Les militaires

Claudine Metcalfe
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Bien que l’armée soit supposée être un lieu non discriminatoire à la suite de nombreuses batailles juridiques, la réalité est toute autre. La mentalité est encore de croire qu’un gai ne saura pas combattre aussi bien qu’un straight, que s’il a son chum au front, le sentiment amoureux dépasserait celui de la patrie, mettant ainsi ses collègues en danger. Il y a aussi des lesbiennes dans l’armée, mais elles se cachent tout autant que les hommes. Doublement discriminées, elles préfèrent souvent cacher leur orientation. À part deux exceptions en l'an 2000, jamais des militaires lesbiennes n'ont démontré quelque intérêt que ce soit envers l’Association des militaires gais et lesbiennes. En 2001, un 5 à 7 organisé dans un bar pour lesbiennes à Québec n’a eu aucune participante et, à Montréal, une douzaine de lesbiennes se sont présentées au Drugstore et aucune n’a participé à la parade de la fierté. "Pourtant, nous les invitons à se joindre à nous! J’ai même entendu des reproches de lesbiennes spectatrices lors du défilé 2001 car nous n'étions que trois militaires mâles! ‘’Où sont les lesbiennes dans votre organisation?‘’ criaient-elles. J’étais déçu", explique le président de l’Association qui préfère garder l’anonymat. Il en connaît pourtant plusieurs dans l’armée qui devraient se joindre à la quarantaine de membres que regrtoupe l’Association. Pour le président, l’homophobie et le désir d’avancement obligent presque tous les militaires à se taire sur leur orientation. C’est plus prudent pour certains, quoique de plus en plus, les militaires gais et lesbiennes s’affichent. C’est le cas de Josiane, de Sherbrooke, qui sans le crier tout haut, ne s’invente pas une double vie. Délinquante à l’adolescence, elle a été forcée par le juge à s’inscrire dans l’armée, "Je n’étais pas bien nulle part. Je fuguais de tous les centres, des familles d’accueil. J’ai 22 ans maintenant et, depuis que j’ai 18 ans, je suis dans l’armée. J’ai appris beaucoup sur moi, sur la vie. Au début, je ne le disais pas. Puis, peu à peu, j’ai fais confiance et je n’ai pas eu de représailles. Je ne fais pas de coups d’éclat là-dessus, mais je ne me cache pas trop" dit-elle. La prochaine activité de l’association est à Québec, le samedi 25 mai, pour un autre 5 à 7, au Bar Le Drague, à la Zone 3, en haut. Prix de présence et solidarité seront au rendez-vous. N’hésitez pas à leur écrire si vous désirez de plus amples informations. Leur site web, alimenté par bien des militaires bénévoles dont deux lesbiennes, contient énormément d'information. On le retrouve au site www.algi.qc.ca . Claudine Metcalfe