à votre type de morphologie et sans nécessiter au préalable un stage un mois pour vous familiariser avec les manipulations. La banquette arrière, qui se rabat pour accroître l’espace de chargement du coffre déjà volumineux, est confortable et permet d'accueillir trois passagers avec assez d'espace pour les jambes, même des plus grands. Les occupants sont dorlotés.

À l'arrêt, la S80 en impose. Reste à savoir si, sur la route, le premier verdict de satisfaction sera confirmé. Après tout, la recherche du confort implique parfois un comportement nonchalant, reproche souvent fait aux modèles de luxe américains, conçus davantage pour les autoroutes entre deux aéroports que pour une conduite de tous les jours. La S80 a troqué la propulsion pour une traction avant, avec deux moteurs, un 6 cylindres transversal conventionnel et un 6 cylindres biturbo de 2,8 litres. Le modèle essayé était équipé du premier, un peu plus sage. Il possède les ressources suffisantes pour conduire rapidement et rivaliser avec la concurrence directe, et le tout dans un silence remarquable. Pas besoin de toujours augmenter et diminuer le volume de la radio entre deux feux. La direction se durcit en fonction de la vitesse, agrément indispensable en conduite dite sportive, et les freins bénéficient d'antiblocage et d'antipatinage. Pour plus de sécurité encore, la S80 bénéficie de coussins gonflables frontaux, latéraux et au plafond. L'aiguille du compteur nous rappelle que le silence de fonctionnement et la stabilité de l'auto peuvent nous faire rapidement oublier les limitations de vitesse. On se surprend rapidement à frôler les 160 km/h sans avoir à élever la voix pour parler à son voisin, sans avoir à s'accrocher fermement au volant pour maintenir le cap. On pressent que l'on pourrait aller encore plus loin sans aucun effort, ni pour le pilote, ni pour le moteur. Du beau travail.

Facile à manier, la S80 répond à toutes les sollicitations demandées, à condition de ne pas trop la malmener. Elle n'est pas une sportive et laisse apparaître ses limites. En ville, il ne faut pas oublier son encombrement. Lors de manœuvres, la visibilité arrière est médiocre, même après avoir rabattu les appuis-tête arrière, les vitres de custode ne sont pas d'une grande aide.

La S80 est un très bon choix pour ceux qui privilégient avant tout la robustesse et le confort plutôt que l'engouement un peu surfait pour les modèles allemands. Et pour un prix légèrement inférieur. Si vous pensez que le véritable luxe n'est jamais ostentatoire, alors vous êtes fait pour Volvo, pour la S80.

La S80 essayée était une gracieuseté de Volvo Brossard, 9405,boul. Taschereau, à Brossard. Tél. : (450) 659-6688.