Les journalistes

Claudine Metcalfe
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Aimeriez-vous que votre lecteur de téléjournal, le commentateur sportif ou celle qui vous livre la météo portent l’épinglette de la fierté? Seriez-vous mal à l’aise? Trouvez-vous l’idée exagérée? Plusieurs membres de l’Association Nationale des journalistes gais et lesbiennes en ont discuté, sans pour autant faire du outing, ni pousser l’idée jusqu’à faire des demandes aux réseaux, mais certains confrères ont été approchés. Mais ils ont refusé, de peur que les auditeurs pensent que la nouvelle serait biaisée. Il y a déjà tellement de difficulté à avoir des journalistes indépendants à cause, entre autres, de la concentration de la presse, s’il fallait qu’en plus on les voit comme des militants gais, ça causerait un problème. Richard Burnett, porte-parole de l’Association, n’a pour sa part jamais eu de difficulté au magazine Hour où, au fil des années, il a débuté une chronique gaie, la première du genre au Canada. Cette colonne est extrêmement populaire et sa place n’a jamais été mise en doute. À quand une telle chronique dans la presse francophone? Hour a toujours été partie prenante et a été un réel soutien pour la communauté gaie de Montréal. Selon Richard Burnett, "les journalistes gais et lesbiennes de Montréal n’ont pas trop de difficulté à assumer leur homosexualité au travail parce que c’est un milieu très libéral. Je parle des journalistes entre eux, pas du discours des médias qui demeure très conservateurs. J’ai la chance de travailler dans un média alternatif". Il arrive des anecdotes cocasses. Par exemple, après avoir écrit un article sur les saunas et le style de vie des gais pour le quotidien The Gazette, il n’y avait pas de photographe dans les employés réguliers qui voulait aller faire les photos! "Voilà un cas qui exprime le malaise des hétérosexuels face à nos quotidiens", raconte Richard. Quand quelqu’un a déjà fait sa sortie dans son milieu de travail, plusieurs problèmes sont par la suite évités.