Marie-Pierre, 42 ans

"Le Village a été une étape nécessaire pour moi".

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Le Saguenay d’abord, quelques années à Montréal, puis dans les Cantons de l’Est. Tel est le chemin qu’a suivi Marie-Pierre. Elle vit aujourd’hui en couple avec une autre femme à quelques kilomètres à l’Ouest de Sherbrooke, où elle travaille dans le domaine de la santé. "La fréquentation du Village a constitué pour moi une étape nécessaire qui m’a permis d’être plus à l’aise avec les gens. Cela m’est moins nécessaire, mais peut être est-ce dû au fait que je vis en région et pas à Montréal. Le milieu gai, ici à Sherbrooke — qui n’est pas vraiment un petit village perdu — n’est pas du tout le même. J’ai vécu la majorité de ma vie à l’extérieur de Montréal et je me suis habituée à ce genre de vie où l’on ne peut pas vivre tous les jours dans un environnement gai. À l’extérieur de Montréal, c’est impossible. Durant ma période montréalaise, j’aimais aller au Loubar (un bar pour femmes qui était situé au-dessus de la Taverne du Village, maintenant remplacé par le complexe Drugstore). C’était important de pouvoir le faire. Je trouvais là d’autres femmes qui étaient comme moi. C’est apaisant de pouvoir prendre un verre dans un endroit où on peut se détendre et discuter librement. Cette possibilité a eu son importance pour moi à un moment donné. J’aime d’ailleurs y revenir de temps en temps. J’ai encore besoin de ça, mais moins souvent. En fait, ce que je trouve important, c’est d’avoir encore ce point de repère, de savoir que cela existe, que j’en sois utilisatrice ou non." Y. L.