Du 3 au 7 juillet 2002

Une galerie à ciel ouvert!

André-Constantin Passiour
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Troisième édition déjà pour ce plus jeune festival montréalais qui vise la promotion des arts visuels. Le Festival des arts du Village, avec plus de 150 artistes, offrira à la population un éventail très varié de styles et de genres. Animations, spectacles, performances et arts de la scène seront aussi au rendez-vous de ce copieux programme.

Chevauchant la fête américaine de l'Indépendance, soit du 3 au 7 juillet, le Festival des arts du Village se déroulera sur la rue Sainte-Catherine Est, qui se parera des couleurs des oeuvres créées par les artistes et par les parasols des terrasses installées ici et là par les restaurateurs et cafés. Comme pour les deux précédentes éditions, l'artère sera fermée entre Saint-Hubert et Papineau pour permettre ainsi aux gens de se détendre en rencontrant les artistes et artisans.

Arts en montre
Sous un chapiteau unique, dans le petit parc au coin d'Amherst, une vingtaine d'artistes professionnels sont regroupés pour le Symposium d'art Artishow. De l'abstrait au figuratif et du contemporain au classique renouvelé, la peinture s'exprime selon plusieurs déclinaisons et en de multiples teintes. La sculpture y a aussi une place. On pourra y admirer, entre autres, les oeuvres de Anne Drouin (aux fleurs sublimes), de René Lalonde avec ses couleurs lumineuses, de Danielle, Lorraine et Sylvie Schoeb, trois soeurs sculpteures, ou celles de Michel Sylvain, un couple gai qui vit et peint à la campagne des paysages en hauts-reliefs, ou encore le travail de Michèle Kramer qui réinvente un peu les paysages croqués dans les Cantons de l'Est. Un symposium à goûter... des yeux.

Autre arrêt, la galerie temporaire surnommée Le Musée des Beaux Lézarts (située au 1331, rue Sainte-Catherine Est) où l'on visitera l'expo Entre la magie et la panique! Ce lieu sert à présenter un art que l'on ne peut, sous peine de choquer les âmes sensibles, exposer dans la rue. Comme on l'aura sûrement deviné, il s'agit ici d'art érotique ou plus osé à tout le moins. C'est là que l'on retrouvera les photos réalisées par Paulo Finocchi, dans sa section "Interdit" (voir article en page 89). Les œuvres d'Yvon Goulet et d'autres seront aussi honorées en ce lieu qui prendra, par moments, des allures de café underground ou de cabaret surréaliste. La galerie sera ouverte de 13h à 20h et l'entrée libre.

Bien entendu, c'est les kiosques des artistes dans la rue qui vont, au départ, attirer l'attention du passant. Sur les plus de 100 artistes peintres, photographes, sculpteurs, etc., on reconnaîtra le travail de certains créateurs familiers de la communauté gaie et lesbienne. Le sympatique et coloré Hermès sera de retour (avec les toiles représentant son personnage "Denis Décembre"), de même que Gent (Gerald Grant), un jeune artiste que l'on a découvert l'an dernier, ainsi que Anne-Marie Labelle, qui viendra présenter ses livres (et photographies) sur les couples gais et lesbiennes. Roger Thibault, l'un des deux membres du célèbre couple de Pointe-Claire, y présentera ses photos tout en sensibilité. Mais ce sera aussi l'occasion de découvrir ou de revoir les créations d'artistes un peu moins connus, tels que Pierre Boisvert, Sylvain Bolle, Gisèle Desilet, Jean-Guy Laplante, Lessart, François-C. Mercier, Ricardo Olivarez et Siou, entre autres. Un des photographes de Fugues, Alain Bonnes, sera dans la rue pour croquer les festivités, mais aussi pour faire connaître ses œuvres. Plusieurs commerçants, comme en 2001, ont ouvert leurs vitrines et leur espace aux artistes pour y accrocher des œuvres et leur donner ainsi une visibilité accrue.

Une animation étonnante!
Comme l'année passée, le Parc de l'Espoir sera le théâtre de créations inusitées. Pour les besoins de la cause, l'instant du festival, il sera transformé, transfiguré en Asile aux Arts, une sorte de havre, de refuge où l'on observera des artistes en train de créer des costumes, des maquillages et des peintures, à même le corps des performeurs, et ce, chaque jour, de 13h à 19h. Louis Guillemette et sa Tribu Urbaine, les performeurs de Séro Zéro et les percussionnistes Éric Laprade et Ila participeront à ces rituels étranges. Le DJ Lou K y insufflera le rythme par ses musiques endiablées. Échassiers, cracheurs de feux et autres personnages insolites, de l'agence internationale ASC, se joindront au groupe pour qu'ensuite, vers les 17h, tout ce beau monde s'ébranle en un cortège mystérieux pour sillonner, en musique, en danse, etc. le parcours du festival. Rhina, jeandenis, André de Pelteau et Luigi y seront pour confectionner costumes, masques... sous les regards des curieux. Portant des masques, de grandes capes aux capuchons multicolores, le groupe de six Marchands de Venise déambulera aussi sur la rue. Ne s'exprimant qu'avec leurs mains, comme les sourds et muets, ils observeront les gens, s'assoieront aux terrasses ou encore entreront chez les marchands afin d’interragir avec le public.

D'autres groupes, tels Les Emprunters, soit Alain et Benoît, qui se déguiseront de manière différente chaque jour, Les Hot Mémés (formé de trois personnages) de la troupe Mobile Home et les magiciens du Ier Festival de la magie de Montréal, mettront de l'entrain et amuseront passants et artistes à la fois, lors de leurs promenades.

Le coup d'envoi de ce IIIe Festival des arts du Village gai sera donné le matin du jeudi 4 juillet. À 11h, on coupera le ruban en compagnie d'invités à l'angle des rues Sainte-Catherine et Amherst. Il va sans dire que cafés, fruits et petits canapés seront servis au son d'un groupe jazz. La veille, le 3 juillet, le public et les artistes sont conviés à un Cocktail de bienvenue au Drugstore. Il y aura là du body painting, la présentation du dernier vidéo de Séro Zéro et une performance de danse par la troupe de Séro Zéro. Le dimanche 7 juillet, en guise de clôture, les organisateurs ont pensé à un Grand Tea Dance, dans la rue. Ainsi, les bars, clubs et autres commerces qui le désirent mettront de la musique en fin d'après-midi. L'artère sera ainsi métamorphosée en piste de danse où les styles musicaux diversifiés feront bouger les visiteurs jusqu'à 23h. Ce sera donc une galerie à ciel ouvert qui s'étendra sur pas moins d'un kilomètre, comme aiment à le dire les organisateurs... On s'attend à ce qu'environ 200 000 personnes visitent le site du festival. Espérons seulement que Dame Nature, elle, soit aussi de la partie pour nous baigner de soleil, de chaleur et d'une douce brise, enfin!