Conférence sur les Rétrovirus

Des vaccins prometteurs?

André-Constantin Passiour
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Cette IXe Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes n'a pas fait. Cependant, des chercheurs se penchent sur un nouveau vaccin, tandis que d'autres spécialistes révèlent que plus les séropositfs sont traités rapidement, moins ils auront de problèmes dans l'avenir. Les laboratoires Merck travaillent sur un vaccin qui stimulera la défense immunitaire. Il n'est donc pas préventif. Injecté en plusieurs doses, c'est "le prime boost: on injecte un ou plusieurs gènes du virus VIH, puis un virus atténué rendu inoffensif et portant d'autres copies de gènes du VIH pour stimuler la réponse immunitaire", rapporte Associated Press. Lorsque ce vaccin est testé sur les singes, on constate que ceux-ci ne meurent plus du VIH après avoir été infectés. "À ce stade, le vaccin paraît déclencher la même réponse immunitaire chez l'homme que chez les singes nouvellement immunisés", a déclaré le Dr Emilio Emini de chez Merck. Pour cette étude, 150 personnes ont déjà reçu le vaccin et Merck le testera encore sur 600 volontaires. S'il est concluant, il devrait être disponible dans cinq ans.

D'un autre côté, si les tests des vaccins ALVAC (Aventis Pasteur) et AIDSVax (Vaxgen) n'ont pas donné de résultats assez prometteurs aux États-Unis et qu’ils ne seront pas testés à grande échelle, des essais financés sur cinq ans auront lieu tout de même en Thaïlande, avec 16 000 volontaires. L'ALVAC était utilisé en primo-immunisation, tandis qu'un rappel était effectué avec le AIDSVax. Cette combinaison a pour objectif de produire des anticorps neutralisant le VIH et d’accroître les cellules immunitaires pour tuer les cellules infectées.
Des chercheurs européens ont démontré qu'il est dangereux pour des séropositifs de retarder le début des traitements pendant un certain temps : ils risquent de sérieux problèmes de santé. Il en va de même si on arrête les traitements. On constate que ce n'est pas une bonne idée, pour des personnes ayant moins de 200 CD4+, d'interrompre leurs thérapies pendant une période de six mois ou plus. Ils ont six fois plus de chances de développer des complications reliées au sida ou de mourir que ceux qui suivent leurs traitements. Les patients ayant plus de 200 CD4+, et qui arrêtent les médicaments pour un moment, ne courent pas les mêmes risques que des personnes à un stade plus avancé du VIH, rapportent les scientifiques de l'étude EuroSIDA, qui compte 5 400 participants répartis dans 25 pays.

Dans la même veine, des chercheurs de l'Université de Washington ont expliqué que des séropositifs qui n'ont pas eu de symptômes pendant leur première année de séroconversion s'en tireraient mieux, à long terme, s'ils commençaient immédiatement une thérapie, que ceux qui la retarderaient de plus d'un an.
La Conférence de Seattle, qui se déroulait du 24 au 28 février, réunissait plus de 3 600 spécialistes. Le Dr Benoît Trottier de la Clinique médicale l'Actuel fera un retour, sur celle-ci le 25 mars, à l'auditorium du Pavillon Edouard-Asselin, de l’hôpital Saint-Luc, 1112, rue Sanguinet (coin René-Lévesque), à Montréal. Buffet à 18h et conférence à 19h.

Infos et réservations: CPAVIH (514) 521-8720 ou 1-800-927-2844.