Carolina, femme du monde...

Découvrir sa véritable identité presque par hasard

Claudine Metcalfe
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Carolina Bennett a 26 ans. Elle est née au Vietnam d’un père asiatique et d’une mère française. Elle a vécu en Angleterre avec sa maman, le conjoint de cette dernière et son frère cadet, Ben. Elle a beaucoup voyagé et a étudié en Suisse où est né son second frère, Steven, qui a maintenant 19 ans.

Elle parle couramment quatre langues et a un charmant accent européen. Arrivée au Québec l’an dernier pour un stage, cette biochimiste décide de s’établir ici. Entre-temps, l’un de ses frères est venu la rejoindre. "Mon frère est un gars très dynamique. Il travaille dans le milieu de la mode et connaît une multitude de gens. Nous demeurons ensemble dans le quartier Mile-End et, un beau soir, il m’invite avec sa gang à sortir. Je me retrouve au Unity, endroit que j’ai trouvé très amusant. J’y suis retournée assez souvent, seule ou avec des amis. Un soir, une jolie fille que je connaissais de vue m’a draguée. Je ne comprenais pas son jeu. J’ai été honnête, je lui ai dit que j’étais estomaquée par ses propositions. Elle ne m’a pas crue! Moi, je n’avais pas pris conscience que des gars dansaient ensemble, que mon frère couchait avec d’autres hommes, que des femmes pouvaient être en amour avec d’autres femmes! Je sais, vous allez me dire que, pour une fille qui a parcouru le monde, qui est éduquée, je ne connais rien de la vie. Mais personne ne m’avait parlé de ces choses-là! Jamais, en vacances avec mes parents, au lycée ou entre amis, on ne m’a dit que l’homosexualité existait. La première fois que je suis allée en boîte de nuit pour femmes, ce fut le choc! Je ne savais pas si j’étais émue, bouleversée ou terrifiée. Des femmes qui étaient en couple! Ouf! Vraiment, je suis tombée des nues… Est-ce que je suis lesbienne ou bisexuelle? Je ne peux pas encore savoir vraiment qui je suis. J’aime les femmes, et une tout spécialement, mais c’est si nouveau… J’ai expliqué à mes parents ce que je vis, ces découvertes, mais je pense qu’ils ne comprennent pas ou ne peuvent pas s’imaginer ce que je dis. Ce n’est pas de la négation, c’est un total néant. Ils ne peuvent pas intégrer cette notion : culturellement, ça ne veut rien dire, donc moralement, c’est correct. Comme ils sont un en Europe et l’autre en Amérique du Sud, ça limite les communications. Pour eux, la réussite sociale et académique, c’est ce qui est important!" Carolina se donne le temps de vivre, refuse les étiquettes et cherche à peine à savoir dans quels bras elle connaîtra le véritable amour. "Je sais seulement que la vie est pleine de surprises et qu’il faut faire confiance à son destin qui se charge bien de nous!"

 

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Carolina, femme du monde...

Découvrir sa véritable identité presque par hasard

Elle parle couramment quatre langues et a un charmant accent européen. Arrivée au Québec l’an dernie (...)

Publié le 21 mars 2002

par Claudine Metcalfe