Dire enfin la violence : encore sur les rails

André-Constantin Passiour
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Malgré les rumeurs qui courent, Dire enfin la violence (DELV) n'a pas mis la clef sur la porte. Il est vrai que les services sont au minimum, mais on ne détournera pas la tête d'une victime. On est cependant à repenser la structure de l ‘organisme pour éviter les dédoublements avec d’autres organismes déjà existants et à développer des services nécessaires à la population.Si l'organisme existe encore, c'est bien parce que son conseil d'administration et sa coordonnatrice, Michelle Lamoureux, ont de l'espoir et ne baissent pas les bras. Force est de constater que les coffres sont presque vides, que, des deux stagiaires, il n'en restera qu'un, en janvier, et qu'il n'y aura suffisamment de budget que pour une coordonnatrice à temps partiel. De leur côté, les bénévoles et les membres du CA sont prêts à mettre l'épaule à la roue et à consentir temps et efforts.

"Étant donné l'état des finances, on n'avait pas de choix. L'important, c'est qu'il y ait du monde pour répondre aux victimes et les diriger vers des ressources existantes. (...) On va prendre le temps et restructurer l'organisme. Depuis le début, DELV avait été structuré pour fonctionner avec 5 ou 6 employés, mais ce n'est pas possible. Les subventions ne sont pas récurrentes et ne nous permettent pas d'avoir autant d'employés.

Il nous faut donc repenser notre façon de faire et nous associer avec des partenaires comme les CLSC ou encore les postes de police de quartiers", commente Mme Lamoureux. L'objectif de cette restructuration, c'est de garder en vie le groupe et de recentrer les énergies de l’équipe sur ce dont les gais et lesbiennes ont besoin. "Les gens du conseil d'administration ont fait le saut lorsque je leur ai dit qu'il n'y avait rien pour les hommes gais victimes de violence conjugale, continue Mme Lamoureux. S'il faut les sortir de chez eux, on n'a pas des ressources. Si la personne n'a pas d'argent, il nous est même difficile de lui proposer de l’hébergement de dépannage." DELV possède des statistiques étendues sur cinq ans et qui dorment. L'organisme a donc besoin de compiler des données pertinentes par type de cas (violence par des jeunes, violence conjugale, etc.) et de demander des subventions pour des interventions spécifiques.

Donc, dans les semaines à venir, le groupe recherchera des personnes intéressées à colliger ces statistiques. "On parle de plus en plus de mariage, d'union civile officialisée, cependant, du côté des ressources pour s'occuper de conjoints violentés, il n'y a rien. On se doit de le prévoir, comme on l'a fait pour les femmes", indique Michelle Lamoureux. On désire aussi demander des budgets pour des interventions auprès des jeunes qui, semble-t-il, constituent la majorité des agresseurs des gais et lesbiennes. "Je sais que ce n'est pas gagné d'avance, mais j’ai la conviction que l'organisme répond à un besoin pour la communauté et qu'il faut continuer", de terminer Mme Lamoureux. L'organisme espère recevoir quelques sous de la Ville de Montréal et du député André Boulerice. Pour être plus autonome aussi, Dire enfin la violence a changé de numéro de téléphone. On peut donc les joindre maintenant au (514) 816-9585.

 

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Dire enfin la violence : encore sur les rails

"Étant donné l'état des finances, on n'avait pas de choix. L'important, c'est qu'il y ait du monde p (...)

Publié le 10 janvier 2002

par André-Constantin Passiour