Vacances thérapeutiques

Des résultats prometteurs

Yves Lafontaine
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Les interruptions thérapeutiques programmées (ITP) vont-elles bientôt faire partie des recommandations de traitement contre le sida? Les bons résultats d’une étude pilote présentée en décembre dernier par Anthony Fauci, du National Institute of Allergy and Infectious Diseases sont en tout cas très encourageants. Cette étude indique que chez des patients où l’infection est bien contrôlée par une trithérapie continue, il est possible de passer à un traitement discontinu qui alterne sept jours de traitement et sept jours d’arrêt. Cette alternative assure un contrôle virologique convenable et réduit les effets secondaires des antirétroviraux. Dix patients ont été inclus dans l’essai. Ils recevaient tous trois ou quatre antirétroviraux. Leur charge virale plasmatique avait été maintenue pendant au moins six mois au-dessous de 500 copies/ml et était inférieure à 50 copies/ml au début de l’étude. Leur nombre de CD4 était au moins égal à 300 cellules par mm3. Le schéma d’ITP testé était le suivant : combinaison de stavudine, de lamivudine, d’indinavir et ritonavir administrés deux fois par jour les sept premiers jours, puis arrêt du traitement les sept jours suivants. Ce cycle était répété 16 à 34 fois pour une durée totale de 32 à 68 semaines. Il n’y pas eu d’augmentation significative de la quantité de virus dans le corps. En plus du contrôle de la charge virale, le nombre de CD4 a été maintenu au niveau observé avant le début de l’ITP. Il n’y a pas eu de preuve de développement de résistances. Un résultat particulièrement intéressant est la diminution de certains marqueurs des effets secondaires des antirétroviraux: après 24 semaines d’ITP, les concentrations moyennes en cholestérol et triglycérides avaient diminué respectivement de 22 % et 51 %. "Parce qu’elle réduit de moitié la durée totale où les patients sont sous antirétroviraux, l’interruption thérapeutique programmée pourrait réduire significativement les coûts et les effets secondaires de ces médicaments, des aspects importants dans les pays riches et les pays pauvres", commente le Dr Dybul, l’un des responsables de cette étude.