Exposition de Pascal Forest

La passion du nightlife!

André-Constantin Passiour
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Photographe dans la jeune vingtaine, Pascal Forest aime la vie nocturne, particulièrement celle dans le Village. Or, que retrouve-t-on dans tous les villages gais du monde entier? Des bars présentant des spectacles de drag queens ou de danseurs nus! Après plusieurs mois de travail, Pascal Forest s'ouvre sur le monde avec son exposition intitulée Une nuit dans le Village, au Roy d'Carreau. Juste avant que ne débute le Festival des arts du Village, soit jusqu'au 30 juin, la galerie du Roy d'Carreau Guest House hébergera plus d'une trentaine de photos de Forest, dont celles d’une vingtaine de danseurs du bar Campus. Dans la série des drag queens, il présente essentiellement des photographies tirées de son exposition précédente, Un été Dragqueeneste, où l'on retrouve des personnages incontournables tels Mado et Nana, mais qui, parfois, sont photographiés sous un nouvel angle. On y voit, notamment, Mado déguisée en presque "dominatrix", vêtue d'un harnais de cuir!

À la fin de ses études collégiales au cégep de Matane, en 1999, Forest débarque à Montréal. Quelques mois plus tard, il commence à prendre des photos dans le Village. "Même si j'ai terminé mes études récemment, j'ai presque toujours fait de la photo, explique Pascal Forest. J'ai fait des photos de spectacles, de comédies musicales, de théâtre, etc. Je suis attiré par le mouvement, par tout ce qui bouge. J'aime aussi faire de la photo du nightlife parce que j'ai beaucoup de plaisir avec les gens et que le clubbing est un monde intéressant. J'ai rencontré Nana l'an dernier et j'ai voulu travailler avec elle. Je les ai donc suivies, elle et Mado, dans leurs spectacles, y compris aux festivités de la fierté gaie. J'ai d'ailleurs exposé ces photos-là dans des cafés et des restos du Village."

Ensuite, il s'attaque aux danseurs nus. Un milieu qui n'est pas aussi facile qu'on le croit. Les danseurs hésitent souvent à se faire photographier "parce qu'ils ne veulent pas crier sur tous les toits qu'ils font ce métier-là. Ils le font pour gagner un peu d'argent, et ce n'est un "à côté" qu'ils ne veulent pas nécessairement ébruiter", ajoute M. Forest. Patiemment donc, il s'est pointé chaque semaine, caméra sous le bras, au concours le Garçon d'honneur du Campus. Cela a duré plus de deux mois, mais il a réussi à convaincre plusieurs de se laisser photographier pour une exposition. Ces photos sont donc d'une grande sensualité sans être pour autant érotiques. "J'ai un style qui est artistique, je surexpose mes images pour relever les contrastes. Je n'utilise jamais de flash parce que j'aime donner de la profondeur aux photos et refléter l'ambiance, les mouvements des corps des danseurs et les éclairages", dit-il. Cependant, cela ne se termine pas là. Forest va poursuivre son travail et photographier ainsi les drag queens lors de la légendaire soirée Mascara: La Nuit des drags, à Divers/Cité et lors de leurs nombreuses activités estivales. Si le Taboo et le Stock lui ouvrent leurs portes, Pascal Forest en sera comblé. Il tente sa chance avec le concours M. Taboo 2002. Pour lui, c'est une sorte de work in progress, d'œuvre évolutive, qui se complète et se renouvelle constamment. Il aimerait d'ailleurs pouvoir présenter ses photos en régions et, éventuellement, partir faire des photos du nightlife d'autres villages gais : New York, Paris... Pourquoi pas, en autant qu'il revienne nous les montrer...

Le Roy d'Carreau Guest House est situé au 1637, rue Amherst, Montréal. Info: (514) 524-2493 ou www.leroydcarreau.com. Galerie ouverte du mardi au samedi, de midi à 18h.