Île-du-Prince-Édouard

Île-du-Prince-Édouard - Le paradis terrestre antidote au stress!

Claudine Metcalfe
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Nous restons avec l’idée que les Maritimes ne sont que pour la famille, et notre idée s’arrête là. Nous sommes dans l’erreur! Oubliez votre voyage familial en camping dans les Maritimes quand vous aviez 12 ans et allez découvrir une nature sensationnelle, des gens sympathiques et accueillants et une gastronomie surprenante! Pourquoi aller sur la Côte Est des États pour une cure à la mer ou des vacances dépaysantes et y perdre au taux de change? Je suis allée quelques jours à l’Île-du-Prince-Édouard, et c’est sans hésitation que je vous suggère une plus longue escapade pour profiter à fond de la vie et, surtout, relaxer sur la plage et visiter de charmants villages et des boutiques pittoresques.

Une terre bercée par les vagues
L’île-du-Prince-Édouard compte à peine 137 000 habitants répartis également entre les régions rurales et ses sept petites villes et zones urbaines. Quatre-vingts pourcent de la population est d’origine britannique, pour la plupart d’origine écossaise. Quinze pourcent sont d’origine acadienne. Radio-Canada y diffuse en français une programmation locale pour la radio… Assez dépaysant merci d’entendre les nouvelles acadiennes côtoyant les jupes écossaises et la cornemuse!

Le climat de l’île varie beaucoup : à l’été, la moyenne est de 23 degrés, allant facilement jusqu’à 30. En hiver, les vents glacés du large fouettent l’île qui reçoit 300 cm de neige. Inutile de dire que presque tout ce qui est touristique ferme à l’Action de grâce et que la saison reprend en mai. L’industrie touristique est la plus importante (avec ses 1 240 000 visiteurs par année!) suivie de la pêche et de l’agriculture. Quand on pense à la pêche, on pense bien sûr au fameux homard, aux huîtres Malpèque, aux moules bleues, aux crabes des neiges et commun et à la mousse d’Irlande et aux poissons (hareng, thon rouge, maquereau, omble arctique et truite). L’industrie agricole a sa reine, la pomme de terre. On retrouve sur le bord des routes des kiosques où l’on achète sa patate préférée. Fait à noter, dans ces stands, il n’y a pas de vendeur! On dépose l’argent dans une petite boîte et, de temps en temps, l’agriculteur vient ravitailler le kiosque et prend l’argent. Cela dit tout sur l’honnêteté et le style de vie des insulaires, des gens polis, gentils, courtois et dignes de confiance!

Plusieurs festivals et manifestations culturelles s’y déroulent. Il faut assister à un ceilidh (prononcer ké liss), une veillée folklorique où le violoneux côtoient les conteurs, les chansons suivent les danseuses écossaises et le piping, les musiques celtiques et autres. Des musées intéressants, dont la toute nouvelle Salle des Fondateurs à Charlottetown, le musée le plus innovateur du pays, sont à voir.

On y va!
À près de deux heures de vol de Montréal, Charlottetown est une ville historique, propre et douillette qui est également accessible en voiture par le fameux Pont de la Confédération (impressionnant), à partir du Nouveau Brunswick. La vie des insulaires a été bousculée par les cinq années de construction et la venue de milliers de visiteurs ainsi que des routiers qui y transitent.

Comme le service ferroviaire a pris fin en 1989, on y a créé un sentier de randonnée pédestre et cycliste qui compte 350 km! Le Sentier de la Confédération relie les deux extrémités de l’île. C’est un paradis pour tous, pas besoin d’être un athlète puisqu’il s’agit d’un circuit facile, à peine vallonné, avec un chapelet de villages longeant le sentier où l’on retrouve toute une gamme de services, d’hébergement et de restaurants.

Des circuits irrésistibles
L’île est divisée en trois secteurs géographiques. À l’ouest, c’est le Circuit du sabot de la vierge; au nord, le secteur Brunantes et reflets marins; et au sud, la route de la Côte de la mer. La ville de Summerside est la porte d’entrée de cette route. Les points de vue sont spectaculaires, avec au nord un chapelet de dunes qui sépare la terre ferme du golfe du Saint-Laurent. Vous y trouverez musées, phares, maisons patrimoniales, huîtres et tartes aux algues, mais aussi un pays acadien à ne pas manquer. C’est la Région Évangéline avec ses courageux habitants qui font survivre le français et la culture acadienne.

À l’est, c’est le Circuit panoramique de Kings-Byway, avec au nord le secteur Baies et dunes et au sud les Collines et port. On y traverse des villages de pêcheurs et des exploitations de pommes de terre, des terrains de golf, la seule exploitation vinicole de l’île, la Rossignol Winery Estate et ses excellents vins, la maison ancestrale de Sir Orwell McPhail et sa foresterie écologique. On y mange des plats traditionnels qui rejoignent parfois nos cuisines de grands-mères avec les canneberges, dinde et patates pilées. Malgré le dépaysement complet qu’offre l’île, oui, nous sommes cousins!

Au centre, c’est le Circuit du Héron bleu, avec au nord le pays de Anne et au sud la Côte de Charlottetown. Avec la capitale (32 000 habitants) comme point de départ et la station balnéaire Cavendish au nord, le circuit vous conduit à la plupart des centres d’intérêt connus de l’Île. C’est ce circuit que j’ai le plus approfondi avec la maison de Anne et la maison aux pignons verts (Anne est omniprésente sur l’île), le parc national, son centre d’interprétation et ses sentiers magnifiques, les villages d’artistes, les artisans comme ceux de la Toy Factory et les boutiques de fabrication de produits typiques tels The Painted Cottage et les confections Embers Speciality Sauce d’où sont exportées partout dans le monde des sauces à la moutarde ou au vin, la Cheeselady’s Gouda et la Prince Edward Island Preserve Compagny où l’on déguste une centaine de chutneys, confitures, ketchups et autres condiments maison.

Qu’est-ce qu’on mange?
Des fruits de mer à profusion! Un voyage à l’île ne serait pas complet sans le souper traditionnel au homard. Il ne faut pas manquer le fameux restaurant New Glasgow Lobster Suppers pour le meilleur homard jamais mangé, juré! On s’y retrouve dans une ambiance familiale de type cabane à sucre, attablés à d’immenses tables couvertes d’une nappe à carreaux, bavette de plastique autour du cou et let’s go : moules à volonté, chaudrée de fruits de mer à volonté, salade (patates, chou et crudités), homard pêché le jour même dans la baie, desserts gargantuesques… un festin!

L’auberge Dalvay-By-the-Sea est une magnifique résidence aux allures princières, construite en 1895. La cuisine y est délectable : crustacés en sauce, saumon fumé à l’érable, veau, terrine maison et des desserts divins comme le pavlova, les bananes au caramel et le fameux pouding aux dattes avec sa sauce au caramel. Un incontournable sur la rive nord, perdu dans les dunes de sable blanc.
Sur le Circuit de l’Est, arrêtez-vous à l’un des dix meilleurs restaurants du Canada, le The Inn at Bay Fortune. Le jeune chef Gordon Bailey et sa brigade concoctent ici un menu des plus avant-gardistes et inventifs. Complice de la réputée jardinière Clarice Humbly, il monte un menu comme une œuvre d’art, et vous êtes invités à aller les voir s’amuser en cuisine. Dispendieux, mais allez-y sans faute, c’est une expérience unique!
La nature, les vallons si verdoyants, la terre rouge, le golf (l’une des meilleures destinations au monde selon Golf Digest), kayak, croisière dans un bateau à fond plat sur une voie navigable intérieure, vélo et randonnée vous attendent… sans oublier la mer! Imaginez des kilomètres de dunes de sable dont les seuls habitants sont des oiseaux et quelques renards! Idéal pour faire le plein d’énergie et sortir le stress néfaste.

Où sont nos amis?
Il n’y a pas une vie gaie très mouvementée à l’île! Bien sûr, à Charlottetown, un groupe de discussion, le P-Flag, permet aux jeunes de sortir de leur isolement, et en visitant le local du groupe de lutte contre le sida, on y croise de la famille. Mais de bars officiellement gais, non. À la brasserie artisanale The Gahan House, lieu à la mode, qui offre six bières élaborées dans ses caves, on retrouve aussi la seule boîte de nuit. Les gais et lesbiennes se tiennent près du bar exotique au troisième étage et la drague se fait ouvertement. Il y a le Cedars Eatery sur la rue University, avec sa clientèle d’artistes et de communautés culturelles. On prend soin d’ajouter qu’il n’y a pas de backroom!

Ne vous laissez pas berner, le Rainbow Valley n’est pas un village gai mais un parc d’amusement pour enfants! Mais si vous voyez flotter le drapeau arc-en-ciel devant la boutique The Dunes, à Brackley Beach (au nord), vous y êtes : une boutique d’art avec un petit resto-bar donnant sur le jardin.

Pour vous loger dans un B&B il y a le Rainbow Lodge, l’un des plus vastes complexes gais à l’Est de Québec. Il faut voir cette maison de campagne isolée dans les champs et donnant sur la mer. Splendide, mais calme. Ce serait l’un des rares établissements gais identifié comme tel dans les Maritimes.

Pour plus d’info avant votre voyage, cliquez : http://www.gaypei.com

 

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Publié le 21 mars 2002

par Claudine Metcalfe