Jean-Bernard Hébert et le théâtre d'été

Pour se faire plaisir!

André-Constantin Passiour
Commentaires
Voilà 17 ans que le comédien Jean-Bernard Hébert monte ou produit des pièces de théâtre d'été. Mal vu à une certaine époque, le théâtre d'été a maintenant sa place dans le coeur des Québécois et dans la communauté artistique. Les œuvres et les comédiens y sont de qualité, tandis que le public visiteur saupoudre 25 millions $ sur les régions. Cet été donc, Jean-Bernard Hébert présentera deux œuvres remarquables, et ce, avec la complicité de Michel Tremblay. Jean-Bernard Hébert ne tarit pas d'éloges pour les pièces produites un peu partout dans la province pendant la saison estivale. Président de l'Association des producteurs de théâtre privé (APTP), qui rassemble une trentaine de théâtres d'été, le comédien croit que ce regroupement a contribué à améliorer la qualité des pièces. "L'APTP signifie que tous ceux qui sont engagés sont des professionnels, que les employés sont membres de syndicats et que les artistes sont de grande qualité et qu’ils ont fait leur preuve", indique-t-il. M. Hébert parle aussi du respect et de la reconnaissance des comédiens et de l'importance de bien les payer. "Je les traite aux petits oignons, avec de petites attentions. C'est pour cela que des artistes tels que Janine Sutto ou Raymond Bouchard reviennent lorsque je le leur demande, ils savent qu'ils seront bien traités", ajoute-t-il. Et à voir les deux pièces qui seront jouées, on ne doute pas du calibre ni des textes, ni des artistes. Dans un cadre champêtre à Saint-Marc-sur-Richelieu, sur le bateau-théâtre L'Escale, la comédie policière de Robert Thomas, Piège pour un homme seul, réunit sur scène les comédiens Jean-François Casabonne, Raymond Bouchard, Jean-Bernard Hébert, Marie Charlebois, Donald Pilon et Janine Sutto. "Piège pour un homme seul est un thriller policier sur un mode majeur, souligne-t-il. La pièce se passe originalement en France, mais Michel Tremblay l'a adaptée au Québec rural, à North-Hatley, au début de la Révolution tranquille. Les personnages sont donc très colorés. Le texte de Thomas est de la trempe d'Agatha Christie ou de Hitchcock, où les coups de théâtre se succèdent les uns après les autres, et ce n'est qu'à la toute fin que l'intrigue se dénoue."

La mise en scène de cette œuvre a été laissée à Peter Batakliev, un jeune homme d'origine bulgare arrivé au Québec il y a dix ans. "Comme réfugié, il n'avait qu'un seul sac et 60$ dans ses poches, et je suis sûr que, d'ici deux à trois ans, les compagnies théâtrales voudront se l'arracher, et il ira loin", commente M. Hébert. Piège pour un homme seul sera jouée jusqu'au 31 août.

Michel Tremblay a également trempé dans Les Leçons de Maria Callas, puisqu'il en signe la traduction. Cette pièce de Terrence McNally est un véritable classique. On retrouve là une Maria Callas diminuée physiquement, qui n'a presque plus de voix. Callas, la diva, est au bout de son art. "Comme moi, Terrence était un amateur de Callas, rajoute-t-il. Il a donc construit une structure dramatique près de la réalité, avec de l'humour savant qui demande un peu de concentration de la part du spectateur, un humour qui est un peu noir par moments. Dans son déclin, Callas veut passer son art aux jeunes, mais elle sent que sa mort est proche [...]." La distribution comprend Louise Marleau, Joane Bellavance, Carlos Ruiz, Anne-Sophie Armand, Patrick Ouellet et Nicolas Létourneau. Jacques Rossi est à la mise en scène. Dans le cas de Louise Marleau, c'est un retour sur scène après une absence prolongée.

Les Leçons de Maria Callas sera présentée du 21 juin au 31 août au Théâtre de la Dame Blanche, au Parc de la Chute-Montmorency.