La Cité Mère

Cape Town

André Roy
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Elle est appelée la Cité Mère. C’est la capitale la plus accueillante de toute l’Afrique du Sud pour les gais et les lesbiennes. C’en est aussi la plus magnifique, car elle occupe un site d’une rare beauté par ses montagnes, ses plages donnant sur l’océan Atlantique et son ciel d’un bleu éclatant. C’est Cape Town (ou Le Cap) qui, depuis la fin du régime de l’apartheid, est la plus visitée par les touristes.

Même si elle est par sa taille le quatrième centre urbain du pays, elle demeure la ville la plus cosmopolite et la plus sophistiquée, souffrant moins que les autres de la violence (on compte à Johannesburg, par exemple, trois fois plus d’homicides qu’à New York, soit plus de 20 000 annuellement!).

Située au pied des pentes abruptes de la Table Mountain, appelée ainsi à cause de son sommet plat comme le dessus d’une table, Cape Town est la plus ancienne ville sud-africaine; elle a été fondée au XVIIe siècle. Elle n’a cependant rien à voir avec l’Afrique profonde, celle des steppes illimitées, des pluies tropicales, des bêtes sauvages et des lointains tam-tams. Son climat est méditerranéen, généralement chaud, ensoleillé et sec, ses paysages éblouissants, sa végétation unique, ses plages superbes, ses hôtels confortables, ses restaurants nombreux et ses nuits exubérantes. Quoiqu’elle soit divisée en plusieurs quartiers, la ville est en fait organisée en deux grandes zones : le City Bowl et le Victoria & Alfred Waterfront.

Le City Bowl désigne le centre de la ville où les touristes peuvent jouir d’hôtels haut de gamme, d’une large variété de restaurants et d’une vie nocturne animée. Le quartier gai est situé au sud du City Bowl, en haut de la rue Buitengracht, dans un ancien arrondissement industriel, le Green Point. Les marques du passé encore visibles sur les façades et les murs de certains édifices rendent le quartier peu avenant, mais il est en train d’être revampé.

J’y ai découvert un restaurant sympathique dont les plats locaux et internationaux sont excellents, le Manhattan, sur Upper Waterkrant Street. L’endroit se transforme le soir en bar, un peu comme le Sky à Montréal, mais dans un décor moins design. Le Gorgeous, un restaurant situé dans le centre, sur Loop Street, est reconnu pour être le rendez-vous des vedettes du théâtre et de la télé; et ses brunchs sont fins et délicieux. Les cafés-bars sont nombreux et très fréquentés. Je signale le Lola, sur Long Street, avec sa musique alternative; il est ouvert jusqu’à très tard la nuit. Le Priscilla’s Café Bar, sur Loop Street, est petit et exquis, et l’accueil y est chaleureux. Pour les rencontres, on m’a dit que le Bar Soho, sur Somerset Street, est parfait. Pour danser, il y a le Bronx Action Bar. Cette boîte, au coin de Somerset et Napier, a une atmosphère énergique et est fréquentée par une clientèle mixte. Mais le Club 55, sur un autre coin de Somerset et Napier, est encore plus électrisant; si vous y êtes le 31 décembre, vous n’oublierez plus jamais votre nuit. Le Bar Code, sur Hudson Street, est dédié aux adeptes du cuir et du jean, avec tables de billard et vidéos pornos, le cliché quoi! Les lesbiennes ont moins de choix. Mais il y a, rien que pour elles, le Brenda’s Bash, ouvert dans le quartier Milnerton, pour un immense party le premier samedi de chaque mois; c’est malheureusement loin du centre. Je n’ai découvert qu’un seul sauna, The Hothouse, sur Jarvis Street, au style européen, grand, propre, avec bar et restaurant, c’est-à-dire très différent des saunas montréalais. Comme tous les lieux gais, il est fréquenté en majorité, pour ne pas dire exclusivement, par des Blancs, qui sont plutôt blonds, grands, costauds (sans être musclés pour autant) et ma foi fort beaux. On sera surpris par la taille des Noirs : ils sont trapus et pas du tout des échalas comme en Afrique centrale ou en Afrique de l’Ouest.

Pour ceux et celles qui ne veulent pas loger à l’hôtel, on trouve une dizaine de bed & breakfast dans le quartier gai. Y demeurer est la meilleure façon d’entrer rapidement dans l’atmosphère homo du Cap. Le Amsterdam Guest House, sur Forest Road, a été classé comme le meilleur b & b gai de toute l’Afrique du Sud.

Du côté de Victoria & Alfred Waterfront, on trouve des b & b et des auberges pour gais, quelques bars, mais surtout d’excellents restaurants de poissons et de fruits de mer. Et il y a, pas loin de là, les trois grandes plages connues : Clifton, Camps Bay (les deux à cinq minutes de la ville, en voiture) et Llanduono (beaucoup plus loin, à 20 minutes, au nord). Mais c’est Sandy Beach, une plage naturiste à 20 minutes à pied de Hout Bay (à un peu plus de 20 minutes de la ville), qui attire les mercredis soir les gais pour des soirées nudistes.

Si on veut fêter à mort à Cape Town, il y a trois dates à retenir. Tout d’abord, le samedi 16 décembre 2001, pour le Annual Queer Costume Party qui se déroule au Cap de Bonne-Espérance. Le thème de cette année est la boîte de jouets. Il y aura même des lits où, comme des enfants, on pourra s’amuser avec les jouets qu’on aura apportés et qu’on pourra après laisser sur place. Ils seront donnés à des enfants dans le besoin. Ensuite, la nuit du 31 décembre au 1er janvier est classée comme inoubliable; on vient de toute l’Afrique du Sud pour la fêter. Enfin, la troisième date est celle du Mardi Gras, en février. Les organisateurs de la parade veulent dépasser en folie et grandeur celle de Sydney. C’est dire que cette fête deviendra dans quelques années un rendez-vous incontournable.

Renseignements pratiques
Transport : entre 1 900 $ et 2 300 $, par British Airways, en passant par Londres; par KLM, en passant par Amsterdam; par Lufthansa, en passant par Francfort.
Prévention : il vaut mieux se faire immuniser contre les hépatites A et B, la malaria et la polio. Si on veut sortir de la ville : apporter un insecticide.
Devise : le rand; 1 R vaut environ 0,18 $ CAN. Le coût de la vie est bas (environ 50 pour cent du nôtre). Utilisez les guichets automatiques pour acheter ses devises, c’est plus rapide et économique, il y en a partout, et le réseau Plus est implanté dans le pays. Attention : ne pas retirer de billets si on est seul devant un guichet extérieur (les pickpockets sont nombreux).

Saisons : inverses des nôtres. Pour la région du Cap seulement : le printemps, entre septembre et décembre, est agréable; l’été, entre décembre et mars, est chaud. Ailleurs : été très chaud et très humide.
Heures d’ouverture : les boutiques et supermarchés sont ouverts jusqu’à 17 h; le vendredi jusqu’à 21 h. Les boutiques, supermarchés et coffee shops sont fermés le samedi, à partir de 14 h, et toute la journée du dimanche. Les restaurants et les fast-foods du City Bowl ainsi que les restaurants et les boutiques du Waterfront sont toutefois ouverts le week-end. Les cafés-bars ferment à 1 h du matin (on peut danser dans certains); les clubs ferment entre 3 h et 6 h (certains présentent des spectacles live).
Sécurité : ne jamais se promener seul le soir et même en petit groupe de deux ou trois la nuit; toujours prendre un taxi, même pour une très courte distance (les chauffeurs sont habitués). Éviter les quartiers périphériques.
Lieux à visiter : les musées et les jardins (gardens) du centre-ville, la Table Mountain, l’aquarium du Waterfront, Robben Island (où avait été détenu Nelson Mandela), le Jardin botanique national de Kirstenbosch et la route des vignobles de Stellenbosch.

 

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Publié le 20 décembre 2001

par André Roy