Hommage aux Héros

Un temps pour dire merci!

André-Constantin Passiour
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Dans le cadre de la Journée mondiale du sida, le 1er décembre, la Fondation Farha a, pour une deuxième année, voulu souligner le travail inlassable d'une douzaine de personnes oeuvrant dans le milieu du sida au Québec.

Le 29 novembre, plus de 650 personnes ont pris place dans la salle de réception de l'hôtel Wyndham pour cette soirée exceptionnelle où musique, chants et danse venaient agrémenter l'ambiance. Plusieurs personnalités, dont le ministre délégué à la Science, à la Recherche et à la Technologie du Québec, David Cliche, le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, le chef bloquiste Gilles Duceppe ainsi que la jeune députée libérale de Mercier, Nathalie Rochefort, étaient présentes.

Cette année, le comité consultatif, sorte de jury de sélection, était formé de la plupart des récipiendaires de l'an dernier, soit Bill Ryan, Colette Bisaillon, le Dr Pierre Côté, Suzanne Desbiens, Jacqueline Hébert Creel, René Lavoie et Benoît Vigneault.

Une douzaine de prix, dont un à titre posthume à Alain Saint-Onge, ont été remis.

Dr Jean-Guy Baril, clinique médicale du Quartier Latin
Médecin depuis 1980, le Dr Baril a connu l'émergence des premiers cas de sida à Montréal et a été témoin des souffrances et de la mort. Depuis lors, il participe à de nombreux comités et recherches cliniques pour faire avancer la cause et la science.

David Cassidy, travailleur social, professeur à la School of Social Work de McGill et bénévole
En plus d'accompagner dans la mort des amis et patients, M. Cassidy a participé à la création de plusieurs organismes nécessaires au bien-être des personnes atteintes. L'Association des ressources montréalaises sur le sida (MARC-ARMS), en 1983, puis l’ACCM, puis encore la Children of a Looser God-CLG Foundation ne sont que quelques exemples de son dévouement.

Mario Fréchette, coordonnateur général de MIELS-Québec
À la tête de cet important organisme de Québec, M. Fréchette est aussi le président du conseil de la COCQ-Sida depuis octobre 2000. Infatigable, il relève les défis avec son équipe et met en place des collaborations entre le milieu communautaire et les réseaux de la santé et de l'éducation.

Claire Lahaie, infirmière et coordonnatrice clinique, UHRESS-CHUM (Saint-Luc)
Elle est la première qui a vu arriver le cocktail explosif sida-toxicomanie et le besoin de soigner et d’accueillir les marginaux. Que ce soit au Centre d'accueil Préfontaine, à Domrémy-Montréal, à Cactus ou à l'Hôpital Saint-Luc, entre autres, Mme Lahaie a fait preuve de sensibilité et de compassion.

José Sousa, militant pour l'accès aux traitements
Cela fait dix ans qu'il milite pour un meilleur accès aux traitements et pour de meilleures thérapies. Curieux et généreux, il a développé une expertise dans les traitements antirétroviraux et participe ainsi à une multitude de comités scientifiques en tant que représentant du milieu communautaire.

Guylaine Morin, travailleuse sociale, Centre maternel et infantile sur le sida, Hôpital Sainte-Justine
En 1993, Mme Morin se joint à l'équipe multidiciplinaire sida de l'hôpital et elle ne tarde pas à devenir une sommité de l'intervention sociale auprès des femmes et des enfants. Généreuse, elle relève les défis soulevés par les problématiques touchant les femmes et les enfants séropositifs.

Alain Godmaire, directeur général du Bureau régional d'action Sida (BRAS), Outaouais
Alain Godmaire est un être profondément humain pour qui les questions reliées à la discrimination, au racisme et à l'exclusion ont toujours été les plus sensibles. Il est au BRAS depuis sa création et contribue au développement de services régionaux et de projets d'éducation et de prévention.

Joanne Otis, chercheure à l'UQAM
Ouverture d'esprit, curiosité et audace caractérisent le travail de cette chercheure qui a enseigné en sexologie ou en médecine sociale et préventive. Depuis 1996, elle se voue à ses recherches, aux côtés de la Cohorte Oméga et de Séro Zéro. Elle est une figure de proue dans la recherche sur le VIH/sida au Québec auprès des gais. On peut la lire chaque mois dans Fugues, c’est elle qui vulgarise pour nous les résultats obtenus par la Cohorte Oméga.

Chantale Perron, agente d'information, secteur Info-traitements du CPAVIH
Mme Perron a appris à l'âge de 25 ans qu'elle était séropositive. À partir de ce moment-là, elle en a fait un combat personnel et s'est engagée auprès des personnes séropositives et itinérantes d'abord (GEIPSI) puis avec le CPAVIH afin d'aider les gens à mieux comprendre les nouvelles thérapies.

Lyse Pinault, militante
Lyse Pinault a été au CSAM, à MIELS-Québec, à Cactus et à la direction générale de la COCQ-Sida de 1993 à 1997. Elle a mis en pratique deux de ses qualités : le militantisme qui combat l'injustice et l'inégalité, et l'intelligence et la connaissance fines du monde politique, financier, social, etc. Elle s’est donnée comme mission d’améliorer la qualité de vie des PVVIH.

Prix Ron Farha
Sam Pelc, membre et ex-président de la Fondation Farha
Il y a 15 ans, Sam Pelc quitte Toronto pour s'installer à Montréal. Il ne connaît alors personne. Puis il fait la connaissance de Ron Farha. À la mort de Ron, Sam décide de poursuivre son oeuvre: il aide ainsi à mettre sur pied Ça Marche, Au Cœur de la Mode, Black Tie Bingo et Hommage aux héros.

Prix Posthume
Alain Saint-Onge
Alain est décédé en janvier 1997, à peine quelques jours après son 34e anniversaire. Avec force, avec déterminination, courage et intégrité, il a voulu d'abord et avant tout lutter contre les préjugés et œuvrer pour les personnes atteintes à travers une multitude d'organismes pour lesquels il s'est littéralement donné, et ce, malgré sa souffrance.

Comme l'an passé, les récipiendaires ont reçu une sculpture métallique, œuvre de l'artiste Armand Vaillancourt.